Pendant cinq siècles, de 300 av. J. -C. jusqu'au crépuscule de Marc Aurèle, la philosophie stoïcienne domina la culture antique. Encore aujourd'hui, notre grammaire, notre logique et notre linguistique sont les héritières plus ou moins conscientes de l'une des trois parties de cette philosophie, la dialectique. Dès l'enfance, l'une de nos premières leçons de grammaire, la distinction du nom commun et du nom propre, était en fait une leçon de dialectique stoïcienne. Nous parlons et nous pensons donc souvent en stoïciens, sans même nous en rendre compte. Si nous voulons comprendre pourquoi, nous nous heurtons à la disparition des textes fondateurs. En effet, la dialectique stoïcienne dans sa forme classique fut l'oeuvre de Chrysippe (280 - 204 av. J. -C.), dont les 311 volumes qu'il écrivit sur cette question, notamment ses Recherches logiques, furent sans doute la plus extraordinaire somme de logique de l'Antiquité. De cette oeuvre immense, il ne reste que quelques pages. Ce livre est la première reconstruction synthétique de la dialectique stoïcienne dans son ensemble, car les études antérieures n'en ont souvent reconstruit que des parties. Son point de vue est en outre entièrement nouveau. En effet, d'après les histoires de la philosophie, la dialectique a connu son heure de gloire avec Platon, a été minimisée par Aristote avant de devenir un des "arts libéraux" de l'université médiévale et de renaître sous une autre forme dans l'idéalisme et le matérialisme allemands du XIXème siècle. Ce sont les histoires de la logique qui nous apprennent que les stoïciens ont développé, un siècle après Aristote, la forme antique de la "logique des propositions", complément de l'analytique d'Aristote. En réalité, les stoïciens n'avaient pas une logique au sens moderne du terme, mais une dialectique, c'est-à-dire une technique de l'argumentation dialoguée. La conception complexe, à première vue multiple et équivoque de la dialectique stoïcienne reçoit ainsi un éclairage inédit, qui permet de comprendre son originalité et d'en réinterpréter la place dans l'ensemble du système. Cela nous permet aussi de mieux comprendre le sens des disciplines qui en sont les héritières infidèles.
Commandé avant 16h, livré demain
Date de parution
07/10/2002
Poids
850g
Largeur
240mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782711613229
Titre
LA DIALECTIQUE DES STOICIENS
ISBN
2711613224
Auteur
GOURINAT
Editeur
VRIN
Largeur
240
Poids
850
Date de parution
20021007
Nombre de pages
0,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Une patience sans espérance ? L'image du philosophe "stoïque" , serein et ferme, indifférent à son sort, à la souffrance comme aux plaisirs, représente assez bien le stoïcisme mais ne rend pas compte de la complexité d'une philosophie exempte de fatalisme, qui est à la fois un exercice de méditation et le premier système philosophique conçu comme tel. De la fondation de cette école par Zénon de Citium au IIIe siècle av. J. -C. jusqu'aux nombreuses résurgences du stoïcisme au fil des siècles, Jean-Baptiste Gourinat présente une reconstitution de la doctrine des fondateurs, en particulier Chrysippe, et explique les transformations qu'elle a subies à Rome (Sénèque, Epictète, Marc Aurèle) et aux Temps modernes, pour en dégager l'essence.
Une présentation, devenue classique, des démarches et des résultats du savoir philosophique dans le développement de son histoire. Un niveau de difficulté intermédiaire entre celui d'une première initiation et la lecture directe des grandes oeuvres philosophiques.
Résumé : Le manuel d'Epictète est une introduction au stoïcisme. Il ne s'agit pas d'un résumé doctrinal complexe, mais d'un ouvrage simple, destiné à manier la philosophie dans la vie quotidienne. Dans les conseils qu'il donne, Epictète n'a gardé des actes de la vie que l'essentiel, en les dépouillant de tout ce qui n'appartenait qu'à son temps. C'est ce qui fait encore aujourd'hui du Manuel une des meilleures initiations possibles à la philosophie. Cet ouvrage, qui contient une traduction inédite du Manuel, le rend encore plus accessible en expliquant comment et pourquoi il a été écrit, et en éclaircissant tous les concepts qu'il utilise.
Afin de se prémunir contre le risque de devenir un jour savant, tout jeune chercheur devrait, à titre d'antidote, avoir lu ce classique de Gaston Bachelard. L'originalité de l'ouvrage consiste non seulement à dégager les conditions psychologiques propices à la formation de l'esprit scientifique mais aussi à mettre au jour celles de son dépérissement. Ainsi, la connaissance scientifique s'institue en s'opposant à la connaissance vulgaire, issue de l'expérience commune. Cependant, elle se corrompt et se stérilise dès lors qu'elle prétend fournir des réponses définitives. L'attachement à ses propres certitudes, qu'elles soient d'ordre sensible ou scientifique, contrarie les progrès de la recherche. La science tout autant que l'opinion constituent ainsi ce que Bachelard appelle un obstacle épistémologique. Toute découverte suppose donc la capacité de résister à "cette tendance conservatrice de l'esprit humain" qui le porte à ramener l'inconnu au connu, par une sorte de goût inné pour la cohérence. L'épistémologie à portée des débutants. --Paul Klein
Rien que dans ce petit coin du monde, il y a quatre principes, la raison, l'instinct, la génération, la végétation, qui sont semblables les uns aux autres et sont les causes d'effets semblables. Combien d'autres principes ne pourrions-nous pas naturellement supposer dans l'immense étendue et l'immense variété de l'univers, si nous étions capables de voyager de planète en planète et de système en système, afin d'examiner chaque partie de ce vaste agencement? L'un quelconque des quatre principes mentionnés ci-dessus (et de cent autres qui s'offrent à notre conjecture) peut nous fournir une théorie par laquelle juger de l'origine du monde; et c'est une preuve palpable et insigne de partialité que limiter entièrement notre vue au principe par lequel nos propres esprits opèrent. Si ce principe était plus intelligible pour cela, une telle partialité pourrait dans une certaine mesure s'excuser; mais la raison, dans son agencement et sa structure interne, nous est en réalité aussi peu connue que l'instinct ou la végétation".
Quand on a pris les soins nécessaires pour conserver au corps sa force et sa vigueur, pour le mettre en état d'obéir aux ordres de l'âme elle-même, afin que en toute occasion, elle ne donne son consentement qu'à ce qui est conforme à la dignité et à l'excellence d'une créature raisonnable"
Résumé : Les religions ont une histoire, qui n'est pas celle de la Bible. Elles trouvent leur origine dans les passions des hommes. De là, on conclut aisément qu'en matière de religion le culte importe plus que le dogme, que le polythéisme précéda le théisme qui en dériva, et que les maux générés par celui-ci sont pires que ceux causés par celui-là. La question d'une " pure " religion reste en suspens, sachant qu'aucune religion révélée ne peut invoquer en sa faveur un témoignage assez fort ni aucune religion philosophique se reposer sur une démonstration qui soit certaine.