Qu'est-ce qui se dissimule sous le seuil ? Réalités nichées dans les interstices, vies minuscules qui se tiennent à côté de nous, imperceptibles et silencieuses. Nuisibles, envahisseurs, Jean-Louis Giovannoni explore l'espace de nos rejets en une succession de tableaux où la vie des insectes et celle des hommes sont posées sur un même plan. Il se déploie une vision superfocalisée de nos mondes intérieurs, qui fourmillent de ce qu'on refuse de voir, par dégoût ou par peur d'une vermine, de la lente décomposition du temps qui passe. Dans cette dilution de l'identité, où toutes vies ont même valeur, depuis l'araignée qui tisse sa toile à la blatte qui pond ses oeufs, en passant par les coïts juxtaposés de jeunes adolescents et de mantes religieuses, le texte peu à peu déplace de façon bouleversante notre rapport aux limites de notre incarnation. Nos gestes n'ont pas plus de sens au final que celui de ces nuisibles qui semblent agir par pur instinct, et leur violence, leur rapport à la mort, peut-être plus doux que le nôtre, ne se débarrasse pourtant jamais de la cruauté. Dans ce récit polyphonique, Jean-Louis Giovannoni déplie notre conscience du vivant, développe le tableau sans morale d'existences multipliées.
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Date de parution
13/04/2016
Poids
260g
Largeur
151mm
Plus d'informations
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EAN
9782877041676
Titre
Sous le seuil
Auteur
Giovannoni Jean-Louis
Editeur
UNES
Largeur
151
Poids
260
Date de parution
20160413
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Lit trop vaste visage contre le drap mes frères emmurés la salive mouille les vêtements prennent l'airles lèvres c'est le retour on démâte le grand corps blanc
L'écriture de Jean-Louis Giovannoni accompagne depuis toujours le parcours d'artistes plasticiens. Son oeuvre y trouve une aspiration, un mouvement d'envol à contrepied de la solitude habituelle de l'auteur. Il s'agit ici de tenter une greffe, de peindre avec des mots un langage commun ; dans le geste de l'autre interroger ce qui en soi s'agite et se lève. Issue de retour rassemble des textes écrits entre 1993 et 2013, composés pour des artistes tels que Gilbert Pastor, Yves Berger, Stéphanie Ferrat, Marc Trivier, Vincent Verdeguer... artistes compagnons de parcours de l'auteur dont l'exigence de la démarche et la variété souligne l'extraordinaire attention et sensibilité que porte Jean-Louis Giovannoni pour les mouvements artistiques de son temps. Livre de passerelles donc, et livre de la création, de la venue au monde et de la venue au langage, Issue de retour, qui s'ouvre sur un texte magistral, Chantonner contre la peur, véritable genèse de la naissance à la poésie, embrasse le parcours d'un des poètes les plus précis et important de notre temps.
Parue en 1983, l'édition courante de Les mots sont des vêtements endormis comprenait 299 exemplaires, ce tirage fut épuisé en quelques semaines. Impossible depuis lors de se procurer ce texte, véritable cri tombé au fond de soi, enveloppé dans le silence, il touche à cette peur commune qui circule entre les êtres. A cette violence muette. La difficulté de s'ajuster au monde est le coeur battant du livre. Jamais Jean-Louis Giovannoni n'aura autant écrit depuis l'intérieur. Son texte porte en lui ce vêtement de mélancolie dont on ne peut se défaire, ce vêtement de mots, qui dans la tourmente et l'impossibilité du monde, vous colle à la peau. Lire Les mots sont des vêtement endormis, écrit par celui qui a su voir son visage, qui a su tenir face à son propre visage, lire ce livre c'est comprendre, malgré tout, que l'on ne pourra plus se débarrasser de soi. Comme l'écrivait Pierre Drachline dans le journal Le Monde lors de la parution du livre "On ne sort pas indemne d'une pareille lecture, où chaque sentence résonne comme une paire de claques". Nous republions ici le texte original de 1983, accompagné de 41 fragments inédits qui n'avaient pas été retenus à l'époque - faute de place. Une postface de l'auteur retrace le parcours de cet ouvrage qui occupe une place si particulière dans l'écriture de Jean-Louis Giovannoni, dont il fut un tournant.
Un homme se met en route pour un lieu qu'il ne connaît pas. Un autre revient. Un homme arrive dans un lieu sans nom, sans indication pour lui dire où il est. Un autre décide de revenir. Un homme écrit des lettres de nulle part, depuis l'espace blanc qui s'est ouvert dans son esprit. Les lettres n'arrivent pas à destination. Les lettres ne sont jamais envoyées.