L'espace public, c'est la chance que l'on donne aux possibilités de rencontres, de reconnaissances, d'interpellations, de conflits, éventuellement, mais aussi de constructions collectives, de transactions ou de régulations faute desquelles se développent simultanément enfermement tribal ou individuel et scénarios de violence symbolique ou réelle. C'est l'occasion de constructions dialogiques exprimant à la fois la complexité et la richesse des rapports sociaux contemporains. Les sociologues ont un rôle à jouer dans l'identification - quand elles existent déjà, ce qui est souvent le cas alors qu'on ne sait pas les voir -, la construction, la préservation et l'activation de ces opportunités de tissage des liens sociaux adaptées aux enjeux de nos sociétés. Ils doivent, dans ce dessein, abandonner les points de vue surplombants, s'impliquer fortement dans le champ social et opter pour des postures d'intervention pour aider à formaliser, conforter et amplifier les intelligences du social. Pour donner une idée des enjeux d'une nouvelle identification des objets et méthodes de la sociologie, Yves Gilbert passe d'abord en revue trois dimensions de la société, telles qu'il les a explorées au travers de ses travaux de recherche et dont les articulations prennent toute leur place dans l'espace public. C'est d'abord la dimension imaginaire des rapports sociaux et son rôle dans la construction des logiques d'action. C'est ensuite leur dimension politique, notamment au travers des processus de la formation des décisions publiques ou collectives. C'est, enfin, leur dimension spatiale, faisant apparaître les interactions entre espaces et sociétés.
Nombre de pages
294
Date de parution
07/05/2009
Poids
539g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782354120443
Titre
Espace public et sociologie d'intervention
Auteur
Gilbert Yves
Editeur
PU PERPIGNAN
Largeur
160
Poids
539
Date de parution
20090507
Nombre de pages
294,00 €
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Les auteurs démontrent comment le développement social, qui passe par les diverses postures de l'intervention sociale et les différents modèles de l'action publique, rencontre aujourd'hui l'approfondissement des logiques du capitalisme (ce qui nous maintient dans la modernité), tout autant que l'hétérogénéisation et la complexification des rapports sociaux. Ils constatent les tendances à l'atomisation ou l'individualisation des comportements sociaux, mais ils constatent aussi les désirs croissants de participation des individus aux prises de décision collectives; les désirs de tisser de nouveaux liens répondant aux transformations des contextes économiques, sociaux et spatiaux. Ils s'interrogent sur les enjeux et les outils de ces adaptations, voire sur la façon d'infléchir les transformations elles-mêmes, et sur les conditions d'émergence d'acteurs sociaux forts de leurs capacités et de leur légitimité de "sujets-acteurs", pour reprendre l'expression d'Alain Touraine, ou d'" acteurs-réseaux", pour reprendre celle de Bruno Latour. Ils s'interrogent, dans ces perspectives, sur le sens de l'intervention sociale ou de la sociologie d'intervention. Cet ouvrage fait suite à la tenue d'une journée d'étude en novembre 2006 à l'Université de Perpignan Via Domitia sur le thème: "Transformations et confrontations; enjeux sociaux et rôle des acteurs", avec le soutien du Conseil Régional du Languedoc-Roussillon et de la Mairie de Perpignan.
L'intervention sociale pourrait être entendue comme la mise en oeuvre de dispositifs ou d'outils visant à réduire telle ou telle vulnérabilité. Des politiques publiques, après qu'auraient été établis des diagnostics sur la foi de diverses expertises, identifieraient des actions, en fixeraient le périmètre, les bénéficiaires et les intensités et ordonneraient aux intervenants sociaux l'application des règles ainsi définies. Normée, régulée, évaluée, l'intervention sociale fonctionnerait alors comme un cercle vertueux et permettrait la réduction des vulnérabilités, des désaffiliations, des discriminations, des souffrances... Il n'en est rien. La propension à décréter d'en haut ce qui est bon pour les plus fragiles et les plus malheureux et à leur faire le don d'une assistance ne résout pas leurs problèmes et, pire encore, tend à les enfermer dans les catégories le plus souvent construites en considérant la faisabilité des dispositifs et non la réalité des vulnérabilités; en partant des cultures et des représentations de leurs auteurs et non des problèmes à résoudre. Elle favorise aussi l'enfermement des praticiens dans des routines et des culturalocentrismes professionnels ou institutionnels qui rigidifient l'action et la rendent inefficace. Le laboratoire de recherche en intervention de l'Université de Perpignan Via Domitia, soumet la question de l'intervention sociale à la réflexion. Sa pratique de recherche consiste à construire, au travers d'un séminaire régulier, un espace commun entre chercheurs, formateurs en travail social et sanitaire, étudiants en doctorat et en master et praticiens de ces champs. En 2009/2010, ce séminaire a porté sur la question de l'implication en intervention sociale. L'implication des praticiens, celle des institutions, celle des chercheurs, celle des acteurs (bénéficiaires, usagers, destinataires), ont été considérées comme autant de prérequis pour de véritables transformations sociales. Mais, alors que les termes d'implication et de participation, largement phagocytés par les métalangages professionnels, annoncent souvent l'apparition tonitruante de nouvelles ingénieries et de nouvelles expertises, de nouveaux outillages et de nouveaux "mécaniciens", il nous semble que tout l'enjeu de l'intervention sociale réside, au contraire, dans l'accompagnement discret de la surrection de l'acteur. Ce livre rend compte de ces réflexions croisées. Au-delà des doutes et des critiques que les auteurs sont conduits à formuler, il ouvre des perspectives sur les modalités des implications réciproques permettant à l'intervention sociale d'être un outil vraisemblable de transformation du monde.
Ce livre reprend et actualise les principales théories du lien social. Trois axes sont privilégiés : l'émergence de nouveaux liens sociaux en rapport avec les mutations économiques dans les milieux ruraux du sud de la France, la construction de formes identitaires dans la cadre de la mobilité géographique, l'émergence d'acteurs et de formes de liens, parfois "liens sociaux d'urgence", lorsque les Etats n'assurent pas ou plus de cohésion (mouvement zapatiste au Mexique, gangs dans les quartiers défavorisés de Caracas).