La doctrine de la Création, après avoir connu une longue éclipse, revient à l'avant-plan de la réflexion théologique et catéchétique. Elle y est conviée par une conjoncture où, en tous domaines, s'opère une redécouverte du cosmos. L'objectif de la session théologique, organisée par l'Ecole des sciences philisophiques et religieuses des F. U. S. L. , a dès lors été, d'abord, de bien entendre la sollicitation multiple ainsi adressée à la pensée chrétienne. En particulier, il s'est agi de faire le point sur les avancées de la recherche dans les champs de l'astrophysique et de la cosmologie, ainsi que sur les interrogations proprement philosophiques qui en naissent ; d'offrir des voies de réappropriation du donné biblique en matière de visée des origines et de l'origine ; de méditer sur la confession biblique du monde comme création en tant que mode spécifique d'expérience du tout ; de déployer les axes majeurs d'une théologie articulant, à frais nouveaux, Création et Salut, essentiellement au moyen de la catégorie apocalyptique d'accomplissement. Il apparaîtra, au terme du parcours, que penser et reconnaître le monde comme " réalité tierce " entre l'homme et Dieu, restituer au cosmos une dimension " salutaire " propre, constitue un acte, audacieux et réflexif, décisif pour la vitalité du christianisme aujourd'hui.
Date de parution
25/04/2002
Poids
319g
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EAN
9782802800682
Titre
CREATION ET SALUT
ISBN
280280068X
Auteur
GESCHE/DEMARET/GIBER
Editeur
FUSL
Largeur
0
Poids
319
Date de parution
20020425
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Le mot " Dieu " existe, telle une vieille médaille, au profil presque tout effacé, mais dont on sait que, une fois au moins, il a été prononcé comme un mort plein de sens. Proudhon affirmait que l'homme, pour se comprendre, jamais n'oublie d'interroger ses vieilles effigies. Mais, justement, ne s'agirait-il plus que d'une effigie ? D'un chiffre permettant sans doute encore de penser (on l'a vue dans les deux premiers tomes), mais qu'on ne pourrait plus penser lui-même ... L'idée de Dieu est-elle encore intelligible ... Il faut tenter de répondre. Mais quel chemin parcourir pour arriver " à penser droit à propos de Dieu " (Platon) ... Fatigué et déçu par l'inutile et morne théisme, qui cherche Dieu hors les murs et ne trouve au mieux qu'une épure, ne devrait-on tenter une autre logique ? Celle de chercher Dieu auprès de lui, en ce qu'on appellera ici son " lieu natal ". Apprendre de Dieu ce qu'il est. Point de cercle vicieux en cela : phénoménologie nous a appris à chercher la chose en l'écoute d'elle-même, non en croyant pouvoir l'observer de Sirius. C'est pareil essai d'une preuve herméneutique que l'auteur propose ici au lecteur. En l'invitant à choisir comme il veut l'ordre de sa lecture, et même en négligeant ce qu'il penserait ne pas répondre à son attente. " La parole est moitié à celui qui parle, moitié à celui qui l'écoute " (Montaigne).
Adolphe Gesché, prêtre diocésain (diocèse de Malines et Bruxelles), licencié en philosophie et lettres, docteur et maître en théologie (Louvain), professeur à la faculté de théologie de l'Université catholique de Louvain à Louvain-la-Neuve, consacre la plus grande part de ses recherches à la question de Dieu. Il est président de la Société théologique de Louvain (Louvain-la-Neuve) et membre de l'Académie des sciences religieuses (Bruxelles), de l'Association européenne de théologie catholique (Tübingen), et de la Commission théologique internationale (Rome). Il a déjà publié dans cette série Le Mal et L'Homme qui ont obtenu le prix cardinal Mercier 1993 décerné pour récompenser un ouvrage de métaphysique ou de théologie. --Ce texte fait référence à l'édition Broché.
Nous aspirons à un nouveau rapport avec la nature. Qui ne serait plus celui de la seule maîtrise, inaugurée par les temps modernes, où l'homme se croyait tous les droits, « maître et possesseur du monde » (Descartes). On parle de « nouveau contrat » (Michel Serres), de « nouvelle alliance » (Prigogine). Bien des scientifiques et des philosophes commencent donc de s'y employer. La théologie, dans la présente série « Dieu pour penser », aurait-elle sa place en cette recherche commune : « Dieu pour penser le cosmos » ? L'hypothèse est que, à condition d'être entièrement revisité, le vieux mot de « création » peut réserver à quiconque d'étonnantes surprises. L'idée de Dieu, mais pourvu que son sort ne soit plus lié aux concepts de causalité et d'explication, voudrait suggérer ici qu'une transcendance (quelle qu'elle soit) peut paradoxalement aider à sauver et à respecter l'immanence. Et une immanence heureuse. L'homme est un être qui a éminemment besoin d'un lieu et d'un espace où il trouve connivence. Or la science d'aujourd'hui est en train de redécouvrir la nature, comme une nature inventive et créatrice. Disparaît le thème du désenchantement du monde. On propose ici une théologie réconciliée avec le cosmos et y voyant même un lieu de salut qui ne soit pas en retard avec ce rendez-vous où, avec le sort de la planète, se décide peut-être le nôtre et qui, nulle suggestion n'étant jamais de trop pour penser, apporte sa part, une part peu entendue, encore que perçue dès les confins par le vieil Héraclite, du patrimoine de son intelligibilité : la création comme « jeu et risque de Dieu ».