Il y a l'histoire, la vraie, et le mythe ; souvent l'un et l'autre s'entremêlent, s'entrechoquent, pour former une véritable saga. Pour bien saisir comment un phénomène viking réputé " barbare " d'abord fait de violence, puis de colonisation des terres conquises, va s'installer dans le monde chrétien, il faut en comprendre les ressorts profonds. L'auteur, au fil de chapitres et d'encadrés illustrés, remonte l'histoire de ce peuple fascinant et livre un bon outil de compréhension, facile à aborder et très éclairant. Après le bac, Christophe Rouet a commencé ses études par une école de cinéma avant de se consacrer aux langues, à l'ethnologie (licence de langue et civilisation roumaine aux Langues Orientales) et à l'ethnographie. Après une dizaine de séjours en Transylvanie, il entreprendra un Master sur les origines du mythe de Dracula. Sa carrière de journaliste a débuté au Parisien. Photographe, il a effectué des reportages pendant plus de 20 ans (ex-Yougoslavie et en Irlande du Nord). Spécialiste de la Normandie, où il vit, il sait où plonger sa plume pour narrer l'histoire des Vikings. Il est l'auteur chez De Borée de plusieurs livres importants, dont Dictons et Proverbes de Normandie, Pieds-Noirs, l'épopée d'un peuple, et Voyage au pays des vampires.
A la fois paysans, marins, commerçants et guerriers, les Vikings sont avant tout des hommes libres. Entre les VIIIe et XIIe siècles, ils participent à l'émergence de plusieurs nations : le Danemark, la Suède, la Norvège et l'Islande. Leur société, fondée sur la propriété, la famille et le droit, vit essentiellement de l'agriculture, tout en diversifiant ses activités économiques à l'aide d'un essor maritime remarquable. Grâce à leurs indispensables bateaux, ils utilisent tous les moyens pour acquérir des richesses : mises à sac ou négoce, commerce des esclaves, tributs ou mercenariat, voire exploration ou colonisation. En s'appuyant sur l'archéologie la plus récente, mais aussi sur la poésie orale des scaldes et les grandes sagas islandaises, Jean Renaud réunit ici 50 objets - armes ou bijoux, balance pliable ou bâton de magicienne, peigne ou corne à boire - qui racontent une nouvelle histoire de ces "Hommes du Nord" , qui étaient tout sauf des barbares.
Cirotteau Thomas ; Malbos Lucie ; Pincas Eric ; Bo
Longtemps reléguées dans l'ombre de l'histoire, les femmes du monde viking refont aujourd'hui surface. La découverte d'une sépulture féminine au fond d'un fjord islandais ouvre une enquête fascinante à travers sept pays, portée par les plus grands spécialistes. Marchandes, tisserandes, prophétesses, reines, guerrières ou simples fermières, qu'elles soient parties s'établir par-delà les mers ou qu'elles soient restées sur leur terre natale, elles ont contribué à écrire l'histoire des mondes du Nord. Grâce aux découvertes archéologiques et historiques les plus récentes, ce livre redonne à ces héroïnes oubliées leur véritable place. En bousculant certaines idées reçues et en mettant en lumière le rôle des femmes des terres gelées, les auteurs redessinent une histoire plus complexe... et infiniment plus humaine. "Il est important de raconter l'histoire de ces femmes, car leurs rôles et leurs expériences ont trop souvent été éclipsés par les récits des guerriers, des rois et des explorateurs masculins". Kristina Ekero Eriksson
A la rencontre de grandes délaissées de l'histoire, qui pourtant, durant près de deux siècles et demi, ont pesé sur les destinées des royaumes francs. De la trentaine de femmes qui, en neuf générations successives couvrant deux siècles, ont épousé un roi, voire un empereur, descendant direct de Charles Martel, la plupart demeurent inconnues. Ne subsistent que quelques noms : Berthe " au grand pied ", Judith figure de jeu de cartes, Engelberge illustre en Italie, Richarde qui fut reconnue sainte, guère davantage. Il vaut cependant la peine d'aller à leur rencontre. La première surprise est, pour l'époque, l'abondance relative de la documentation. Pour certaines d'entre elles, comme Hildegarde, Judith déjà nommée, Ermentrude, Theutberge au IXe siècle, Ogive, Gerberge et Emma au Xe, il est même possible d'entrer dans une certaine forme d'intimité. C'est qu'elles intervinrent auprès de leurs conjoints en faveur des églises, exercèrent des responsabilités importantes au sein du Palais royal, s'employèrent dans la diplomatie au service de la paix, entretinrent avec des papes des rapports de confiance, et eurent leur part dans le remarquable essor culturel de l'Empire carolingien. Leurs fonctions d'épouse, de mère surtout, leur destinée de veuve, les violences qu'elle subirent aussi, les accusations d'adultère ou de sorcellerie, prirent parfois une importance capitale. En retour, les savants et les écrivains leur dédièrent traités et poèmes en des termes souvent dithyrambiques. Ainsi, l'écho de leur voix, les traits de leur personnalité, leur place, leur action et leur image dans la société franque parviennent jusqu'à nous, certes faiblement en raison de l'épaisseur du temps, mais de façon inespérée. Une synthèse inédite, racontée par un médiéviste d'envergure.
L'ouvrage qui met en lumière ce que fut réellement le quotidien des femmes au Moyen Age. Lorsque l'on évoque les femmes médiévales, surgissent toujours les mêmes figures emblématiques : Jeanne d'Arc, Aliénor d'Aquitaine, Christine de Pizan, Hildegarde de Bingen... Autant de noms qui éclipsent d'autres portraits tout aussi fascinants. Qui se souvient de Dhuoda, cette mère carolingienne qui rédigea un manuel d'éducation pour son fils ? De Radegonde, reine devenue fondatrice d'un monastère ? D'Aethelflaed, "dame des Merciens", stratège et gouvernante d'un royaume anglo-saxon ? Derrière ces quelques visages, c'est tout un éventail de vies féminines que l'histoire a souvent relégué dans l'ombre. Les six siècles qui suivent la chute de l'Empire romain demeurent le parent pauvre de l'historiographie consacrée aux femmes, alors même qu'ils voient se transformer en profondeur leur position sociale, juridique et culturelle. Pouvoir, savoir, travail, autorité domestique ou politique : entre le VIe et le XIe siècle, la condition féminine ne ressemble en rien à l'image figée que véhicule l'imaginaire collectif façonné par la fin du Moyen Age. Justine Audebrand explore cette période charnière en révélant la richesse et la diversité des destins féminins : les femmes médiévales y apparaissent dans toute la complexité de leurs moyens d'action au sein d'un ordre patriarcal qui ne les réduit pas pour autant au silence. Avec une plume précise et vivante, l'autrice décrypte les pratiques, les gestes, les croyances et les contraintes qui ont façonné la vie des femmes du haut Moyen Age. Elle redonne à ces oubliées de l'histoire une voix, un espace et une profondeur, offrant au lecteur un voyage inédit au coeur d'un monde où les femmes, loin d'être invisibles, ont joué un rôle bien plus important qu'on ne le croit.