Si nous allons retrouver Green dans son bureau [...], que voyons-nous, cette fois ? Un homme qui lit. La bibliothèque est d'une grande richesse et sur ses rayons voisinent beaucoup de noms peu connus, étrangers pour la plupart, car l'auteur est polyglotte, ayant même appris l'hébreu pour mieux connaître la Bible. Les titres qui s'offrent à nos regards sont révélateurs et expriment bien celui qui a édifié autour de lui ces murailles de livres. Sous leur habit d'époque les écrivains du XVIIe siècle se pressent là en grand nombre, et beaucoup des ouvrages jansénistes ici rassemblés seraient aujourd'hui introuvables. En haut Pascal, Saint-Cyran, Nicole, Arnauld, Monsieur Hamon, les Mémoires de Fontaine, le nécrologe de Port-Royal, etc. Au-dessous (sans aucune intention !) tout Bossuet et tout Fénelon... Ailleurs presque tous les classiques anglais, les poètes (de Chaucer à Dylan Thomas) et les grands Français. Baudelaire un peu partout dans toutes les éditions possibles, pas mal de classiques latins et grecs, des dictionnaires, des lexiques, d'innombrables livres d'art. Dans la chambre voisine voici les ouvrages qu'on aime à garder sous la main, les poètes, les Pères de l'Église, la Bible dans différentes éditions et, rangés à part, de nombreux mystiques : Eckhart, Suso, Tauler, sainte Gertrude, les Italiens, les Espagnols, les jésuites du XVIIe siècle français et aussi tous les moralistes de cet ordre, plus ou moins antimystiques mais passionnants... " Robert de Saint Jean.
Nombre de pages
1820
Date de parution
21/01/1976
Poids
715g
Largeur
117mm
Plus d'informations
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EAN
9782070108220
Titre
Oeuvres complètes. Tome 4
Auteur
Green Julien
Editeur
GALLIMARD
Largeur
117
Poids
715
Date de parution
19760121
Nombre de pages
1 820,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Nul n'est jamais vraiment ce qu'il prétendait être ni tel qu'on se l'imagine. En chacun de nous vit un autre que l'on s'obstine à étouffer; mais certains êtres dérangent parfois l'ordre établi et présentent au monde leur image cachée que celui-ci refuse toujours de voir. Alors commence l'étrange voyage à la découverte du Je.C'est ce qui pousse Daniel O'Donovan, le Voyageur sur la terre, à se dédoubler jusqu'à perdre son identité première, sans réussir cependant à imposer aux autres celui dans lequel il se projette. Il semble fou, il est hanté.Odile, la petite visionnaire des Clefs de la mort, Christine muette, et le passager de La Traversée inutile sont autant de personnages qui refusent la vie et ne se libèrent que par la possession de cette petite clef leur ouvrant les portes de l'au-delà. Ordinaire, c'est-à-dire étrange, la vie de Miss Eddlestone. L'amour sous aucune forme ne lui sera propice, et Maggie Moonshine, l'enfant qui lui sera donné, l'amour le lui enlèvera. Tous ces voyageurs sur la terre disparaissent plutôt qu'ils ne meurent, comme s'ils passaient à travers la glace du visible pour retrouver de l'autre côté le monde qu'on dit imaginaire et qui, pour eux, est celui où ils se meuvent avec le plus de bonheur. Qui sommes-nous, d'où venons-nous, où allons-nous...Et si la réponse était: nous sommes autres, nous venons d'un rêve, nous allons ailleurs..." Je considère qu'aucune époque ne possède des romans de sujet aussi admirable que Le Tour d'écrou, Le Procès ou Le Voyageur sur la terre. "Jorge Luis Borges
Qui n'a rêvé d'échapper à un "moi" trop connu, et le plus souvent inconfortable, pour entrer dans la peau d'un autre, qu'on s'imagine forcément plus fort et plus heureux ? Ce pouvoir est donné à Fabien. Nouveau Protée, il peut devenir qui lui plaît, corps et âme. Alors commence le grand voyage de la connaissance, car pouvoir être un autre, c'est avoir à sa disposition tous les êtres. Fabien découvre la beauté, l'intelligence, la richesse. Il peut devenir à son gré le meurtrier, le héros, le penseur, l'amoureux. Le seul domaine que son aventure lui interdit par définition, c'est l'innocence. Et Fabien mourra, redevenu lui-même, sous le poids de tant de sentiments et de destinées traversés.
Dans la maison qui porte ce nom de cendres éteintes, Mont-Cinère, la jeune Emily est élevée dans le froid. Sa mère, par peur de manquer, rogne sur tout dans la grande propriété qui devait être superbe en des jours plus anciens. Les cheminées n'abritent plus que de faibles feux de sarments et les sentiments sont à l'image des pièces que la passion de faire argent de tout vide peu à peu. Et la vie s'écoule. La mère thésaurise pour accumuler en banque une fortune morte ; la grand-mère, prodigue en apparence, mais du bien des autres, a l'avarice du c'ur et ramène tout à elle-même. Cette soif de possession matérielle finit par faire de ses hôtes des possédés. L'avarice devient contagieuse comme une maladie honteuse. L'amour ne figure qu'au nombre de ce qui peut rapporter quelque chose. Si bien que, devenue à son tour la maîtresse de Mont-Cinère, Emily, dans la crainte de voir la maison lui échapper, la livrera aux flammes. Sa vengeance aura pris les couleurs du feu absent dont son enfance avait rêvé.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.