Qu'est-ce que l'identité noire ? Contre ceux qui en défendent une conception ethniciste ou nationaliste, ou qui cherchent avant tout à en préserver l'authenticité, Paul Gilroy montre comment cette identité complexe, nourrie d'une diversité irréductible, repose sur l'existence d'un espace transnational en constante transformation, qui n'est pas spécifiquement africain, américain, caribéen ou britannique, mais tout cela à la fois : l'Atlantique noir. L'objet de ce livre est de donner à voir l'existence de cet espace constitué dès le XVIIe siècle à travers l'histoire de la traite négrière, de retracer ce réseau serré de relations, d'échanges à multiples sens, d'idées, d'hommes et de productions culturelles. Au fil de pages peuplées par les figures les plus hétéroclites, de Spike Lee à Walter Benjamin en passant par les Jubilee Singers, Richard Wright, W. E. B. Du Bois, Jimi Hendrix, Wynton Marsalis et Hegel, l'espace et le temps singuliers de l'Atlantique noir prennent forme et consistance de façon saisissante. La musique, mode d'expression de prédilection d'une culture enracinée dans l'expérience des terreurs indicibles de l'esclavage, avec ses usages et ses allers-retours inattendus d'un bord à l'autre de l'Atlantique, joue ici un rôle de premier plan. Le retour sur l'esclavage et son caractère intrinsèquement moderne, opéré dans les oeuvres de nombreux écrivains noirs, ouvre par ailleurs à une relecture critique de la modernité, d'une portée universelle, au même titre que la critique des conceptions figées et réductrices de l'identité.
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Nombre de pages
333
Date de parution
17/04/2010
Poids
416g
Largeur
140mm
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EAN
9782354800338
Titre
L'Atlantique noir. Modernité et double conscience
Auteur
Gilroy Paul ; Nordmann Charlotte
Editeur
AMSTERDAM
Largeur
140
Poids
416
Date de parution
20100417
Nombre de pages
333,00 €
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Dans cet essai au verbe acéré, Paul Gilroy dénonce la pathologie néo-impérialiste des politiques mises en oeuvre dans les pays occidentaux, sclérosées par les débats sur l'immigration, et propose en retour un modèle de société basé sur un multiculturalisme renouvelé. De la création du concept de "race" à la formation des grands empires coloniaux, le sociologue britannique soulève quelques grandes questions de notre siècle, et vise à former une réelle alternative aux récits édulcorés et "whitewashés" de notre passé colonial. En choisissant de valoriser la convivialité et le cosmopolitanisme ordinaire et indiscipliné des centres urbains des grandes métropoles, Paul Gilroy embrasse une vision cosmopolite inclusive, croit en l'avènement d'une société "au-delà du racisme" et défend un modèle de société multiculturel, qui refuse de céder aux discours de la peur et à la violence. Il examine l'invention de catégories hiérarchisantes basées sur la notion de race, et les terribles conséquences que celle-ci eut, telle que le colonialisme et le fascisme, et démontre comment les écrits de penseurs tels que Frantz Fanon, W. E. B. Du Bois ou Georges Orwell peuvent aujourd'hui encore faire avancer les débats sur le nationalisme, le postcolonialisme et les questions raciales. Cette première traduction de Mélancolie post-coloniale sera accompagnée d'une préface inédite de l'auteur, apportant un regard contemporain sur les enjeux traités par le livre et faire écho aux luttes post-coloniales d'aujourd'hui, en recherche d'une pensée critique exigeante.
Cet ouvrage, dont la première édition est parue en 1993, s'est rapidement imposé comme une référence incontournable. L'approche développée par Paul Gilroy permet de renouveler en profondeur la manière de penser l'histoire culturelle de la diaspora africaine, résultat de la traite et de l'esclavage. Contre les visions nationalistes et les tenants d'un absolutisme ethnique, l'auteur montre qu'il existe une culture hybride, qui n'est ni africaine, ni américaine, ni caribéenne, ni britannique, mais tout cela à la fois : l'Atlantique noir. L'objet du livre est donc de donner à voir cet espace qui commence à se constituer dès le XVIIe siècle à travers l'histoire de la traite négrière, de retracer ce réseau de relations, d'échanges d'idées, de personnes et de productions culturelles. Au fil de ces pages où l'on croise des figures allant de Spike Lee à T. W. Adorno, en passant par les Jubilee Singers, Richard Wright, W.E.B. Du Bois, Jimi Hendrix, Wynton Marsalis ou encore Hegel, l'espace et le temps singuliers de l'Atlantique noir prennent forme et consistance de façon saisissante. La musique, mode d'expression privilégié d'une culture enracinée dans l'expérience des terreurs indicibles de l'esclavage, avec ses usages et ses circulations inattendus d'un bord à l'autre de l'Atlantique, joue un rôle de premier plan dans la création de cette "contre-culture de la modernité" relevant autant de la réalité que de l'utopie.
Gilroy Anne ; MacPherson Brian ; Wikenheiser Jamie
L'Atlas d'anatomie est un ouvrage concis destiné aux étudiants en médecine ainsi qu'aux praticiens chevronnés. Les dessins - plus de 2 000 illustrations dont 120 nouvelles - ont été sélectionnés pour être les plus instructifs et les plus représentatifs des approches actuelles des dissections. Des diagrammes clés, des résumés sous forme de tableaux, des dizaines d'images radiographiques et des corrélations cliniques importantes sont présents pour faciliter la compréhension. Dans chaque région, les différentes structures anatomiques sont étudiées systématiquement et sont suivies d'images topographiques interconnectant les systèmes au sein de la région. Cette quatrième édition a été mise à jour et enrichie notamment par : l'ajout, pour la région anatomique de la tête et du cou, de coupes plaçant l'anatomie du cou avant celle de la tête ; des images et des tableaux supplémentaires détaillent l'anatomie difficile de la cavité péritonéale, de la région inguinale et des fosses infratemporales et ptérygo-palatines ; près de 30 nouveaux encadrés cliniques se concentrent sur la fonction, la pathologie, les techniques de diagnostic, la variation de l'anatomie, etc. L'Atlas d'anatomie fournit ainsi une perspective clinique de l'ensemble des structures anatomiques du corps humain. L'abondance de détails et la précision des illustrations en font l'un des ouvrages d'anatomie les plus significatifs depuis ces 50 dernières années, et permettent d'aborder l'anatomie telle qu'elle est enseignée au XXIe siècle.
Entreprises, gouvernements et médias s'emploient depuis plusieurs années à vendre un "rêve technologique" : la révolution numérique, progrès aussi inéluctable qu'indispensable. La refuser serait passer à côté de l'histoire. Ainsi cherchent-ils à rendre l'intelligence artificielle acceptable par le grand public, en prenant soin d'occulter ses effets délétères. Dans un précieux exercice de démystification, J. S. Carbonell montre que ces discours apologétiques servent d'abord les intérêts du patronat. Au lieu de se demander si elle va tout changer, et même si elle va remplacer les travailleurs humains, il faut la replacer dans l'histoire longue des transformations de l'organisation du travail. Car, bien que l'IA présente des enjeux spécifiques, c'est aussi une technologie comme une autre. De ce point de vue, son utilisation représente une intensification de la logique tayloriste née voici plus d'un siècle dans les usines d'Henry Ford : le travail est décomposé en une série de tâches, la conception séparée de l'exécution. Le déploiement d'un management algorithmique (l'organisation du travail et la gestion du personnel par des algorithmes) a pour but principal de renforcer le contrôle et la surveillance de la main-d'oeuvre. Voilà à quoi ce livre se veut une invitation à résister.
L'ouvrage entend mettre en lumière les défis réels - et non fantasmés - auxquels est confrontée la gauche dans son rapport aux classes populaires aujourd'hui, montrant par là même qu'il n'y a rien d'irrémédiable aux difficultés présentées. La fragmentation des classes populaires n'est pas indépassable, à condition de ne pas partir d'une vision réductrice ou passéiste de ces milieux, mais plutôt de leur réalité matérielle et de l'actualité observée de leurs aspirations et mobilisations.
Sellier Geneviève ; Chollet Mona ; Lacurie Occitan
Au tournant des années 1960, la Nouvelle Vague inaugure une nouvelle façon de faire du cinéma : libération de la mise en scène, réalisme des dialogues, attention portée au montage... Ce mouvement se distingue en outre par sa critique politique de la société de consommation et des normes morales bourgeoises. La critique a toutefois une limite, et de taille : elle évacue presque complètement les aspirations des femmes, nouvelles actrices de la culture de masse. Les créateurs sont majoritairement des figures masculines, et les représentations qu'ils véhiculent empreintes de stéréotypes, quand elles ne tendent pas à invisibiliser les femmes ou, pire, à associer leur émancipation à une régression politique. C'est donc avec une vision monolithique et glorifiante de la Nouvelle Vague que Geneviève Sellier nous invite à rompre. Décentrant la figure de l'auteur, articulant l'analyse des films avec leur contexte de production et de réception, elle nous raconte les transformations des rapports de sexe, et la lutte toujours en cours des femmes pour asseoir leur légitimité en tant que créatrices à part entière.