Oui, il existe une responsabilité humaine, éthique et juridique du savant face aux formidables pouvoirs que la science moderne lui confère. Ni Einstein, ni Sakharov, ni Oppenheimer n'ont estimé déshonorant de rendre compte, en citoyens, des capacités dont ils dotaient, en chercheurs, les Etats. Oui, il existe une responsabilité propre au corps médical et à l'ensemble des spécialistes de la santé, qui manipulent des puissances vitales et létales. Le transfuseur, au même titre que l'employé de Tchernobyl, décide, pour partie, du futur de l'humanité. Oui, il existe une responsabilité de chacun : le sida réveille les questions fondamentales ; la plus intime, celle de la confiance que se portent deux êtres qui s'aiment ; la plus sociale, dans une situation où, fût-ce à son insu, tout homme, toute femme peut en même temps aimer et tuer.
Nombre de pages
300
Date de parution
21/12/1993
Poids
367g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782080667205
Titre
La fêlure du monde. Éthique et sida
Auteur
Glucksmann André
Editeur
FLAMMARION
Largeur
135
Poids
367
Date de parution
19931221
Nombre de pages
300,00 €
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La philosophie n'est pas un dîner de gala. Ni un guide des bienséances. Ni une panacée antidéprime. La philosophie est un champ de bataille, un face-à-face avec nos défis intimes et ultimes: le souci de la vérité et du mensonge, l'épreuve de la mortalité, le feu de l'amour, le pari de survivre. Sur le ring, deux poids lourds de la pensée. Socrate, inventeur de la sagesse occidentale et déracinante, avale la ciguë fatale en concoctant un suprême pied de nez aux convenances éternelles. Heidegger, philosophe et nazi, et paradoxalement adulé par toutes les universités du monde, meurt dans son lit. Deux manières d'exister et de méditer, deux engagements inconciliables. Le temps ne rentre pas dans ses gonds, les escargots font le dos ronds, Dieu s'affiche aux abonnés absents, le diable se perd dans ses déguisements, et pourtant elle tourne notre planète.
Qui est-il ? Ici, le philosophe s'explique. Son mépris pour le qu'en dira-t-on vient de loin. Il nous conte sa vie clandestine de bambin traqué, pris dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale, le père tué en 1940, la mère, résistante et solitaire, dépourvue de diplômes mais armée d'un bon sens imbattable, dont il découvre et nous révèle qu'il a tout appris. Scène primitive : l'enfant révolté dans une pension d'orphelins juifs trouble une première fois la fête et balance son soulier sur les notables qui célèbrent la paix revenue. Comment une rage de môme devient-elle la colère de toute une vie ? L'album de souvenirs familiaux côtoie la découverte des poètes (Hugo, Baudelaire, Mallarmé) et les engagements risqués (enfance communiste, Mai 68, boat people avec Kouchner, Sartre et Aron, dissidence antisoviétique avec Foucault et Bernard-Henri Lévy). André Glucksmann a récidivé en optant très tôt pour Nicolas Sarkozy au grand émoi du tout Paris intellectuel. Une stratégie du pavé dans la mare ?André Glucksmann, philosophe et essayiste, a notamment publié en Pluriel Ouest contre ouest (2004) et Le Discours de la haine (2005).
Je me choisis "athée en politique". En 2007, j'ai choqué mes amis en optant publiquement pour le candidat Sarkozy. Ni regret, ni blanc-seing. Voter n'est pas entrer en religion. Pourquoi m'abstiendrais-je de contester les clôtures droitières d'un président laissant sévir les contrôles au faciès et ouvrant la chasse aux Tziganes? Pourquoi bouderais-je ses initiatives bienvenues lorsqu'il interdit à Kadhafi le massacre des civils insurgés de Benghazi? À gauche et à droite, la France officielle pense à huis clos. Sainte ligne Maginot, protège-nous d'un monde extérieur voué aux méchants impérialistes, aux terribles envahisseurs musulmans et aux désespoirs apocalyptiques! Ouvrons nos fenêtres: un vent de liberté a déraciné en moins d'un demi-siècle l'empire stalinien, il s'attaque aujourd'hui aux despotismes profanes ou religieux, il réveille les courages et bouscule planétairement les tabous. Je dédie ce pense-bête aux happy few, ni résignés ni apathiques et pas davantage nihilistes.