Juliette Récamier dans les arts et la littérature. La fabrique des représentations
Gleizes Delphine ; Moussa Sarga
HERMANN
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EAN :9782705681616
«Elle» ou une question de distanceFaut-il dire «Madame Récamier ou «Juliette Récamier»? La question peut paraître oiseuse. Pourtant, choisir l'une ou l'autre formule n'a pas les mêmes implications. «Madame Récamier» est certainement la formule la plus courante, par exemple dans de nombreux textes biographiques qui lui ont été consacrés, de Sainte-Beuve à Françoise Wagener, en passant par Édouard Herriot et Henri de Régnier. Faire ce choix, c'est donner implicitement une dignité sociale à celle qui déchaîna passablement de passions, masculines comme féminines, d'ailleurs. Cette ambivalence de désignation est également perceptible dans la manière dont les oeuvres d'art sont passées à la postérité. Ainsi dans le tableau de Dejuinne intitulé La Chambre de Madame Récamier à l'Abbaye-aux-Bois (1826): accoudée sur son canapé, un livre à la main, elle est certes entourée d'objets dont certains renvoient implicitement à l'amour, comme le tableau de Gérard figurant Corinne au cap Misène, mais l'expression du désir est ici médiatisée et mise à distance, d'autant que la fenêtre de la chambre donne sur une église: à près de cinquante ans, Mme Récamier reste une vestale, comme le souligne le blanc de sa robe. Pourtant, on trouve aussi d'autres formules, celles par lesquelles on connaît le tableau de David, consacré à «Juliette Récamier», ou encore les bustes de Chinard datant de la même époque, c'est-à-dire de la jeunesse du modèle. Opter pour le prénom, c'est donc faire un pas vers une proximité (qui n'est pas familiarité) plus grande, mais c'est aussi reconnaître que l'identité d'une femme, fût-elle mariée, ne se réduit pas à son statut d'épouse: c'est en tout cas ce qu'ont pensé les responsables scientifiques de ce volume. Au fond, s'intéresser à «Juliette Récamier» plutôt qu'à «Madame Récamier», c'est peut-être revenir aux origines d'une séduction première, celle qu'exerça cette femme qui, tout en s'exposant continuellement au regard des autres, sut conserver la distance qu'il fallait pour entretenir la flamme de ses admirateurs.Toutefois, les différents contributeurs de ce volume n'ont pas tous fait le même choix. On observera ainsi une alternance entre les formules «Mme Récamier» et «Juliette Récamier», parfois à l'intérieur d'un même article, - sans parler de la tentation de parler parfois de «Juliette» (comme on dit «Jean-Jacques»), ou encore d'employer des métaphores passées à la postérité comme «l'enchanteresse». Cette multiplicité de dénominations ne répond pas seulement à un souci d'éviter les répétitions: elle est le symptôme de la remarquable labilité d'une figure à la fois présente et absente, lumineuse et opaque, bref insaisissable, donc, à ce titre, profondément littéraire: «J.R.» (elle signait ainsi certaines de ses lettres) a beau n'avoir presque rien écrit, et avoir de surcroît fait brûler une partie de sa correspondance, elle n'en est pas moins restée, même pour ses détracteurs, une femme obsédante, dans la mesure, précisément, où elle fut l'objet, très tôt, d'innombrables figurations. Les peintres, on le sait, y contribuèrent largement, véhiculant en même temps des modes vestimentaires (les tuniques blanches) ou des styles d'ameublement (le fameux lit «Récamier»). Mais les écrivains ne furent pas en reste: que ce soit dans leur journal, dans leurs lettres, ou dans des écrits biographiques, Chateaubriand, Constant, Ballanche, d'autres encore jouèrent un rôle de premier plan dans la fabrication d'un véritable mythe de la beauté. Par ailleurs, on ne saurait oublier la part des femmes dans la construction de cet idéal esthétique qu'incarnait la Belle des Belles, même si certaines d'entre elles voulurent aussi apporter un point de vue spécifique: amie passionnément désirée pour Mme de Staël, éducatrice attentionnée pour Amélie Lenormant, protectrice fidèle pour Marceline Desbordes-Valmore, Juliette Récamier joue une multitude de rôles, successivement et parfois simultanément, comme si elle avait voulu incarner, au-delà de son statut d'icône parisienne, à travers les réunions dont elle fut l'infatigable organisatrice (d'abord dans l'hôtel particulier de la rue du Mont-Blanc, visité comme un must par les voyageurs sous la période du Consulat, au temps de sa première jeunesse, puis, avec Chateaubriand, au salon de l'Abbaye-aux-Bois, fréquenté par des écrivains, des artistes et des hommes politiques, pendant les trente dernières années de sa vie), toute la variété du jeu social que les hommes et les femmes de ce temps-là ne cessèrent de réinventer, au gré des changements de régimes.
Delphine Gleizes est maître de conférences en littérature française du XIXe siècle à l'université Lumière Lyon II et membre de l"UMR 5611 LIRE. Ses travaux portent en particulier sur Victor Hugo et sur les rapports entre le texte et l'image fixe et animée."
Résonances est une collection qui entend offrir l'essentiel des connaissances indispensables et incontournables permettant l'approche et l'étude efficace d'oeuvres littéraires.
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Qu'est-ce qu'un microscope à atomes crochus ? À quoi sert un téléchromophotophonotétroscope ? Comment l'historioscope permet-il de remonter le temps ? Qui le premier parla de télévision ? Quelle est la différence entre un panorama et un diorama ? Pourquoi le fantascope a-t-il prospéré pendant la Révolution ? On trouvera les réponses à ces questions et bien d'autres encore dans cette anthologie, savamment annotée et copieusement illustrée. Plus de 200 textes présentent presque autant de machines optiques réelles ou imaginaires. C'est une histoire du regard pendant les deux siècles qui ont précédé l'invention du cinéma que propose ce livre. Ou plus exactement une histoire de la façon dont divers instruments ont changé notre façon de voir le monde et de nous voir nous-mêmes. Ces « machines à voir » ont rarement connu un succès commercial durable, mais ce sont aussi et surtout de merveilleuses « machines à écrire » qui ont stimulé l'imagination d'auteurs, écrivains et philosophes divers, à découvrir ou à redécouvrir ici.
Une peinture est un tout organisé, un ensemble de formes (lignes, surfaces colorées...) sur lequel viennent se faire ou se défaire les sens qu'on lui prête. Le contenu de cet ensemble n'est pas un équivalent d'émotion, de sensation, il vit de lui-même. Ces relations entre les formes sont un transfert de relations de l'univers à une autre signification. Dans ce qu'elle a d'essentiel la peinture est une humanisation du monde. " Pierre Soulages (1948) Voici réunis, dans leur variété, leur constante et exemplaire rigueur, quelques-uns des textes et entretiens de Pierre Soulages. Ils explicitent pour nous son oeuvre immense.
Nous vivons une époque paradoxale : les extraordinaires progrès scientifiques et techniques des dernières décennies ont bouleversé notre existence, mais, dans le même temps, un fulgurant retour de la barbarie sape nos valeurs laïques fondamentales, héritées des Lumières. Religions et utopies sociales, ces illusions dangereuses constituent la pire malédiction de l'humanité ; elles assaillent notre liberté de penser et de nous exprimer librement. Elles nous imposent leurs critères absolutistes du Bien et du Mal ainsi leur foi dans un au-delà ou un avenir radieux chimériques. Leur but est évident : nous empêcher de vivre sereinement et nous priver du bonheur quotidien. Dès lors, l'alternative est tranchée : Homme ou Dieu ? Raison ou foi ? Plaisir ou ascèse ? Vivre ici et maintenant ou attendre la vie après la mort ? Ce livre très documenté n'en est pas moins un ouvrage grand public : écrit dans un style simple et accessible, il se veut un essai-coup de poing, un pamphlet choc et sulfureux pour nous libérer des fausses promesses et des mensonges qui nous emprisonnent.
Les technologies visant à augmenter les capacités physiques et psychologiques des soldats ont toujours fait partie intégrante de l'histoire militaire. Toutefois, les recherches actuelles n'ont plus rien à voir avec les expériences du passé, à tel point qu'il est désormais possible de parler d'une révolution de la condition humaine qui mènera à plus ou moins brève échéance à une situation où les guerres du futur seront menées par des "super soldats". Cette possibilité, qui est de plus en plus réelle et inévitable, mais qui demeure étonnamment négligée par les éthiciens, ouvre la porte à une série de questions fondamentales : ces technologies sont-elles moralement problématiques ? Si elles sont permises, en vertu de quels critères est-il possible de distinguer celles qui sont acceptables de celles qui ne devraient pas être tolérées ? Ces innovations vont-elles enfreindre les principes moraux de la "guerre juste" ? Quels devraient être les paramètres éthiques du développement de ces technologies ? Ce premier ouvrage en langue française sur le soldat augmenté cherche à répondre à ces questions. Refusant d'adopter un point de vue manichéen sur cette question, Jean-François Caron explique que les nouvelles technologies d'augmentation entraînent un dilemme moral important. D'un côté, elles peuvent être interprétées comme une obligation morale de la part de l'armée à l'égard des soldats. De l'autre, elles peuvent également entraîner des violations des règles de la guerre. A la lumière de cette tension, l'auteur propose une vision nuancée des tenants et aboutissants de ces technologies militaires et suggère un cadre éthique original permettant de délimiter leur développement et leur utilisation.
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l’histoire et la population haïtiennes, on a rarement l’occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu’une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants.Tout le monde s’en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l’attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines.Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d’une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l’auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l’humanité entière.Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.
Lorsque à la fin des années 1920, André Malraux fit irruption sur la scène littéraire, il imposa d'emblée un ton, un style, un personnage. En lui, l'action et la littérature, la politique et la morale semblaient se réconcilier. Doué du génie de la séduction et de l'autopromotion, l'auteur des Conquérants puis de La Condition humaine voulait marquer ce monde de " cicatrices ". Restent aujourd'hui ses livres, que l'on peut apprécier en oubliant l'homme, mais on se prive alors de leur personnage principal. " Ma vie ne m'intéresse pas ", disait-il. De fait, seule sa vie l'intéressait. Il la conçut comme une ?uvre, et peut-être a-t-elle été son meilleur roman. S'appuyant sur des témoignages et des documents souvent inédits, des archives publiques et privées inexploitées, Olivier Todd démêle réalités vécues et imaginées, dévoilant un homme qui n'a passionnément agi que pour écrire, un écrivain qui doutait de lui-même, un personnage sans méchanceté ni mesquinerie, dont les métamorphoses et la mythomanie ont nourri une légende.
Bergez Daniel - Lauvergnat-Gagnière Christiane - P
Voici un panorama détaillé de la littérature française, du Moyen Age à nos jours. Dates clés, biographies, citations, résumés et commentaires organisés des grandes oeuvres : ce précis rassemble l'essentiel des connaissances nécessaires sur les auteurs, les oeuvres et les grands courants. Chaque période de l'histoire littéraire fait l'objet d'une présentation en contexte, historique comme idéologique, à travers l'évolution des formes et des genres ; des notices séparées sont consacrées aux mouvements littéraires majeurs. Du Roman de la Rose aux littératures francophones en passant par le romantisme, la critique au XIXe siècle ou le surréalisme, plus de cent entrées font de ce précis un passionnant guide de lecture pour comprendre les évolutions profondes de la littérature française. Avec Christiane Lauvergnat-Gagnière, Anne Paupert, Yves Stalloni et Gilles Vannier.
Le roi Salomon suppliait l'Eternel de lui accorder un coeur intelligent. Au sortir d'un siècle ravagé par les méfaits conjoints de la bureaucratie, c'est-à-dire d'une intelligence purement fonctionnelle, et de l'idéologie, c'est-à-dire d'une senti-mentalité binaire indifférente à la singularité des destins individuels, à quelle instance adresser cette prière? Ce livre répond: à la littérature. Me fiant à mon émotion, j'ai choisi neuf titres:"La Plaisanterie"de Milan Kundera,"Tout passe"de Vassili Grossman,"Histoire d'un Allemand"de Sebastian Haffner,"Le Premier Homme"d'Albert Camus,"La Tache"de Philip Roth,"Lord Jim"de Joseph Conrad,"Les Carnets du sous-sol"de Fédor Dostoïevski,"Washington Square"de Henry James et"Le Festin de Babette"de Karen Blixen. Et je me suis efforcé de mettre dans mes lectures tout le sérieux, toute l'attention que requiert le déchiffrement des énigmes du monde". Alain Finkielkraut.
Faerber Johan ; Rauline Laurence ; Oddo Nancy ; Co
Le récit de l'histoire de la littérature française, du Moyen Age à nos jours : Une vision d'ensemble claire et cohérente de l'histoire de la littérature française à travers les auteurs majeurs et les oeuvres fondatrices. Au fil des doubles pages, la présentation vivante de chaque oeuvre, de sa genèse et de sa réception, et des encadrés mettant en lumière le contexte culturel. Un voyage à travers les époques et les genres avec des frises chronologiques, des repères biographiques et des dossiers sur les grands mouvements littéraires.