L'injustice sociale se traduit dans l'espace ; réciproquement l'organisation de l'espace est productrice d'injustice sociale. C'est ce que traduit le concept de justice spatiale, c'est-à-dire l'approche spatiale de la justice sociale entendue dans ses différentes dimensions, tant de distribution équitable que de reconnaissance. Il est appliqué ici à des espaces urbanisés des pays des Suds, principalement africains. Cet ouvrage est le fruit d'un travail original de recherche et d'écriture collective, et non une collection de chapitres individuels, mené dans le cadre du programme Jugurta en référence au roi de Numidie, considéré comme un dangereux barbare par les Romains qui le laissèrent mourir dans leurs prisons en 104 avant Jésus-Christ Barbare en Occident, héros en Afrique, il représente un schéma classique de l'histoire coloniale des territoires dits aujourd'hui des "Suds", et à ce titre correspond à nos objectifs dans cette recherche : adopter un regard sur les questions urbaines depuis les Suds. Il s'agit bien ici d'affirmer le droit plein et entier des villes des territoires post-coloniaux, où vivent aujourd'hui la majorité des citadins de la planète, à servir d'exemples dans des débats théoriques sur l'urbain en général. Si contribuer à "distribuer" la recherche urbaine équitablement entre les Suds et les Nords, tout en "reconnaissant" les différences des Suds, était en soi un objectif de justice spatiale, la portée générale du propos de cet ouvrage reste l'essentiel : les auteurs réunis ici, géographes et urbanistes, s'appuyant sur leurs bagages disciplinaires, leurs terrains et des travaux de philosophie politique, veulent montrer que la compréhension des interactions entre espace et société est indispensable à celle des injustices sociales en ville et donc à la réflexion appliquée sur les politiques territoriales visant à réduire les injustices.
Nombre de pages
280
Date de parution
10/06/2014
Poids
460g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811110833
Auteur
Gervais-Lambony Philippe ; Bénit-Gbaffou Claire ;
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20140610
Nombre de pages
280,00 €
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Dans une Afrique noire en plein bouleversement, l'Afrique australe, elle-même en mutation rapide, est sans doute appelée à jouer un rôle important, notamment auprès des Etats d'Afrique francophone, jusque-là mieux connus du public français. En effet, cette région, véritable laboratoire de transformations spatiales et sociales depuis la fin du régime sud-africain d'apartheid, en 1994, connaît un processus de changement global de son organisation territoriale, politique et économique qui en fait un objet d'étude en soi passionnant, mais également essentiel à la compréhension de phénomènes géographiques mondiaux. L'Afrique du Sud a mis en œuvre sa nouvelle Constitution, procédé à des élections libres du niveau national au niveau local, recomposé le découpage administratif de son territoire en créant de nouvelles provinces et municipalités, initié la réforme des systèmes de santé et d'éducation, de l'armée et de la police. De plus, elle réorganise l'ensemble de ses administrations, travaille à la restitution des terres spoliées et à l'examen des crimes de l'apartheid... Dans le même temps, cette nouvelle Afrique du Sud s'intègre aujourd'hui dans sa région, ce qui affecte toute la zone géographique, d'où l'importance d'une meilleure connaissance des pays voisins ici étudiés et sur lesquels les ouvrages en français demeurent rares.
L'Afrique australe suscite aujourd'hui un regain d'intérêt, notamment de la part des investisseurs et des grandes puissances, qui cherchent à y développer de nouvelles formes de partenariat. Au sein de cet espace, l'Afrique du Sud occupe une place majeure. Depuis la fin de l'apartheid, le pays, qui a rejoint le cercle des BRICS, a connu des transformations considérables: nouveau système politique, réorganisation des découpages territoriaux, réforme des systèmes de santé et d'éducation, etc. Dans le même temps, quelque 8 millions de personnes ont gagné un accès à l'eau courante et près de 3 millions de logements sociaux ont été construits.L'Afrique du Sud est-elle pour autant tout à fait postapartheid et peut-elle être le moteur d'une Afrique australe qui en reste largement dépendante? Plus de 40 % des Sud-Africains vivent en dessous du seuil de pauvreté et les clivages sociaux semblent s'accroître. Bien des promesses n'ont pas été tenues, notamment celle d'une réforme foncière, essentielle si l'on observe l'évolution du Zimbabwe voisin. Dans les quartiers pauvres des villes, les révoltes populaires contre les autorités locales et les violences régulières contre les migrants étrangers révèlent les insatisfactions profondes des plus démunis. Enfin, en août 2012, le massacre de la mine de platine de Marikana a choqué les opinions publiques mondiales.Les transformations en cours peuvent donc sembler contradictoires: certaines découlent du passage de l'apartheid au post-apartheid et d'autres de la réintégration dans le système économique mondial. Quelles qu'elles soient, elles ont affecté tous les États frontaliers de l'Afrique du Sud: Botswana, Lesotho, Mozambique, Namibie, Swaziland, Zimbabwe.Cette édition augmentée vise à interroger les réorganisations territoriales de la région après les changements politiques de ces vingt dernières années.
Biographie de l'auteur Philippe Gervais-Lambony est géographe, enseignant-chercheur à l'Université de Paris X-Nanterre, membre de l'Institut universitaire de France, directeur du laboratoire Géotropiques et membre de l'UMR-Temps. Il a vécu et travaillé dans les années 1980-1990 au Togo, au Zimbabwe et en Afrique du Sud
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.