Déjeuner à l'Élysée«Bienheureux les fêlés, car ils laisseront passer la lumière.»Michel AudiardIl y a des jours où, sous l'effet de la canicule, le monde se liquéfie, les chemises et les caleçons vous collent à la peau, les pieds à demi cuits clapotent dans les chaussures mouillées, comme des sardines dans leur huile.Ces jours-là, je pue. Tout le monde pue, mais j'ai toujours le sentiment de puer davantage que les autres, obsédé que je suis par l'odeur de mes dessous de bras, une odeur d'orange pourrie qui aurait macéré dans une flaque d'urine. Elle me donne envie de disparaître.Le 1er juillet 2011 était un jour comme ça, à partir à la mer ou à se jeter dans la Seine. Nicolas Sarkozy m'avait invité à déjeuner à l'Élysée avec son conseiller Jean-Michel Goudard. Il ne faut jamais voir Sarkozy seul. C'est le genre de personnage qu'on ne rencontre pas sans témoin. Sinon, il risque de vous prêter, par la suite, des propos que vous n'avez pas tenus et qui vous saliront.Avec lui, je n'accepte donc de déjeuner qu'en compagnie de Jean-Michel Goudard, un vieil ami qui avait fait la campagne de Jacques Chirac en 1995 avant de lui tirer sa révérence après l'élection. Ex-roi de la pub mondiale, ancien pilier du Crazy Horse, c'est un personnage solaire, perpétuellement habité par cette euphorie propre aux grands désespérés, qui aime Sarkozy d'un amour vrai, comme les parents peuvent aimer leurs enfants tyranniques et surdoués. Ce septuagénaire est le communicant en chef de l'Élysée où il est bénévole. Il souffre d'une maladie auto-immune, le pemphigus, qui provoque des lésions sur la peau. J'ai peur pour lui, mais rien, jamais, ne lui fait perdre son sourire.Je me suis souvent dit que Sarkozy ne devait pas être si mauvais pour être aimé à ce point par un homme comme Goudard qui, depuis l'élection de 2007, a sans arrêt cherché à le protéger contre lui-même et sa volonté de se montrer. Si quelqu'un a eu une influence positive sur le président, c'est bien lui.Il a, de surcroît, le nez creux. Un soir, je l'avais invité à dîner avec François Hollande pour qu'il me dise ce qu'il pensait de lui. C'était en 2009, son éventuelle candidature semblait une blague. Pendant tout le repas, Jean-Michel Goudard avait soupesé la bête en professionnel, avec un oeil de maquignon, avant de laisser tomber: «Intelligence supérieure. Beaucoup de brio, de charme et de vitalité. Il y a du Chirac là-dedans, mais sans la boulimie ni les excès.Franchement, ça peut le faire.» Puis: «Il n'a qu'un problème, un seul. C'est son image de mollesse et de gentillesse. Les Français ne voteront jamais pour quelqu'un qu'ils soupçonnent d'être mou ou gentil. S'il travaille bien ça, il fera un excellent candidat.»Ce 1er juillet 2011, Goudard n'avait rien dit pendant le déjeuner à trois qui s'était déroulé sur la terrasse du palais de l'Élysée, avec vue sur le jardin où les grands arbres, figés par la chaleur, ne bougeaient pas une feuille. Quant à moi, j'avais à peine ouvert la bouche. Mais il est vrai que déjeuner avec Sarkozy consiste à l'écouter parler. Il fait les questions et les réponses.Je l'écoutais tout en pestant contre le mauvais goût culinaire du président qui croyait qu'il me ferait avaler, en plein cagnard, des carottes naines entrelardées de jambon nageant dans une sauce à la béchamel et, à en croire la couleur, au curry. Je préférais ne pas y toucher, prêt à lui répondre, au cas où il me demanderait pourquoi, que mon végétarisme m'interdisait de toucher à la viande de porc, le cochon étant, depuis mon enfance à la ferme, mon frère de coeur et de sang.
Mitterrand était meilleur et pire qu'on le croyait. Ce libertin du pouvoir s'aimait trop et se pardonnait tout. Mais il ne mentait pas tout le temps. Il ne se moquait pas de la misère du monde, ni du malheur des siens. Il était sincèrement pour l'égalité entre les hommes, plus qu'entre les sexes. Il avait la tête pleine du siècle des Lumières d'où il venait, après un crochet à la fin du XIXe, du côté de Thiers ou de Gambetta, selon les jours. Même quand les chandelles de l'Élysée se furent éteintes pour lui, il continua à tenir tête à la maladie qui crispait son sourire et alourdissait ses paupières sans jamais lui faire perdre son regard d'enfant mutin. Il était l'homme qui disait sans cesse non ; non à de Gaulle, non au PC, non à son passé, non à son cancer, non à la mort. [...] Avec lui, j'étais comme l'Hermione de Racine. Je l'aimais trop pour ne le point haïr ; je le haïssais trop pour ne le point aimer."
Nous les défenseurs de la cause animale, nous devrions frapper un grand coup pour que leurs yeux s'ouvrent enfin. Je n'aurais jamais dû dire ça. C'est sans doute ce grand coup qui m'a mené là où je me trouve en ce moment, pour mon malheur, alors que j'écris ces lignes et que les souvenirs tombent sur moi en rafales : une vieille porcherie de La Motte-du-Caire, où je vis dans le noir comme un porc à l'engrais, avec une auge pour seul horizon". Pour dénoncer le sort fait aux bêtes, un homme s'engage à subir celui d'un cochon voué à l'abattage. Suspense, conte satirique et plaidoyer rageur, Rien qu'une bête est un roman saisissant qui pourrait changer définitivement votre regard sur les animaux... et les hommes.
Pourquoi traitons-nous avec tant d'égards les animaux de compagnie, substituts de l'homme, et si mal les bêtes à manger, machines à fabriquer de la viande ? Alors que nous consommons chaque année des milliards d'animaux issus de la terre et de la mer, il est temps de descendre de notre piédestal pour les retrouver, les écouter, les comprendre. Si j'ai écrit ce livre, c'est pour tirer les leçons d'une vie passée avec les animaux qui, d'une certaine façon, sont des personnes comme les autres."
« Sur son lit de souffrances, quelques semaines avant de mourir, maman m'avait mis en garde:?Qu'est-ce que c'est bête, un homme.- Je ne comprends pas.- C'est bête, égoïste et pas fiable. Antoine, promets-moi de ne jamais te comporter comme un homme....Je me souviens que j'avais hoché la tête. Encore une promesse que je n'ai pas tenue. Je suis toujours resté à l'affût. Même quand j'étais heureux en ménage, ce qui fut souvent le cas, je continuais à chercher le très grand amour, celui qui, selon Spinoza, constitue un ?accroissement de nous-mêmes.? C'est exactement la sensation que j'éprouvais en observant la jeune fille aux cheveux d'or. Je m'accroissais. Je m'élevais aussi ».
Et si la richesse n'était pas une question de chance... mais d'état d'esprit ? Napoleon Hill, l'auteur du best-seller mondial Réfléchissez et devenez riche, révèle ici son plan en 52 étapes pour transformer vos pensées en succès concret. Chaque semaine, découvrez une clé. Chaque clé devient un levier pour penser plus clair, agir plus juste et réussir vraiment. Ce livre n'est pas une théorie de plus, c'est un déclencheur. En y consacrant seulement quelques minutes par semaine, vous activerez une force déjà présente en vous : le pouvoir de créer votre richesse et votre réussite.
Que pensent, ressentent, craignent, espèrent la majorité des Français ? Quels sont leur état d'esprit, leurs frustrations, leurs aspirations, leur regard sur notre pays et l'action de ceux qui les gouvernent ? Ces Français de la classe moyenne, le think tank de Publicis les a écoutés comme nul autre. Des milliers d'entre eux se sont exprimés régulièrement entre 2007 et aujourd'hui sur tous les sujets qui leur tenaient à coeur. Ces paroles constituent une mine d'une grande richesse. Maurice Lévy a analysé, étudié, lu, écouté cette source unique et propose une synthèse percutante et inattendue de leurs propos. Comment ont-ils traversé les crises des vingt dernières années ? Sont-ils sans illusions et rétifs à tout changement ? Qu'en est-il du déclassement ? Pour eux ? Pour la France ? Comment vivent-ils leur situation ? De quoi se nourrissent leurs colères et leurs rêves ? Ce tableau saisissant des Français s'intéresse aussi à la jeunesse et en offre un portrait loin des idées reçues. Fort de cette analyse au long cours et de son expérience de publicitaire et de chef d'entreprise, Maurice Lévy nous présente ces Français de la majorité silencieuse. A l'heure des choix, ce court livre est une invitation nécessaire à ouvrir enfin grand les yeux sur nos concitoyens et les enjeux décisifs de notre avenir. Maurice Lévy est président du Conseil de surveillance du groupe Publicis.
La Révolution française les avait émancipés : elle leur avait accordé les mêmes droits civils et politiques qu'aux autres nationaux à condition qu'ils acceptent de reléguer la pratique religieuse dans la sphère privée. Les Juifs de France jouèrent le jeu et se dévouèrent sans compter à la République, apportant leur contribution au développement de la démocratie et de la laïcité. C'est la grande époque du franco-judaïsme. Malgré les persécutions antisémites dont ils sont l'objet sous Vichy, les Juifs de France continuent, après la Libération, d'être animés par l'esprit d'intégration républicaine, en dépit de la création de l'Etat d'Israël (1948). C'est la vague des rapatriés d'Afrique du Nord, après les indépendances, qui donne la première inflexion : les nouveaux venus n'ont pas la même culture de l'intégration que les Juifs issus de l'est européen. La guerre de Six Jours (1967) marque le tournant : Israël attend des Juifs du monde entier un soutien sans faille. S'amorce alors la formation du franco-sionisme : fidélité au pays d'appartenance, bien sûr, mais aussi à Israël et à sa politique, quelle qu'elle soit. C'est ainsi qu'aujourd'hui les institutions dominantes du judaïsme français s'efforcent de convaincre les Juifs que leur destin est lié non plus au principe d'une République juste et exigeante, mais à un " Etat nation du peuple juif " à tendance messianique et qui discrimine les minorités non juives. Du franco-judaïsme dominant sous la IIIe République au virage franco-sioniste d'aujourd'hui, l'histoire des Juifs de France a connu bien des vicissitudes. La voici racontée par l'un de leur fils, sur la base d'une documentation exceptionnelle et à travers un récit riche et coloré. Charles Enderlin est journaliste. Il a été le correspondant de France 2 à Jérusalem de 1981 à 2015. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur le Proche-Orient.
En quelques décennies, tout a changé. La France, à l'heure des gilets jaunes, n'a plus rien à voir avec cette nation soudée par l'attachement de tous aux valeurs d'une république une et indivisible. Et lorsque l'analyste s'essaie à rendre compte de la dynamique de cette métamorphose, c'est un archipel d'îles s'ignorant les unes les autres qui se dessine sous les yeux fascinés du lecteur.C'est que le socle de la France d'autrefois, sa matrice catho-républicaine, s'est complètement disloqué. Jérôme Fourquet envisage d'abord les conséquences culturelles et morales de cette érosion, et il remarque notamment combien notre relation au corps a changé (le développement de certaines pratiques comme le tatouage et l'incinération en témoigne) ainsi que notre rapport à l'animalité (le veganisme et la vogue des théories antispécistes en donnent la mesure). Mais, plus spectaculaire encore, l'effacement progressif de l'ancienne France sous la pression de la France nouvelle induit un effet d'" archipelisation " de la société tout entière : sécession des élites, autonomisation des catégories populaires, formation d'un réduit catholique, instauration d'une société multiculturelle de fait, dislocation des références culturelles communes.À la lumière de ce bouleversement anthropologique, on comprend mieux la crise que traverse notre système politique : dans ce contexte de fragmentation, l'agrégation des intérêts particuliers au sein de coalition larges est tout simplement devenue impossible. En témoignent, bien sûr, l'élection présidentielle de 2017 et les suites que l'on sait...Cette exploration inédite de la France nouvelle est fondée sur la combinaison originale de différents outils (sondages, analyse des prénoms, géographie électorale, enquête-monographie de terrain), méthode permettant de demeurer au plus près de l'expérience de celles et de ceux qui composent la société française d'aujourd'hui.Avec de nombreuses cartes, tableaux et graphiques originaux réalisés par Sylvain Manternach, géographe et cartographe.Jérôme Fourquet est analyste politique, expert en géographie électorale, directeur du département Opinion à l'IFOP.
Esprit libre, indépendant, attaché aux valeurs républicaines, Jean-Louis Debré a pris position dans les débats les plus polémiques. Il revient sur neuf ans passés à la tête du Conseil constitutionnel. Rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, débats sur le mariage homosexuel et la taxe carbone, loi Hadopi... Le témoignage d'un " sage " sur les rouages de la République. Ancien président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré a écrit de nombreux ouvrages sur l'histoire de la République, ainsi que des romans policiers. Ces femmes qui ont réveillé la France est disponible en Points. " Des coups tordus de Sarkozy à la tendresse pour Chirac, des caprices de Giscard aux confidences de Juppé, l'ex-président du Conseil constitutionnel livre ses secrets. " Le Point " Une liberté de parole piquante. " L'Obs