Joseph Kabris, ou les possibilités d'une vie. 1780-1822
Granger Christophe ; Boissière Aurélie
ANAMOSA
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EAN :9782381910031
À la fin du XVIIIe siècle, le Français Joseph Kabris a vécu sept ans sur une île du Pacifique. Il s'est intégré à la société locale. Arraché à son île, il est devenu russe, avant de regagner la France. Là, il a donné à sa vie les traits d'une épopée, devenant le monde en personne. Comprendre comment on devient Joseph Kabris : voici l'enjeu de ce texte foisonnant et ambitieux.Joseph Kabris est tatoué de la tête aux pieds. C'est ainsi qu'il gagne sa vie dans les lieux de spectacle et d'exhibition de la Restauration, montrant son corps et mettant en mots l'" étrange destinée " qu'il a eue. Né à Bordeaux vers 1780, embarqué sur un baleinier anglais, il a vécu sept ans sur une des îles Marquises, Nuku Hiva. Parmi les " sauvages ", il est devenu l'un d'eux. Il a appris leur monde, leurs gestes, leur langue et oublié la sienne. C'est là qu'il a été tatoué. En 1804, une expédition russe est venue et l'a arraché à son île, à sa femme et à ses enfants. Sans cesser tout à fait d'être un " sauvage ", il est devenu russe, a rencontré le Tsar, avant de regagner la France. Il a repris sa langue, il a appris à dire sa vie, à lui donner les traits d'une épopée. Il a fasciné les foules. Il est devenu le monde en personne. Il est mort à 42 ans, sans jamais revoir son île.Kabris a ainsi multiplié les recommencements, ne cessant de voir ses habitudes s'abolir et d'en reprendre d'autres. Il devient marin, chef de guerre, professeur de natation, homme de foire, recyclant les passés qu'il a incorporés, prenant appui sur les systèmes sociaux où il se trouve. Et, chaque fois, il tire parti de ce qu'il a déjà vécu pour négocier au mieux ce qu'on attend de lui.Dans cette enquête fascinante et troublante, il ne s'agit pas seulement de découvrir à hauteur d'homme une histoire de la mondialisation dont émergent nos sociétés contemporaines. Cheminer dans cette existence se faisant, l'explorer à la manière d'une " carrière " dans laquelle Kabris s'engage, bifurque, insiste, abandonne ou se convertit, comprendre en somme comment on devient Joseph Kabris, c'est aussi saisir la manière dont le monde historique traverse une vie et la rend possible.Lauréat du Prix Femina Essai 2020Table des matières : Point de départAvertissementI. Les structures sociales d'une intrusion1. Mai 18042. Février 17983. Une île dans l'histoire4. Premiers contacts5. Pacification des échanges6. Un monde à connaître7. Naissance d'un espace d'interaction8. Étrangers et luttes locales d'influence9. L'effraction10. InoaII. Comment on devient " sauvage "11. S'en remettre aux institutions locales12. Classe et position13. Crook : l'échec et la distance14. Robarts, ou le système des protections15. L'intégration de Kabris16. " Cadiche "17. Une socialisation plurielle18. Le sens de l'action19. Importance de la guerre20. Devenir un guerrier21. Angle mort22. Ekhoi, ou le changement de nom23. 1804III. Recommencement24. L'arrivée des Russes25. Concurrences locales26. L'Anglais et le Français27. Nature des échanges28. Méfiance envers Kabris29. Le savant et l'informateur30. Épreuve de langue31. Apprendre à dire les coutumes32. Quitter Nuku Hiva33a. La fatalité33b. L'enlèvement34. Changer de vie, encore35. Re-socialisation36. " Un phénomène singulier "37. PetropavlovskIV. Comment peut-on être Russe ?38. Relâche39. Rester40. Moscou, 180541. L'admiration de la noblesse42. Raconter sa vie43. Saint-Pétersbourg, 180744. Le trophée du tsar45. Devenir professeur de natation46. [Dix ans]47. Affinités hétérodoxes48. Conversion et conservation49. Une intégration manquéeV. Le monde incarné50. Retour en France, 181751. Rencontrer le roi52. Le mépris des savants53. Curiosités54. Le Cabinet d'illusions55. Spectacles : entrer dans la carrière56. Succès57. Performance58. Tatouage et culture de salon59. Une morale du destin60. Un déclassement : courir les foires61. Ajuster sa vie au public62. Cul de sac63. Mourir64. " Décès. Du 23 Joseph Kabris, 42 ans, ex-vice-roi "65. AbsenceTableau d'ensembleAnnexesSources et bibliographieIndex des noms, des lieux, des notionsTable des cartes et graphiquesTable des illustrationsLauréat du Prix Femina Essai 2020
Ce livre part d'un canular et choisit de le prendre au sérieux. En mars 1929, une lettre parvient à la Chambre des députés. Elle décrit le sort d'un peuple lointain, les Poldèves, victimes d'esclavage, de supplices et de famine, et appelle les élus français à intervenir. Plusieurs députés de gauche, au nom de la justice et de l'humanité, relayent l'alerte. Un mois plus tard, la supercherie est révélée : les Poldèves n'existent pas. Ils ont été inventés par l'Action française pour tourner en dérision les engagements humanitaires de leurs adversaires politiques. En revenant sur cet épisode oublié, le livre interroge moins la naïveté de ceux qui se sont laissé prendre que les ressorts politiques d'un scandale fabriqué par l'extrême droite — et ce qu'il dit, hier comme aujourd'hui, du faux et de ses usages en politique.
Economie du savoir : c'est sur cette notion que s'est enclenchée la débâcle actuelle de l'université. Le Conseil européen l'a dit en 2000 : l'université doit faire naître "une économie de la connaissance compétitive, facteur d'une croissance durable". La Banque mondiale de son côté préconise de privatiser le financement des universités, de démanteler les "rigidités" salariales, d'ajuster la formation des étudiants aux besoins du marché du travail et d'encourager la production de savoirs porteurs de débouchés commerciaux et d'innovation industrielle. Ces nouveaux objectifs signifient la fin de l'université telle qu'elle existait en France à la fin du XXe siècle : une institution indépendante où le contenu des enseignements et l'avancement dans les carrières relevaient de décisions prises entre pairs. Désormais, les universités sont contrôlées par des conseils d'administration où siègent des patrons et des cadres de grandes entreprises. Les enseignements sont des "offres de formation" ajustées aux besoins du marché du travail. Les recherches sont financées sur appel d'offres, en fonction des intérêts économiques privés. Désormais, dans une opacité voulue, la précarité s'est généralisée. Par dizaines de milliers, les enseignants-chercheurs sont contractuels, post-doctorants sans postes, auto-entrepreneurs vacataires payés à l'heure, chômeurs déguisés, voire travailleurs au noir. Dans le monde entier, du Chili à l'Angleterre en passant par le Canada, la Grèce ou la France, des étudiants et des précaires sont en lutte contre cette liquidation. Refusant de travailler dans des ruines, ils veulent faire naître une nouvelle forme de vie universitaire, collective, indépendante et joyeuse.
L'histoire du corps est à la mode. Ce livre fait le pari d'en renverser la perspective. Il étudie non pas les corps, mais ce qui se jouait jadis à travers eux. Comment les hommes savaient faire usage de leur corps, le déchiffrer, le faire parler, se manifester à travers lui. On saisit mieux ainsi combien les sociétés passées ont puisé dans les corps le mode privilégié de leur organisation. En six chapitres qui se lisent comme autant de plongées dans les XIXe et XXe siècles, ce livre propose une autre façon de faire de l'histoire. On l'appellera histoire par corps.
Partant de cette sentence éternelle lors de débats sur l’immigration, les auteurs dissèquent les mots et les informations pour redonner des données chiffrées et des faits sur la question et sortir ainsi des contre-vérités qu'ils condamnent. Ce court essai permet de répondre aux arguments fallacieux et préjugés masquant des réalités tragiques. Il est essentiel de le glisser entre toutes les mains.
Résumé : "On ne peut plus rien dire..." La complainte de celles et ceux qui dénoncent la "censure", à l'instar d'un Donald Trump, s'étire à longueur de plateaux télévisés. Toute contradiction est dénoncée comme une agression, la lutte contre le racisme est présentée comme une marque d'intolérance "woke". Par un incroyable retournement, tout effort de protéger le débat démocratique est aujourd'hui brocardé comme une atteinte à "liberté d'expression". Pourtant, la haine et le mensonge nuisent gravement à la délibération démocratique : les restrictions de l'expression publique, loin d'être en contradiction avec la liberté d'expression, lui sont consubstantielles. Le juriste Thomas Hochmann révèle la manière dont la réaction a accaparé la liberté d'expression pour mieux imposer ses manières de dire. Mais il montre également comment se réapproprier cette liberté fondamentale, après avoir rappelé et défendu, exemples à l'appui, les lois qui interdisent les discours de haine et les campagnes de désinformation. Leur mise en oeuvre constitue désormais une de nos dernières chances de repousser l'extrême droite.
Le Gall Laurent ; Lagadec Philippe ; Durand Sébast
Pour vous, qu'est-ce qu'un drapeau ? " : c'est la question au départ de ce livre. Des histoires du tricolore et des drapeaux, il y en a beaucoup. Des travaux qui portent sur le sens qu'on lui/leur donne, il n'y en a quasiment pas. Objet banal le drapeau ? Surface de projection(s) avant tout qui raconte nos attachements individuels au fait d'appartenir à une/des communauté(s). " Pour vous, qu'est-ce qu'un drapeau ? " : c'est la question au départ de ce livre. Le mot n'a rien d'anodin et charrie avec lui ceux d'Etat-nation, de stade, d'extrême droite... Par-delà la convocation d'un symbole de la République française, le drapeau fait en effet partie de nos vies. Reflet de nos socialisations et de nos attachements individuels, il raconte ce qui fait que nous nous sentons appartenir à une ou à plusieurs communautés (de la famille au club sportif en passant par la " nation "). Convoquant des références cinématographiques et littéraires, mais aussi des bribes puisées dans l'actualité (Ukraine, Palestine, Etats-Unis...), ce " plaidoyer " interdisciplinaire en faveur d'une meilleure compréhension des objets politiques est le fruit d'une longue enquête ethnographique menée à Brest (ce pourrait être partout en France) depuis 2015. Fourmillant et incarné par les paroles des témoins, cet essai enlevé, en une époque où le récit national est mis aux enchères de celui qui le " tricolorisera " toujours plus, est d'abord une occasion de s'interroger sur ce que sont la nation et la République dans un monde aux contours si instables.
Après Journalisme notamment, Le mot est faible s'empare d'une autre pratique : Edition. Un mot plastique, qui évoque une technique, mais aussi un monde, celui du livre, avec ses pratiques, ses usages et ses acteurs. Un mot/monde et ses maux, en particulier la surproduction et le conformisme, dans lequel il reste possible d'aménager une certaine liberté et d'opérer des choix. Surproduction, concentration éditoriale, crise de la lecture... Autant de sujets que l'on voit désormais régulièrement traités, de manière plus ou moins juste, dans certains médias au moment des rentrées littéraires ou des grands festivals du livre. Le livre fascine en France, encore et toujours (les ouvrages de personnalités politiques, qu'ils suscitent des ventes ou pas, montrent d'ailleurs que l'objet livre continue de représenter un enjeu, de vernis de noblesse a minima), mais " son monde ", l'édition, reste sans doute encore mystérieuse dans ce qu'elle recouvre pour nombre de nos concitoyennes. Dans cet ouvrage confié à Frantz Olivié, éditeur lui-même, il s'agit dès lors de confronter cette puissance de fascination du livre au réel, au trivial d'une activité sans doute pas comme les autres du fait de la nature de l'objet qu'elle s'emploie à façonner. L'édition est entendue ici comme un ensemble de pratiques qui consistent à faire advenir un livre et à le vendre, en identifiant aussi les tendances à l'oeuvre aujourd'hui, en particulier la surproduction et le conformisme, symboles/symptômes d'une mécanique productiviste qui s'emballe. Entrant de manière critique dans le plus concret des pratiques et des différents maillons de la chaîne du livre (édition, diffusion, librairie), Frantz Olivié livre aussi de belles pages sur ce qui le meut encore : persister, dans cette atmosphère saturée et malgré les écrans, à vouloir et aimer faire des livres.
Et si embrasser d'un seul regard ou presque le monde napoléonien dans son ensemble devenait possible ? Avec l'infographie, la Grande Armée, le Grand Empire et la vie de Napoléon le Grand se déploient autrement, en une synthèse inventive, qui renouvelle les points de vue et met à la portée de chacun les débats et découvertes de l'historiographie internationale de ces dernières années. Déjà familière à l'histoire militaire napoléonienne pour figurer l'organisation des armées, l'évolution des campagnes ou la présentation des batailles, la visualisation graphique restitue sous une forme expressive et accessible les questionnements d'histoire politique, sociale ou économique.
Sarkozy Louis ; Canal Denis-Armand ; Roberts Andre
Napoléon Bonaparte ne s'est pas contenté de réformer la France et de triompher sur les champs de bataille. Il a aussi passé sa vie à lire. Il s'est d'ailleurs fait représenter devant des bibliothèques. Une tradition qui a perduré jusqu'à la Ve République. De ses années au collège militaire de Brienne à son exil dans l'île de Sainte-Hélène, Napoléon n'a jamais cessé de lire. Et de lire de tout : de l'histoire, de la science, du théâtre, des classiques de l'Antiquité, de la poésie, mais aussi de la littérature contemporaine. Sa curiosité n'avait pas de limite, et sa passion était telle que, même en campagne, une bibliothèque considérable l'accompagnait. Louis Sarkozy revient ici sur la vie de Napoléon Bonaparte par le prisme de ses lectures. Il dessine le portrait d'une Europe en pleine ébullition intellectuelle, où les oeuvres de Rousseau, Goethe ou encore Mme de Staël annonçaient un XIXe siècle fracassant. Entraînant à leur suite une génération d'hommes d'action qui rêvaient aussi d'être écrivains. Napoléon fut le premier. Préface de Andrew Roberts. Traduit de l'anglais par Denis-Armand Canal.
14 juillet 1789, 18 brumaire 1799, 18 juin 1815. La prise de la Bastille, le coup d'Etat de Bonaparte, Waterloo. Trois repères pour une période tumultueuse d'où émerge Napoléon, qui n'en finit pas de fasciner et d'interroger. Comment ce Corse inconnu de tous a-t-il pu convaincre les Français qu'il était l'homme providentiel ? De quelle chair était fait cet empereur, qui a sillonné les routes de l'Europe et de l'Afrique pour livrer bataille, a engendré le monumental Code civil et provoqué la mort de millions de personnes avant de s'embourber dans une prairie marécageuse ? Bart Van Loo trouve des réponses dans les turbulences de la Révolution, quand la France inventa dans un même souffle la guillotine et les droits de l'Homme. L'auteur des Téméraires nous avait réjouis avec son histoire magistrale des ducs de Bourgogne. Il renouvelle ici la prouesse, dans un ouvrage si vivant qu'on ne le lâche pas d'une page. Bart Van Loo nous invite à réfléchir aux paradoxes de l'époque et de son personnage phare : Napoléon, qui se rêvait tour à tour en César ou en Alexandre, n'aura-t-il été finalement que l'ombre de la Révolution ?
Résumé : La vie et le destin extraordinaires d'un petit caporal corse qui devint empereur de France et maître de l'Europe. De l'étudiant zélé au stratège de génie, du coup d'Etat du 18 brumaire au somptueux sacre à Notre-Dame, du "soleil d'Austerlitz" à la "morne plaine" de Waterloo, de l'exil sur l'île d'Elbe à la prison de Sainte-Hélène, retrouvez toutes les étapes de la vie de celui qui a écrit une page brillante de l'Histoire de France. Un récit clair et captivant pour comprendre pourquoi Napoléon n'en finit pas de fasciner et reste un véritable mythe politique et militaire.