Inutilité publique. Histoire d'une culture politique française
Graber Frédéric
AMSTERDAM
18,00 €
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EAN :9782354802554
Les grands projets d'infrastructures constituent l'un des repoussoirs par excellence des mouvements écologistes. Dénoncés comme "inutiles et imposés" , ces projets font l'objet de multiples résistances. Pourtant, la notion d'utilité publique est au coeur de leur légitimation par les pouvoirs publics français. Car aux yeux de l'administration, l'utilité publique ne renvoie pas à l'idée générale de bien commun, mais prend un sens bien plus spécifique : c'est un principe au nom duquel il est juridiquement possible de transformer l'état du monde - y compris si certaines populations doivent en subir les conséquences. Et la conformité ou non d'un projet à ce principe résulte d'une procédure administrative aussi précise que méconnue : l'enquête publique, mise en scène par excellence du consentement. L'historien Frédéric Graber propose dans ce livre un décryptage minutieux de ce rouage central de l'économie des projets dans laquelle nous vivons. Retraçant l'histoire longue de la fiction juridique qu'est l'utilité publique, il montre comment la référence à ce principe, formulé sous l'Ancien régime pour favoriser certains intérêts tout en se prévalant d'une forme de justice, a été maintenue après la Révolution, jusqu'à nos jours. Il en résulte un éclairage saisissant sur l'aversion au débat caractéristique de la culture politique française, et sur l'état de la démocratie dans ce pays.
Nombre de pages
208
Date de parution
07/10/2022
Poids
224g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782354802554
Titre
Inutilité publique. Histoire d'une culture politique française
Auteur
Graber Frédéric
Editeur
AMSTERDAM
Largeur
135
Poids
224
Date de parution
20221007
Nombre de pages
208,00 €
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La propriété est centrale dans le rapport des sociétés aux environnements. Elle définit les usages légitimes, organise l'exploitation économique, transforme les écosystèmes. Aussi façonnet-elle la nature et les relations sociales. Ses institutions - et au premier chef, celles visant la terre, les ressources, les flux biologiques - sont de longue date au coeur des inégalités et des luttes entre individus et groupes sociaux. Ainsi du mouvement des enclosures foncières européennes, qui intronisa un nouveau type de propriété, exorbitant : la propriété privée exempte de tout lien au collectif. Les réflexions sur la propriété sont aujourd'hui dominées par l'économie orthodoxe, qui soutient que l'appropriation privée est optimale en termes d'efficacité productive et de conservation des ressources. Face à ce courant, un mouvement a émergé en faveur des communs - de la nature, de la connaissance et de la société -, pensés comme outils d'une transition vers plus de soutenabilité et de justice sociale. Mais, malgré son importance, ce mouvement semble limité par une absence de réflexion d'ensemble sur la constellation complexe et changeante des formes d'appropriation de la nature. Or depuis trois décennies, d'autres travaux ont renouvelé notre vision de l'histoire longue et conflictuelle de la propriété, saisie dans son rapport à l'environnement : ce sont ces voix que l'ouvrage voudrait faire entendre. Il comprend 12 textes inédits en français, choisis pour leur force de proposition théorique, leur capacité à déstabiliser les idées reçues, leur potentiel à informer les débats sur la crise environnementale, les communs ou les enclosures de la connaissance. Des forêts d'Indonésie aux grandes banlieues modernes, c'est notre rapport, passé et présent, à la nature et à la possession qu'il s'agit ici d'interroger.
Nous vivons dans un monde de projets. Vous voulez des enfants : faites un projet parental ! Vous êtes étudiant : songez à votre projet d'orientation ! Vous êtes au chômage : développez votre projet de réinsertion professionnelle ! Vous êtes chef d'entreprise : élaborez un projet d'investissement ! Le projet semble être devenu la forme incontournable d'un nombre croissant d'activités humaines, souvent en prétendant s'opposer aux lourdeurs de la routine ou de la bureaucratie. Cet ouvrage sort des discours convenus sur les vertus libératrices du projet pour en sonder les multiples modalités historiques. Il rend compte de la diversité des manières de faire projet à travers de nombreuses études sur l'architecture, les programmes politiques, les grand projets d'infrastructure, les fondations de couvents, les projets de films et bien d'autres formes de projets encore, du XVIe au XXIe siècle. A chaque fois, il s'agit de dépasser les projets individuels, pour saisir des formes de projets régulières, révélatrices de rapports socio-politiques établis : dans chaque forme de projet, les rôles et les ressources sont distribués d'une manière donnée entre les acteurs, des outils de conception et de gestion spécifiques s'imposent à eux. Cette histoire des formes de projets conduit, bien au-delà d'une histoire du management, à réinvestir les histoires de l'Etat, du capitalisme, des libéralismes, de la science, des professions. Les projets sont au coeur de tous ces grands débats.
Résumé : Les dernières décennies ont vu l'essor des préoccupations environnementales, en même temps que l'émergence d'un mouvement en faveur des communs. Malgré cela, les débats sur les enjeux écologiques contemporains ont eu tendance à délaisser la question centrale de la propriété. Une fausse alternative s'est dessinée entre une certaine orthodoxie économique, qui voit dans la propriété privée un cadre optimal d'exploitation et de conservation des écosystèmes, et des visions parfois trop romantiques des pratiques communautaires. C'est oublier que les formes de la propriété sont consubstantielles aux dynamiques d'appropriation de la nature : des vagues successives de marchandisation à l'instrumentalisation par les Etats des politiques de protection environnementale, elles sont un lieu crucial où se nouent nature et capital, pouvoir et communauté, violence et formes de vie. A l'heure où le développement des technosciences et les bouleversements géopolitiques internationaux reconfigurent les liens entre environnement et propriété, ce recueil propose un éclairage inédit sur une histoire longue et conflictuelle.
L'ouvrage entend mettre en lumière les défis réels - et non fantasmés - auxquels est confrontée la gauche dans son rapport aux classes populaires aujourd'hui, montrant par là même qu'il n'y a rien d'irrémédiable aux difficultés présentées. La fragmentation des classes populaires n'est pas indépassable, à condition de ne pas partir d'une vision réductrice ou passéiste de ces milieux, mais plutôt de leur réalité matérielle et de l'actualité observée de leurs aspirations et mobilisations.