La milice française se voulait une chevalerie porteuse de force et de renouveau. Elle devint une phalange maudite. Souvent évoquée, mais peu étudiée, mal connue (la seule Histoire de la Milice, celle de Delperrié de Bayac, est parue il y a trente ans), la milice a fini par être considérée comme une sorte de Gestapo française au service de l'ennemi, comme un ramassis de pillards et d'assassins vaguement coloré de blanc par la présence en son sein de quelques hobereaux du Centre et du Sud-Ouest. La milice, plus complexe qu'il n'y paraît, est un témoignage extrême des ravages qu'ont pu exercer sur des hommes d'action, patriotes mais bardés d'?illères, d'abord un " maréchalisme " exacerbé et la phobie de la République, ensuite un anticommunisme obsessionnel et enfin les prédications des ultra-collaborationnistes. Pierre Giolitto explique le fatal engrenage qui, à partir de la débonnaire Légion via le Service d'Ordre Légionnaire (SOL), a conduit en janvier 1943 à la naissance de la milice, sous l'impulsion de Joseph Darnand, héros légendaire de 14-18 et de 39-40, son fondateur, son patron et son âme, qui trouvait Vichy trop faible et trop composite. Elle se lança avec conviction, et bientôt avec une violence aiguisée par les attentats dont ses membres étaient victimes alors qu'elle n'était pas armée (elle ne le sera qu'à partir de novembre 1943), dans la lutte contre tous ceux qui, à ses yeux, étaient des suppôts de la démocratie et des alliés objectifs du bolchevisme : les maquisards et les " judéo-saxons ". Enfermés dans la certitude que la défaite de l'Allemagne déboucherait sur une France communiste dans une Europe dominée par Moscou, la milice devint inéluctablement l'alliée de l'occupant. Ses effectifs étaient restreints (guère plus de 8000 hommes armés) mais, privilégiée par la nomination de son chef, en décembre 1943, comme secrétaire général du maintien de l'ordre (on parla d' " Etat milicien "), elle écrira en sept mois de 1944 les pages noires qui lui vaudront et lui valent encore de se voir attribuer tous les crimes, y compris ceux des autres. Enfermés dans un sombre isolement, soldats-policiers d'une cause perdue, mélange d'hommes de foi et d'hommes de main, les miliciens allèrent jusqu'au bout de leur dévoiement.
Nombre de pages
574
Date de parution
20/02/1997
Poids
714g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782262012502
Titre
Histoire de la milice
Auteur
Giolitto Pierre
Editeur
PERRIN
Largeur
155
Poids
714
Date de parution
19970220
Nombre de pages
574,00 €
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Henri Frenay (1905-1988) eut une carrière peu commune. Figure emblématique de cette Résistance " intérieure ", qu 'il avait créée dès l'été 40, et devait opposer à sa rivale, née à Londres sous les auspices du général de Gaulle, il a été par la suite ministre de ce même général, avant de s'engager, avec l'impétuosité du militaire et la fougue du militant, dans un ultime combat, pacifique celui-là, en faveur d'une organisation fédérale de l'Europe. Le projet de constitution européenne actuellement en débat ne devrait pas faire oublier que Frenay fut le précurseur de cette Europe politiquement unie qu'on te Personnage d'une ampleur sans pareille, mais complexe et secret, donc difficile à saisir, Henri Frenay a été avant tout un rebelle. Rebelle à sa famille, droitière et pétainiste, que ce partisan d'un socialisme humaniste emprunté à Emmanuel Mounier, rejeta sous l'influence de celle qui fut son inspiratrice, sa collaboratrice et son amie, Berty Albrecht. Rebelle aux Allemands et à Vichy, contre lesquels il est entré en résistance, avant même d'avoir entendu l'Appel du 18 juin. Rebelle au Général de Gaulle enfin, qui avait envoyé Jean Moulin opérer, en son nom, une véritable " OPA " sur la Résistance métropolitaine, puis à nouveau, lorsque ce même général, devenu maître de la France après la Libération, s'opposa à la CED, farouchement défendue par Frenay qui y voyait une amorce de l'Europe unie dont il rêvait. Ajoutons tout aussitôt que, bien que s'étant opposé politiquement à lui, Henri Frenay a toujours porté une admiration sans borne à celui qui avait donné une voix - et quelle voix ! - à la Résistance. Nul doute que cette insoumission délibérée, jointe à son caractère épineux, n'aient conduit l'Histoire, en dépit de l'œuvre accomplie au service de la France, à se détourner de Henri Frenay, oubliant que ce grand capitaine avait contribué, tout au long des heures tragiques de l'Occupation, à redonner une âme à la France.
Malgré les aléas de notre histoire, l'école s'est lentement construite, affirmée comme une nécessité au cours des siècles. Résistance des mentalités, problèmes financiers, religieux et politiques, tâtonnements pédagogiques, accompagnent depuis toujours son développement. Et Jean-Baptiste de La Salle, Condorcet, Guizot, Duruy, Ferry sont autant de jalons remarquables de cette évolution qui aboutit aux fameux " hussards noirs " de la République, puis à l'école telle que nous la connaissons aujourd'hui. Dans cet ouvrage précis et complet, Pierre Giolitto étudie les événements marquants, les idéaux et les enjeux et toutes les grandes querelles que suscita l'école. Pour chaque époque, il s'attache à décrire, dans son cadre le plus concret, la vie quotidienne des maîtres et des écoliers et s'interroge sur les finalités profondes de l'institution scolaire alors établie. Cette étude constitue ainsi l'outil de réflexion indispensable pour tous ceux qui sont soucieux de mieux comprendre l'école - les passions qu'elle déclenche, les espoirs qu'elle soulève - non seulement dans son passé, mais aussi dans son existence et son dynamisme actuels.
Résumé : Entre septembre 1941 et septembre 1944, quelque 30 000 Français se sont volontairement engagés pour combattre au sein de l'armée allemande. C'est l'extraordinaire aventure de ces hommes qui iront jusqu'au bout de leur choix, malgré la réprobation de leurs compatriotes, que ce livre raconte. Il retrace les combats meurtriers et sans espoir auxquels se sont livrés, sous l'uniforme feldgrau, sur le front de l'Est, les membres de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF), de la Sturmbrigade SS " Frankreich " et de la Division SS " Charlemagne ". Sans négliger pour autant de s'intéresser à ces entreprises avortées qu'ont été la Légion tricolore et la Phalange africaine. L'auteur s'interroge sur les motivations de ces étranges soldats qui croyaient servir leur patrie en se battant aux côtés de ceux qui l'occupaient. Si la lutte contre le bolchevisme et l'aspiration à un nouvel ordre européen ont été les mobiles de la plupart d'entre eux, d'autres se sont engagés sous des influences ou des impulsions diverses. Ce livre se préoccupe également de faire revivre le quotidien - le plus souvent tragique - des volontaires français, perdus au c?ur d'un pays lointain et hostile, affrontés au froid polaire du grand hiver russe, minés par la dysenterie, couverts de vermine, en proie au harcèlement des partisans et, enfin, à l'écrasante progression des Soviétiques. Et l'auteur d'évoquer l'insupportable sentiment de solitude et d'abandon qui gagne parfois ces Français bientôt décimés en Poméranie, mais aussi l'orgueil désespéré d'être seuls contre tous, les derniers défenseurs d'une cause perdue, comme le seront ces 250 SS Français qui se battront encore dans Berlin le 1er mai 1945, tout près du bunker où Hitler venait de se suicider.
Résumé : Dominée par la citadelle historique du Vercors, Grenoble s'est vu attribuer par la BBC le titre de "capitale du Maquis", tandis que de Gaulle la faisait "Compagnon de la Libération". Or, située en zone libre, Grenoble est, entre 1940 et 1942, ardemment pétainiste, ce qui la conduit à faire un triomphe au vieux Maréchal lorsqu'il lui rend visite en mars 1941. Mais les choses changent avec l'invasion de la zone Sud. Si l'occupation italienne, de novembre 1942 à septembre 1943, est relativement "douce", les Alpini ayant de nombreux parents ou amis dans la très "italienne" capitale des Alpes, l'occupation allemande, à partir de septembre 1943, provoque des affrontements sanglants entre la Gestapo, accompagnée de ses sbires français, et les Groupes Francs. D'innombrables bombes éclatent chez les collaborateurs. Des exécutions sommaires ont lieu, de part et d'autre, tandis que le Polygone d'artillerie saute et que se déroulent la tristement célèbre "Saint-Barthélemy des patriotes grenoblois", puis les "nuits rouges de Grenoble". Grâce à l'arrivée des Américains, débarqués en Provence le 15 août 1944, et à la présence des maquis qui leur ouvrent la route et cernent la ville, Grenoble est libérée sans combat, les Allemands ayant jugé prudent de déguerpir. Par-delà le récit de la miniguerre civile qui ensanglante la ville, ce livre montre la manière dont les Grenoblois ont vécu au quotidien ces " années noires " de l'occupation. C'est ainsi que sont largement évoqués, à l'aide de documents d'archives et d'articles de la presse locale, les contraintes en matière de circulation, de loisirs et surtout de ravitaillement qui leur sont imposées. Faisant alterner le récit des événements et les larges vues d'ensemble, cet ouvrage représente la première synthèse, certes érudite, mais néanmoins claire et vivante, concernant un sujet dont l'intérêt dépasse largement le cadre régional.
Une histoire du pouvoir à travers ses plus illustres cérémonies. " Cette cérémonie toujours la même et pourtant si diverse par l'histoire, les temps, les idées, les moeurs, les usages et les coutumes ". (Chateaubriand) En 2023, plus de deux milliards de personnes ont assisté en direct au sacre de Charles III dans l'abbaye de Westminster, ce rituel venu du fond des âges et continuant de passionner les foules du monde entier. Depuis des siècles, de nombreux ouvrages se sont interrogés sur ces cérémonies majeures où un nouveau monarque reçoit l'onction de l'huile sainte en même temps que la couronne. Le sacre des rois de France à Reims compte parmi les plus célèbres, Marc Bloch ayant notamment montré comment la tradition capétienne avait inspiré par la suite les monarques anglais. Cet ouvrage collectif poursuit précisément la même ambition, et vise à étudier les sacres européens comme une tradition politique, en revenant sur des cérémonies marquantes, des usages disparus ou au contraire toujours vivaces. En dix-sept chapitres enlevés sont ainsi évoqués les sacres des rois de France au Moyen Age et à la Renaissance, ceux des empereurs carolingiens et ottoniens, des rois de Suède, des empereurs romains germaniques, des tsars de Russie et bien entendu des rois d'Angleterre. De manière plus ciblée, l'ouvrage revient sur des cas particuliers, comme Charles VII, Henri IV, Marie de Médicis, Louis XIV, Napoléon et Charles X, avant d'évoquer l'invention de rites de substitution qui forment la mémoire posthume des sacres. A travers ce lien puissant entre le politique et le sacré, l'ouvrage souligne ainsi de manière frappante le besoin de ritualisation inhérent à tout pouvoir, car il est au fondement même de la perpétuelle quête de légitimité des dirigeants. Sous la plume experte d'un collectif d'auteurs associant figures montantes de l'histoire et personnalités reconnues (Jean-Christian Petitfils, Philip Mansel, Maxence Hermant, Gérard Sabatier, Nicolas Dujin, Thierry Lentz), ce Grand livre des sacres offrira la première synthèse accessible au grand public, prenant en compte les avancées les plus récentes de la recherche tout en s'appuyant sur un corpus considérable de témoignages et d'archives inédites.