Initialement publié en 1893 à l'apogée de la période symboliste d'André Gide, ce récit poétique aux multiples facettes suit le pélerinage d'Urien et ses compagnons : une aventure emplie d'ambiguïté où les paysages traversés vont altérer profondément les sentiments de ces mystérieux navigateurs. Allégorie du Moi en quête d'un idéal, ils subiront, une épreuve après l'autre, les tourments qui jalonnent aussi bien les mers que l'existence humaine. L'ombre de l'ironie chère aux yeux de l'auteur plane sur ce voyage obscur et semé d'embûche. Notre publication s'inspire de la typographie de l'édition originale et reproduit à l'exact les lithographies de Maurice Denis qui l'ornaient. C'est que, par cette collaboration, Le voyage d'Urien est un des premiers "livres de dialogue" où les visions oniriques de l'artiste répondent au récit ciselé de l'auteur. Une préface de Pierre Masson, professeur de littérature française et spécialiste de l'oeuvre gidienne, vient compléter l'ensemble.
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Nombre de pages
136
Date de parution
02/12/2022
Poids
326g
Largeur
196mm
Plus d'informations
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EAN
9782377921201
Titre
Le voyage d’Urien
Auteur
Gide André ; Denis Maurice ; Masson Pierre
Editeur
FATA MORGANA
Largeur
196
Poids
326
Date de parution
20221202
Nombre de pages
136,00 €
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Son geste, son regard triomphaient. Son succès était si certain qu'il semblait qu'il précédât Wilde et que lui n'eût qu'à s'avancer. Ses livres étonnaient, charmaient. Ses pièces allaient faire courir Lon¬dres. Il était riche ; il était grand ; il était beau ; gorgé de bonheurs et d'honneurs. Certains le comparaient à un Bacchus asiatique ; d'autres à quelque empereur romain ; d'autres à Apollon lui-même - et le fait est qu'il rayonnait". En décembre 1900, alors qu'il séjourne dans le sud algérien, à Biskra, André Gide apprend par les journaux la mort d'Oscar Wilde. L'éloignement ne lui permettant pas de se joindre aux funérailles, il décide " d'exprimer une tristesse qui dure, d'apporter ces pages d'affection, d'admiration et de respectueuse pitié".
4e de couverture : "Nathanaël, je t'enseignerai la ferveur.Une existence pathétique, Nathanaël, plutôt que la tranquillité. Je ne souhaite pas d'autre repos que celui du sommeil de la mort. J'ai peur que tout désir, toute énergie que je n'aurais pas satisfaits durant ma vie, pour leur survie ne me tourmentent. J'espère, après avoir exprimé sur cette terre tout ce qui attendait en moi, satisfait, mourir complètement désespéré."Notes Biographiques : Né le 22 novembre 1869 à Paris, André Gide fait partie de l'entourage littéraire de Mallarmé et de Valéry dès 1891. Il fonde avec quelques amis La Nouvelle Revue Française en 1908, donnant trois ans plus tard aux Éditions de la N.R.F. l'une de leurs toutes premières publications, Isabelle. Par son oeuvre, ses prises de position, ses nombreuses amitiés et ses voyages, il exerce durant l'entre-deux-guerres et au-delà un véritable magistère. Il reçoit le prix Nobel de Littérature en 1947 et meurt à Paris le 19 février 1951.
Un matin, j'eus une curieuse révélation sur moi-même : Moktir, le seul des protégés de ma femme qui ne m'irritât point, était seul avec moi dans ma chambre. Je me tenais debout auprès du feu, les deux coudes sur la cheminée, devant un livre, et je paraissais absorbé, mais pouvais voir se refléter dans la glace les mouvements de l'enfant à qui je tournais le dos. Une curiosité que je ne m'expliquais pas bien me faisait surveiller ses gestes. Moktir ne se savait pas observé et me croyait plongé dans la lecture. Je le vis s'approcher sans bruit d'une table où Marceline avait posé, près d'un ouvrage, une paire de petits ciseaux, s'en emparer furtivement, et d'un coup les engouffrer dans son burnous.
Sollicitée par les Cahiers du Sud pour le numéro sur Le génie d'Oc et l'homme méditerranéen, Simone Weil livrera ces deux textes. Le premier est écrit au début de l'année 1941, le second un an plus tard. L'ensemble, en écho aux sombres heures que traversa ce vingtième siècle asphyxié par la barbarie, paraît dans la revue en 1943. Au coeur de cette Agonie d'une civilisation à travers un poème épique, la philosophe se penche avec acuité sur les événements qui ont conduit à l'écrasement de la civilisation d'Oc. Elle en donne une lecture personnelle d'un caractère profondément politique et social, indissociable de notre présent. Elle unit, comme dans le reste de son oeuvre, le mysticisme chrétien à une critique incisive du pouvoir et de la violence. Ainsi, des con ? its passés autour de la Méditerranée, elle exhume un paradoxe cruel : la terreur frappe plus durement ceux qui défendent leur humanité que ceux qui songent à détruire et à écraser. La peur et l'imagination peuvent ainsi saper les résistances des sociétés libres bien plus sûrement que les armes elles-mêmes. Un appel à la vigilance face aux nouvelles formes de domination - plus pressant que jamais - qui nous enseigne que le combat pour la liberté est, avant tout, celui de l'esprit.