Et maintenant le noir est le quatrième recueil de Peter Gizzi traduit en français. On y retrouve sa voix mélancolique, noire presque d'encre. Un lyrisme si l'on veut d'après la catastrophe : le monde a subi des coups, des chocs, des accidents. Les deux frères de l'auteur sont morts, par exemple, les amours sont parties, les amis sont loin. Les choses sont souvent cassées, défaites, brûlées, abîmées. "La maison se délabre" . Et pourtant il faut continuer à vivre et peut-être à aimer et sans doute à mourir. C'est ce que dit Gizzi lui-même de ce livre : "C'est une façon de changer un coeur brisé au milieu d'un monde acharné en un coeur acharné au milieu d'un monde brisé". Le "Je" qui se promène dans les poèmes de ce recueil semble avoir perdu toute relation facile avec le monde. "J'ai perdu le signal" dit le poète dans un des textes. Mais aussitôt vient la solution : "alors j'ai pensé que j'allais écrire un poème" . Peter Gizzi a mille façons de dire la même chose : "Dans ma tête, un volant incapable de rien diriger d'autre qu'une chanson et tout le reste est survie -" Chanson est une façon fréquente pour Gizzi de dire poème : ses textes en effet chantent à leur façon. Ils chantent, ils aiment les refrains, les répétitions, le bruit de ferraille que font parfois les syllabes cliquetantes. La poésie indique donc la direction. Elle est le volant. L'autoroute. Le satellite GPS. La survie. Parce que, en vérité, le poème n'a pas renoncé au monde, il fait au contraire de son mieux pour lancer son propre signal, même faible, pour tracer sa propre route, même méandreuse, et pour trouver une façon de fréquenter un peu les choses afin de s'y tenir un peu, au moins un peu. On tombe souvent dans ces pages sur le mot "standing" : debout - debout dans les choses. Cet effort, ce combat pour ainsi dire, afin d'être, de rester debout, est une des grandes émotions que procurent les poèmes de Peter Gizzi.
Nombre de pages
110
Date de parution
24/11/2022
Poids
144g
Largeur
134mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782714312778
Titre
Et maintenant le noir
Auteur
Gizzi Peter ; Bouquet Stéphane
Editeur
CORTI
Largeur
134
Poids
144
Date de parution
20221124
Nombre de pages
110,00 €
Disponibilité
Sur commande en 2-4 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
L'Externationale est le quatrième livre du poète américain contemporain Peter Gizzi (né en 1959), et le premier à être traduit en français. D'abord remarqué outre-Atlantique pour son édition de l'?uvre de Jack Spicer, son premier recueil est accueilli par Robert Creeley comme un " livre novateur non seulement pour le lecteur, mais aussi pour l'écrivain et pour l'art. " " Le lyrisme inquiet de Peter Gizzi ne ressemble à aucun autre - le bruissement très intime d'un rideau quotidien se levant sur une catastrophe extérieure. Son phrasé peut déchirer le c?ur, son ?il réfracter la lumière ordinaire en visions pénétrantes" Adrienne Rich.
Né en 1959 dans le Michigan, Peter Gizzi est l'auteur de plusieurs recueils de poèmes dont le tout dernier (Archeophonics, 2016) fut finaliste pour le prestigieux National Book Award. De son travail, il dit ceci : "Je crois que je suis un poète narratif. Je raconte juste mon étonnement de citoyen devant ce monde". Gizzi dit aussi qu'il est désireux d'écrire à la frontière du connu quand on ne connait encore ni la structure du temps qui vient, et quels méandres seront ceux de l'histoire, ni la structure des choses qui sont, et les mystères de la physique. Chaque de ses livres est un voyage étonné au delà des frontières du monde identifié. Le recueil ici traduit, son avant-dernier, daté de 2011 s'intitule Chansons du seuil, précisément pour cette raison : ce sont des poèmes écrits sur le seuil entre les vivants et les morts, entre le présent et les souvenirs, entre le connu et l'inconnu, entre le savoir et les sensations. Ils sont à la fois tournés vers les disparus (notamment les morts familiers, mère, père, frère) et vers ce qui n'est pas encore apparu. Le présent pour Peter Gizzi et il écrit ses poèmes au présent est vraiment cette tension ou plutôt cet équilibre : une façon d'avoir deux visages, l'un vers le passé, l'autre vers le futur. Une dernière chose. Si Chansons du seuil s'appelle Chansons, c'est que Gizzi tient au lyrisme, mais à un lyrisme réinventé. Ces poèmes ne sont pas de ceux qu'on chante à haute voix ils sont plutôt de petits refrains qu'on murmure, des vers qui chantonnent selon les rythmes d'une mélodie à la fois douce et triste.
Ici il y a de petits animaux fourrageant et satisfaits Peut-être est-ce comme ça que cela s'appelle peut-être l'amour est-il un petit annal fourrageant entièrement satisfais quand sa bouche ici quand la fourmi et le soleil et la toison C'est une drôle de vue la lueur du soleil et de la toison et une bouche affairée à la nature une bouche affairée à se faire fleurir une beauté à fleurir la bouche.
Elégies imaginaires" regroupe les poésies complètes de Jack Spicer, traduites ou retraduites par Eric Suchère. Cette édition reprend donc tous les poèmes précédemment traduits et publiés de l'auteur américain (et actuellement tous indisponibles) et y ajoute un bon tiers d'inédits. En guise de postface figure également une des dernières conférences données par l'auteur à Berkeley un mois avant sa mort. Celle-ci, introduite par Peter Gizzi, permet d'éclairer remarquablement la particularité de l'oeuvre du poète américain et son originalité, encore aujourd'hui. Cette édition est complétée d'une brève préface, d'un index complet, d'une courte biographie, d'une bibliographie en anglais et une autre en français. Cette édition clôt donc le travail de traductions de ses oeuvres entamé il y a maintenant près de vingt ans. Cela alors même que plus rien de Jack Spicer n'était plus disponible.
« Dans le vol onirique, si nous revenons au sol, une impulsion nouvelle nous rend aussitôt notre liberté aérienne. Nous n'avons à cet égard aucune anxiété. Nous le sentons bien, une force est en nous et nous connaissons le secret qui la déclenche. Le retour vers la terre n'est pas une chute, car nous avons la certitude de l'élasticité. Tout rêveur du vol onirique possède cette connaissance de l'élasticité. Il a aussi l'impression du bond pur, sans finalité, sans but à atteindre. En revenant vers la terre, le rêveur, nouvel Antée, retrouve une énergie facile, certaine, enivrante. » (Gaston Bachelard)
« Si le regard des choses est un peu doux, un peu grave, un peu pensif, c'est un regard de l'eau. L'examen de l'imagination nous conduit à ce paradoxe : dans l'imagination de la vision généralisée, l'eau joue un rôle inattendu. L??il véritable de la terre, c'est l'eau. Dans nos yeux, c'est l'eau qui rêve. Nos yeux ne sont-ils pas ?cette flaque inexplorée de lumière liquide que Dieu a mise au fond de nous-mêmes? ? Dans la nature, c'est encore l'eau qui voit, c'est encore l'eau qui rêve. » (Gaston Bachelard)
Chaque grand écrivain, disait Marcel Proust, écrit dans une langue étrangère. Dans la postérité du Texte inconnu (Editions de Minuit, 1948) et de L'Observance du Même, (Puyraimond, 1978), Michel Fardoulis-Lagrange poursuit avec L'Inachèvement, une expérience de la factualité ontologique du Logos menant à l'évidence sensible autant qu'à l'abstraction, au sens kandinskien. Il y a dans cette oeuvre en suspens indéfini, ouverte à maint éclairage ainsi qu'aux ombres de l'élucidation, un enjeu insondable : quand le Neutre, signe troué de l'être, appelle l'effacement de la lumière du grand midi à travers les hauts faits de l'apparence en son clair-obscur légendaire. Hubert Haddad.
À la suite d'un chagrin d'amour, Aldo se fait affecter par le gouvernement de la principauté d'Orsenna dans une forteresse sur le front des Syrtes. Il est là pour observer l'ennemi de toujours, replié sur le rivage d'en face, le Farghestan. Aldo rêve de franchir la frontière, y parvient, aidé par une patricienne, Vanessa Aldobrandi dont la famille est liée au pays ennemi. Cette aide inattendue provoquera les hostilités... Dans ce paysage de torpeur, fin d'un monde où des ennemis imaginaires se massacrent, le temps et le lieu de l'histoire restent délibérément incertains dans un récit à la première personne qui semble se situer après la chute d'Orsenna. Julien Gracq entraîne son lecteur dans un univers intemporel qui réinvente l'Histoire et donne lieu à une écriture qui s'impose avec majesté, s'enflamme au contact de l'imagination. Pour Le Rivage des Syrtes Julien Gracq obtint en 1951 le prix Goncourt, qu'il refusa.