Les chercheurs de passé 1798-1945. Naissance de l'archéologie moderne Dictionnaire biographique d'ar
Gran-Aymerich Eve
CNRS EDITIONS
30,00 €
Épuisé
EAN :9782271065384
Extrait Une science des objets et des monuments Depuis que Jacob Spon, le premier, en 1679, a donné au terme «archéologie» son sens moderne, préconisé une méthode critique pour l'étude des inscriptions et soutenu la validité des témoignages archéologiques, la «science archéologique» s'est construite et organisée, d'abord dans le domaine privilégié par les humanistes de la Renaissance, celui des civilisations grecque et romaine, puis de plus en plus loin vers l'Orient et jusqu'à un passé «antédiluvien». En se donnant un objet propre et des règles spécifiques, l'archéologie se distingue de la pratique des collectionneurs aussi bien que de la philologie et de l'histoire philosophique. Mais, de la définition qu'en donne Aubin-Louis Millin en 1796 à celle de Charles Lenormant dans le premier numéro de la Revue archéologique en 1844, on peut mesurer la distance creusée par les successeurs de Caylus et Winckelmann et les «inventeurs» de l'Egypte et de la Mésopotamie. Pour Millin, en effet, est archéologue et plus vulgairement antiquaire celui qui s'adonne à «l'étude des antiquités, c'est-à-dire celle des monuments antiques et l'étude des anciens usages qui sont venus jusqu'à nous». Après avoir établi l'équivalence apparente entre archéologue et antiquaire, il introduit cependant cette distinction : «on applique plus communément le premier nom (archéologue) à celui qui étudie les moeurs et usages et le second (antiquaire) à celui qui étudie les monuments.» C. Lenormant, pour maintenir la même distinction, y introduit néanmoins une nuance et donne l'avantage à l'archéologue sur l'antiquaire, qui «est plutôt celui qui recueille les monuments de l'Antiquité que celui qui les comprend». De «l'ère des Antiquaires» on est passé à celle des archéologues.