Extrait Extrait de l'avant-propos Il y a un demi-siècle, j'étais étudiant à Paris. Avec l'enthousiasme conquérant de mon âge, je me détachais des amarres de l'enfance et je visais de nouveaux horizons. Je gagnais mon indépendance en me rengorgeant d'anticonformisme. Je repoussais mon milieu, j'avais soif de rencontres. Mon professeur d'allemand était un Espagnol fringant qui avait pas mal bourlingué. Il se fit mon guide dans la bohème la plus huppée. Grâce à lui, je connus des artistes, des intellectuels, des étrangers de haut vol, des aristocrates excentriques, des personnages hauts en couleur. Nous visitions des ateliers de Montmartre, nous discutions la nuit entière au Dôme. Nous allions écouter une chanteuse yéménite à la Contrescarpe. Chez moi, dans l'hôtel particulier que j'avais hérité de ma mère, je donnais des réceptions chahuteuses. On se racontait les amours tumultueuses de l'un ou l'autre, on fumait une cigarette de haschich (pas moi, je n'aurais osé) et je me croyais dans l'antichambre du plus délicieux des enfers. Tout ce groupe révérait, en particulier, un célèbre historien anglais. Sir R. S. était très grand, très maigre, très droit malgré son âge canonique, ses yeux bleus plissaient comme ceux d'un Asiatique et il laissait flotter une longue chevelure grisonnante. Raffolant de la France, il séjournait pendant des mois entiers dans son pied-à-terre parisien. Il parlait le français avec un charmant accent. Sa spécialité était la Grèce antique sur laquelle il avait publié de nombreux ouvrages qui non seulement faisaient autorité, mais se lisaient comme les plus palpitants romans. Sa réputation sentait le soufre, ce qui excitait mes amis. Des rumeurs circulaient sur sa vie privée, mais, surtout, sur ses dons cachés. Il pratiquait la voyance et aussi, murmurait-on, l'occultisme. Il jetait des sorts et j'avais recueilli plus d'une anecdote sur leur efficacité. Bref, il faisait peur tout autant qu'il attirait par son mystère, par les mille détours de sa prodigieuse culture. Son prestige en tant qu'historien équivalait à son emprise en tant qu'occultiste. Bien des Français le considéraient cependant comme un charlatan, leur rationalisme ne pouvant concevoir la cohabitation du professionnalisme et de la parapsychologie alors que ce mélange s'acclimatait parfaitement à l'excentricité britannique. C'était justement cette double personnalité d'un historien renommé et d'un occultiste redouté qui m'attirait. Je le rencontrai chez le peintre surréaliste animateur de notre groupe. Ce soir-là, nous étions une dizaine à nous retrouver dans l'atelier de notre ami. A peine nous fûmes-nous présentés qu'avec toute l'outrecuidance de mes dix-neuf ans, je m'accrochai à ses propos et je ne le lâchai plus, oubliant les autres et les empêchant de l'approcher. Grâce à sa supériorité, il savait se mettre au niveau de ses interlocuteurs. Il parut s'intéresser à mes paroles, ce qui m'encouragea à continuer. Il me demanda qui était mon héros historique. Sans hésiter, je lui répondis : «Alexandre le Grand», et de me lancer dans une description enthousiaste de ce météore qui traverse, scintillant, l'Histoire, ce conquérant, le seul dans les millénaires à s'être rendu populaire parmi les conquis, ce prodige, ce demi-dieu auquel nul ne résistait.
Entre mythe et réalité, cet ouvrage redonne vie au jeune roi de Macédoine qui avait étendu son pouvoir jusqu'à l'Inde... Alexandre, le visionnaire encore vénéré chez les descendants de ceux qu'il a conquis, mais aussi le tueur cynique, le jouisseur sans limites, le maître de l'occulte. De l'enfance d'Alexandre le Grand jusqu'à sa mort, Michel de Grèce et Stéphane Allix reviennent sur les zones d'ombre de cet homme au destin fabuleux.
Ma promenade dans les sièclesÀ tous ceux qui considèrent l'Histoire comme une discipline rigide et figée, Michel de Grèce oppose une vision dynamique, vivace, « à sauts et à gambades », pour reprendre l'adage de Montaigne. L'Histoire est vivante, elle est pleine de charmes pour qui sait l'aimer et l'entendre. De l'Atlantide à Jeanne d'Arc, de Charles Quint à Elizabeth Ière, de Bonaparte à la chute de l'URSS, voici une promenade revigorante dans le passé, qui nous invite tant à relire les grands épisodes de l'Humanité qu'à découvrir des secrets inattendus. Saviez-vous que Jeanne d'Arc « n'a jamais gardé les moutons », et qu'elle était probablement la fille illégitime d'un personnage de haut rang? Saviez-vous qu'Elizabeth Ière et Marie Stuart s'espionnaient non pour des raisons politiques mais par pure coquetterie? Ou encore savez-vous pourquoi Raspoutine succomba pour son malheur à Youssoupov...Avec Les confidences de l'Histoire, Michel de Grèce nous offre une lecture partiale et engagée de l'Histoire, car « le sens de l'Histoire est en nous ». Il n'y a de passé que subjectif, comme le prouve cet ouvrage tissé de portraits, d'anecdotes et de souvenirs personnels. Un livre qui ne manquera pas de réenchanter nos bibliothèques.
Michel de Grèce, le romancier à l'imaginaire de conteur oriental, le compagnon des heureux de ce monde, était un petit garçon triste. Orphelin de son père à l'âge d'un an, puis de sa mère, si belle. Et prince, héritier d'une couronne sans tête à couronner. Qu'est-ce donc qu'un prince dans nos vies modernes ? Que serait-il advenu de Michel de Grèce sans l'amour d'un mariage hors des conventions ? Tout au long d'un récit riche d'une existence passée à glaner des histoires, Michel de Grèce mêle ici dans un désordre joyeusement orchestré royautés et artistes, légendes vivantes et simples mortels : Maria Callas, Federico Fellini, Margaret Thatcher, le général de Gaulle, Mère Teresa, Niki de Saint Phalle, la reine Elizabeth II, Juan Carlos, La Shabanou, et bien d'autres têtes, avec ou sans couronne. Sans une once de nostalgie, à l'orée de ses 80 ans, Michel de Grèce revient sur le pays qui est le sien, la Grèce, et pose un regard toujours drôle et lucide, sur les mille vies contenues dans la sienne.
Mes aventuriers excentriques, tout est dit dans le titre ! En effet, dans son nouvel ouvrage, Michel de Grèce peint ses personnages historiques chéris, figures connues et moins connus, mésestimées par les historiens et la mémoire collective. Certains sont des ancêtres de l?auteur, mal jugés, comme Ferdinand Ier roi des Deux-Siciles, Louis-Philippe roi des Français ou des souverains méconnus, tels Rodolphe II Empereur du Saint Empire, protecteur d?Arcimboldo et de Tycho Brahe, ou Gustave III de Suède.Mes aventuriers excentriques c?est aussi le charme, la poésie des explorateurs oubliés, tels Perry Fawcett le premier explorateur de l?Amazonie, László Almásy, le héros du film Le patient anglais, mais aussi de ces femmes extraordinaires comme Marie Laveau, prêtresse vaudou vengeresse, Zoé Porphyrogénète, impératrice byzantine aux multiples époux, ou La Palatine dont l?auteur évoque avec empathie et fantaisie la forte personnalité. Au carrefour de l?Orient et de l?Occident, de l?Ancien et du Nouveau monde, de la cruauté et du sens politique, chacun de ses personnages séduit par sa liberté, son indifférence aux coups bas du destin et sa faculté visionnaire.Mes aventuriers excentriques c?est avant tout la personnalité piquante de Michel de Grèce. Avec un brin d?humour et d?émotion, chaque portrait révèle petit à petit des souvenirs d?enfance de l?auteur : les anecdotes personnelles se mêlent aux voyages et aux rencontres, laissant ainsi deviner une vie consacrée à la quête des origines et à l?amour des fantômes. Michel de Grèce rend ses couleurs au temps et en conteur si personnel de l?Histoire, il nous emporte avec lui au fil de ces destins individuels.Notes Biographiques : Né le 7 janvier 1939 à Rome, le prince Michel de Grèce est un proche parent de la plupart des souverains européens actuels. Historien de renom, Michel de Grèce a publié une vingtaine d?ouvrages parmi lesquels La nuit du Sérail, Louis XIV, l?envers du Soleil, Les Mystères d?Alexandre Le Grand?
Une centaine de cartes et infographies pour retracer, du IVe au Ier siècle avant J.-C., l'histoire de la période hellénistique, creuset politique et culturel du monde moderne. De la Méditerranée occidentale aux confins de l'Afghanistan, les dynamiques démographiques, politiques et militaires qui ont façonné l'empire hérité d'Alexandre le Grand. Des conquêtes d'Alexandre à l'hégémonie romaine, des grands empires aux cités-Etats luttant pour préserver leur autonomie : le tableau d'un monde en pleine effervescence, où se dessinent déjà, en filigrane, les contours du nôtre. Une mosaïque de peuples et de territoires qui trouve son unité dans la diffusion de la culture hellénistique. La nouvelle édition de cet Atlas, augmentée pour intégrer les développements les plus récents d'un domaine d'étude en plein renouvellement, dresse le portrait d'une période décisive et pourtant méconnue de notre histoire.
Langue des chancelleries et de l'administration, la koinè fut aussi la langue d'usage courant dans les cités rénovées et les cités nouvelles. Tout autant que l'unité des m'urs et la similitude du décor matériel créé par les maisons et les bâtiments publics, elle donnait aux Grecs émigrés ou voyageurs l'impression de se retrouver chez eux jusqu'aux plus lointaines frontières. Elle facilita certainement l'hellénisation des Orientaux, sans triompher pourtant, dans les campagnes surtout, d'idiomes qu'on n'entreprit jamais d'extirper systématiquement. Si les vieilles langues nationales de l'Orient asiatique disparurent -l'égyptien survécut-, ce fut, dans les basses classes sociales, au profit de l'araméen. Les progrès de celui-ci continuèrent à l'intérieur du royaume séleucide, bien qu'il eût cessé d'être la langue de l'administration. L'hébreu ne survivait en Palestine que comme langue théologique, tandis que l'araméen achevait d'y devenir la langue du peuple. Mais la langue des Septante comme celle des Evangiles est pratiquement la koinè. De même, les Romains amateurs d'hellénisme apprirent, parlèrent et écrivirent la koinè.
Quoique le concernant bien des mystères demeurent - son tombeau n'a jamais été retrouvé, ses écrits ont été perdus -, Alexandre III de Macédoine dit le Grand (356 - 323 av. J.-C.) reste un des plus fascinants héros de tous les temps. Roi de Macédoine à vingt ans, qui se lancera deux ans plus tard à la conquête d'un empire allant de la Grèce jusqu'à l'Inde, guerrier, certes, mais aussi administrateur et visionnaire, Alexandre le Grand était un homme au caractère contrasté qui, en élève du philosophe Aristote, pouvait se montrer d'une extrême clémence envers les vaincus, commue donner libre cours à sa colère et à sa cruauté. Rêvant d'une fusion entre l'Occident et l'Orient, d'un métissage entre les peuples, d'un brassage des cultures, des arts et des religions, on peut se demander quelle aurait été sa destinée s'il n'était mort. à trente-trois ans. à Babylone, vaincu par la malaria.
Les mondes hellénistiques s'étendent de l'Anatolie à l'Indus et de l'Arménie à l'Egypte, de 323 à 31 av J.-C. Ces territoires présentent le point commun de ne pas appartenir à l'aire culturelle grecque et d'abriter des populations aux origines et cultures diverses. L'étude des sociétés préexistantes à la conquête macédonienne apporte un élément majeur de compréhension du fonctionnement des nouveaux pouvoirs, de leur structuration et de l'administration qu'ils vont générer ainsi que des transferts culturels entre communautés. Les sources correspondant au domaine de spécialité de chacun des auteurs et le débat historiographique qu'elles suscitent sont ainsi au coeur de ce manuel. Après un tableau chronologique, sont abordées les questions de l'administration des territoires, de leur économie, du rôle des sanctuaires comme communautés locales et des aspects culturels.