Abandonner le dessin de presse qui gratte où ça dérange, c'est abandonner aux tristes passions le rire de raison". Xavier GorceLe 19 janvier 2021, quelques heures après la publication dans "Le Brief du Monde" d'un dessin de Xavier Gorce de la série Les Indégivrables, la rédaction du Monde exprimait publiquement ses excuses auprès des abonnés que ce dessin aurait pu heurter ; il aurait pu être compris "comme une relativisation de la gravité des faits d'inceste, en des termes déplacés vis-à-vis des victimes et des personnes transgenres" . Xavier Gorce décida de cesser sa collaboration avec le journal, débutée en 2002. Estimant que ces excuses, et les raisons qui les ont motivées, constituent une nouvelle manifestation de dangereux glissements de notre société, Xavier Gorce prend, dans cet essai vif, argumenté et illustré, la défense d'un dessin de presse incisif et ironique, où l'humour s'affirme comme l'une des figures de la raison - réponse distanciée à l'indignation émotionnelle et aux particularismes d'exclusion ou d'assignation.
Nombre de pages
48
Date de parution
06/05/2021
Poids
60g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782072953637
Titre
Raison et dérision
Auteur
Gorce Xavier
Editeur
GALLIMARD
Largeur
150
Poids
60
Date de parution
20210506
Nombre de pages
48,00 €
Disponibilité
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Comment rompre ou rester avec son compagnon avec autant de lâcheté, renoncer à éduquer ses enfants, se faire mousser au bureau sans céder à la facilité du travail bien fait, être inflexible avec les subalternes et d'une grande souplesse face aux chefs? Les Indégivrables est une série de strips d'humour et d'humeur qui paraissent quotidiennement dans la newsletter du Monde.fr depuis 2005.
Ces drôles de petits pingouins aiment bien poser les questions qui fâchent et mettre les pieds dans le plat. Leur allure humaine, leurs travers, individuels et collectifs, leurs convictions qui naviguent entre absurdité et clairvoyance en font nos doubles inconséquents, dérisoires et burlesques. A travers eux, Xavier Gorce livre une analyse mordante de notre société. Cet ouvrage rassemble une sélection de dessins autour des différentes problématiques liées au grand nombrilisme contemporain. Des excès des réseaux sociaux au cocooning, du moi d'abord à l'intolérance aux idées différentes, entre petites lâchetés et scandales insupportables, c'est toute l'absurdité de nos comportements incohérents que l'auteur dénonce avec un humour grinçant, réveillant ainsi nos consciences.
Les prises de bec de ses pingouins déclenchent des éclats de rire salutaires. Ils sont complètement givrés et c'est comme ça qu'on les aime ! Bien plantés sur leur banquise, les pingouins de Xavier Gorce s'interpellent, se chamaillent, s'aiment et se séparent, s'interrogent sur l'évolution de leurs relations, sur ces temps nouveaux où la notion de mâle et de femelle semble fondre comme glace au soleil. Les débats de société ? libération de la parole des femmes, identité de genre, égalité entre les hommes et les femmes au travail et à la maison ? comme les sujets intemporels de l'amour ou du couple sont revisités avec humour par le dessinateur. Ces pingouins-là n'ont pas leur langue dans leur poche et cette liberté de ton est vivifiante !
Ces drôles de petits manchots, dont l'allure humaine, les travers, les convictions en font nos doubles inconséquents, dérisoires et burlesques, habitent une banquise en péril qui évoque notre planète malmenée. Des conséquences du réchauffement climatique aux contradictions de nos modèles alimentaires, du poids des lobbies à l'inaction des politiques, entre petites lâchetés et scandales insupportables, c'est toute l'absurdité de nos comportements que Xavier Gocce dénonce ici avec son humour grinçant. Et en pointant nos incohérences, il réveille nos consciences...
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.