Les ?uvres complètes de Lautréamont (Les Chants de Maldoror, Poésies et Lettres), après l'édition historique de 1938, comprend les préfaces de leurs éditions successives et une abondante bibliographie. C'est une remarquable édition de Lautréamont que vient de nous donner José Corti. Les ?uvres complètes de Lautréamont y sont précédées de huit préfaces, écrites à diverses époques par divers écrivains, pour des éditions précédentes [...]. Cela fait au total un commentaire long et varié -sinon contradictoire -à travers lequel on pourrait suivre le fil de la connaissance progressive de Lautréamont depuis sa première publication jusqu'à nos jours. On voit d'abord comment cette ?uvre est lente à se manifester. On a comparé son apparition à une explosion volcanique, mais les volcans littéraires ne font pas éclater sans résistance la croûte des habitudes intellectuelles. (Vient ensuite un commentaire précis du journaliste sur chacune des préfaces, NdE). Y a-t-il beaucoup de lecteurs qui aient abordé Lautréamont sans dresser entre eux et lui une barrière qui ne vient que d'eux-mêmes? Si nous comprenions les poètes mieux que nous croyons le savoir, et celui-là en particulier, nos yeux s'ouvriraient à cette vérité que le problème est en nous. Le monstre le plus étrange n'est pas celui qu'on pense: sinon l'homme moderne se ferait peur à lui-même. J'imagine qu'un jour viendra où Les Chants de Maldoror apparaîtront comme un de ces phénomènes qui sur la terre fulgurent et retentissent pour signaler quelque bouleversement naturel. André Rousseaux, Le Figaro Littéraire, 23 janvier 1954.
Nombre de pages
431
Date de parution
01/08/1989
Poids
337g
Largeur
119mm
Plus d'informations
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EAN
9782714302106
Titre
Oeuvres complètes. Les chants de Maldoror
Auteur
COMTE DE LAUTREAMONT
Editeur
CORTI
Largeur
119
Poids
337
Date de parution
19890801
Nombre de pages
431,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Extrait : "Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison ; car, à moins qu'il n'apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d'esprit égale au moins à sa défiance, les émanations mortelles de ce livre imbiberont son âme comme l'eau le sucre. "
Les Chants de Maldoror, écrit par le Comte de Lautréamont, est un livre emblématique de la littérature française du XIXe siècle. Publié en 1869, ce recueil de poèmes en prose est une oeuvre singulière et provocatrice qui défie les conventions littéraires de l'époque. Les Chants de Maldoror racontent l'histoire d'un personnage énigmatique, Maldoror, qui incarne le mal et la rébellion. À travers une écriture sombre et poétique, le Comte de Lautréamont explore les thèmes de la violence, de la sexualité déviante et de la transgression des normes sociales. Ce livre, dans sa version en grands caractères, offre une expérience de lecture accessible à tous. Les mots puissants et les images saisissantes de Lautréamont prennent vie dans une typographie agrandie, permettant aux lecteurs de plonger au coeur de cette oeuvre audacieuse et controversée. Les Chants de Maldoror est un livre qui ne laisse personne indifférent. Il suscite des réactions passionnées, tantôt d'admiration pour son style novateur, tantôt de répulsion face à sa violence et à son obscénité. Quelle que soit la réaction qu'il suscite, ce livre reste une oeuvre majeure de la littérature française, qui continue de fasciner et de questionner les lecteurs d'aujourd'hui. Impression en « gros caractères ». Extrait : "Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison ; car, à moins qu'il n'apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d'esprit égale au moins à sa défiance, les émanations mortelles de ce livre imbiberont son âme comme l'eau le sucre. "
« Dans le vol onirique, si nous revenons au sol, une impulsion nouvelle nous rend aussitôt notre liberté aérienne. Nous n'avons à cet égard aucune anxiété. Nous le sentons bien, une force est en nous et nous connaissons le secret qui la déclenche. Le retour vers la terre n'est pas une chute, car nous avons la certitude de l'élasticité. Tout rêveur du vol onirique possède cette connaissance de l'élasticité. Il a aussi l'impression du bond pur, sans finalité, sans but à atteindre. En revenant vers la terre, le rêveur, nouvel Antée, retrouve une énergie facile, certaine, enivrante. » (Gaston Bachelard)
« Si le regard des choses est un peu doux, un peu grave, un peu pensif, c'est un regard de l'eau. L'examen de l'imagination nous conduit à ce paradoxe : dans l'imagination de la vision généralisée, l'eau joue un rôle inattendu. L??il véritable de la terre, c'est l'eau. Dans nos yeux, c'est l'eau qui rêve. Nos yeux ne sont-ils pas ?cette flaque inexplorée de lumière liquide que Dieu a mise au fond de nous-mêmes? ? Dans la nature, c'est encore l'eau qui voit, c'est encore l'eau qui rêve. » (Gaston Bachelard)
À la suite d'un chagrin d'amour, Aldo se fait affecter par le gouvernement de la principauté d'Orsenna dans une forteresse sur le front des Syrtes. Il est là pour observer l'ennemi de toujours, replié sur le rivage d'en face, le Farghestan. Aldo rêve de franchir la frontière, y parvient, aidé par une patricienne, Vanessa Aldobrandi dont la famille est liée au pays ennemi. Cette aide inattendue provoquera les hostilités... Dans ce paysage de torpeur, fin d'un monde où des ennemis imaginaires se massacrent, le temps et le lieu de l'histoire restent délibérément incertains dans un récit à la première personne qui semble se situer après la chute d'Orsenna. Julien Gracq entraîne son lecteur dans un univers intemporel qui réinvente l'Histoire et donne lieu à une écriture qui s'impose avec majesté, s'enflamme au contact de l'imagination. Pour Le Rivage des Syrtes Julien Gracq obtint en 1951 le prix Goncourt, qu'il refusa.