Beckett est un nom que notre époque ne saurait oublier. D'abord parce qu'il aura entrepris la plus grande opération de subversion de la littérature occidentale. Ensuite parce que la charge énigmatique de sa lettre poétique n'a de cesse d'apostropher l'existence. C'est principalement ce qu'il a en partage avec Lacan, dont le défrichage du dire occupe les psychanalystes, leur ouvrant des voies fécondes dans la clinique. Ici aussi, subversion au coeur de l'époque... Beckett, c'est avant tout une façon singulière de nouer l'existence à la jouissance d'un vivant, ce que Lacan appellera LOM. Beckett sera donc à ce titre un nom de sinthome de LOM... Mais ce ternaire suffirait-il si ne s'y introduisait le dire comme quatrième tension nouante ? Poursuivant un travail implacable et sans relâche, Beckett, pour vivre et faire scène rigoureuse au parlêtre, s'avançait dans la plus dense obscurité. Épris de logique, traquant la langue pour faire sonner l'os du dire, il écrivait à tâtons la singularité d'un nouage subjectif original... Lacan, au même moment, soutenait l'importance de savoir reconnaître un noeud borroméen dans le noir. Si Beckett est, comme l'avance son ami Cioran, un être-en-dehors, il intéresse par sa concision, par son miniminimitable, le singulier qui s'extrait de chaque cure psychanalytique. C'est l'enjeu de notre propos.
Nombre de pages
254
Date de parution
09/05/2022
Poids
425g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782491126285
Titre
Beckett, l'art du noeud-dire
Auteur
Geneste Bruno
Editeur
NOUV CHAMP LACA
Largeur
160
Poids
425
Date de parution
20220509
Nombre de pages
254,00 €
Disponibilité
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C'est à partir de la conception du fait que Jim Morrison est un poète à part entière que Bruno Geneste imagine Le Monde selon Jim. Il s'agit d'un récit qui recèle plusieurs niveaux de lecture, avec des images, des visions, vues et vécues à travers son propre regard comme un miroir ou un reflet de celles pouvant avoir été ressenties par Morrison lui-même. Bruno Geneste parvient dans cet ouvrage à redonner une parole vivante au chanteur des Doors. Dans une étrange communion, il réhabilite le poète, lui redonne tout le sens profond de sa démarche littéraire. Il marche avec lui sur les grèves de plumes et de varechs. Il ressuscite le Roi Lézard dans une psychanalyse verbale d'une teneur émotionnelle, sincère et envoûtante. C'est ici-même que les poètes des limites se rejoignent, dans les confluents des mémoires, des cris et des images introspectives cueillies dans les lumières noires et les flux des marées incessantes.
Ce manifeste souffle sur les braises d'une poétique en cours d'élaboration et qui n'a pour seule ambition que celle de réactiver des hauts foyers d'énergie". Un manifeste du surréalisme, qui plus est, et plus précisément encore, d'un surréalisme des grèves qui fait écho à la géopoétique de Kenneth White, allié substantiel du reste convié à la fête... Autant dire d'un surréalisme de type nouveau, tant il est vrai que celui qu'ont façonné, dans sa spécificité, ses inventeurs, à la suite de l'Apollinaire du Flâneur des deux rives, est par nature urbain et s'inscrit, du moins au début, dans la cité dont il se fait le cartographe - même si les vents de la mer Celtique sont, plus souvent qu'on ne le pense, généralement venus le caresser... Patrick Lepetit
Fragments, courtes proses poétiques, poèmes et chansons? composent cet ensemble tout entier dédié à Bob Dylan. Un véritable hymne à tous les vents (on peut bien ici mettre le pluriel) et au Prix Nobel de littérature 2016. Bob Dylan est vraiment partout présent, et pourtant il ne s'agit pas d'une biographie de plus. C'est en poète que Bruno Geneste habite le monde et qu'il nous dévoile, peu à peu, au fil des pages, en passant d'une langue à l'autre, ses propres secrets. Il perce avec ses mots à lui, ceux de la tribu des frères de la Côte, les mystères de la création, et nous entraîne presque tout naturellement dans le vent des passions du poète-chanteur. Voyage initiatique, sans doute. Voyage poétique, assurément. COMMENT ... La préface de Jean Azarel, pertinente et pleine de justesse, nous propose quelques clefs supplémentaires pour entrer dans cette oeuvre chorale qui prolonge geste du poète et nous inonde des ses lumières, poétiques et musicales. « Depuis plusieurs décennies, Bruno Geneste nous délivre le message d'une parole ciselée par le mouvement de la mer, la musique des vagues, l'éternité du sable. Un message de voyageur. De voyant. De parent proche consacré par les liens de l'eau et de l'air. » Avec Bruno Geneste, du murmure au cri, il n'y a qu'un chant.
Mon histoire recoupe deux trajectoires : celle de ma famille maternelle, fuyant les bombardements du débarquementen juin 1944, et celle de mon grand-père paternel, déporté vers l'Allemagne en ce même mois de juin, et agonisant dansun wagon à bestiaux. Mais la guerre ne fait pas que massacrer ; elle plante ses graines de désolation dans le c'ur de tout un chacun qui, ensuite, les retransmet à ses descendants.Aussi, pendant plus de trente-cinq ans, j'ai alterné les périodes de ciel bleu et de noir absolu, un jour bienheureux, le lendemain me réfugiant entre les murs d'une quelconque clinique. Jusqu'à ce que je trouve enfin l'interrupteur. C'est decette délivrance dont je parle à travers cette adresse à ma psychanalyste.On peut vivre dans la clarté et ne plus craindre les bombes, ce livre en est l'illustration. Mais il y a un prix à payer.
Cinquante ans après Freud, Lacan proposait l'École comme le lieu privilégié de l'intranquillité nécessaire à l'analyste pour sa propre réévaluation du trépied freudien : analyse didactique, contrôle, étude de la théorie. Le cartel et la passe sont les principes actifs de la virulence du concept de l'École de psychanalyse. Ils constituent encore aujourd'hui les vecteurs du tourbillon favorable aux « conditions de l'acte analytique », car ils re-suscitent la dé-formation que l'analyse de l'analyste a pu produire. Ce livre reprend les propositions freudiennes et lacaniennes et leurs mises à l'épreuve dans l'expérience actuelle d'une école de psychanalyse, pour que celle-ci « redevienne ce qu'elle n'a jamais cessé d'être, un acte à venir encore ».
L'étourdit" est un des textes de Lacan dont l'abord est le plus difficile, notamment par son recours à la topologie. Cet ouvrage se propose de suivre comment Lacan retrace le déroulement d'une cure analytique en partant du sujet névrosé, supporté par la figure du tore, jusqu'à l'acte du dire de l'interprétation, comme coupure sur le cross-cap. Le texte de Lacan n'est pas illustré. Mais les auteurs, en revanche, ont fait le pari de dessiner les schémas qu'ils espèrent utiles aux lecteurs qui s'aventureront sur ces chemins de lignes, de points et de surfaces. Ce guide permet aussi d''aborder le dire oublié derrière les dits. Cette thèse centrale de "L'étourdit" passe par la notion majeure de coupure, elle-même indissociable de celle d'interprétation. Ce guide sera donc encore utile pour suivre les développements ultérieurs de Lacan, au moment du recours à la topologie nodale.
Dans cet essai, Michel Bousseyroux apporte un éclairage au problème de la visée et de la fin d'une psychanalyse telle que Lacan, dans le moment borroméen de son dernier enseignement, l'a conceptualisé. Soit comme une identification finale de celui qui devient analyste à son symptôme - auquel il préfère l'orthographe ancienne de sinthome. En même temps qu'il construit cette thèse, Lacan accorde de plus en plus d'importance à la poésie et en vient à dire qu'il n'est certes pas un analyste né mais qu'il est un poème né, de par le fait que le dire le moins bête de l'inconscient prend naissance poétique dans les premiers balbutiements de la lalangue. Ce qui amène Michel Bousseyroux à explorer la poétologie de Paul Celan et de Ghérasim Luca qui arrivent à être bègues dans la langue propre du poème. Ce livre est donc destiné à ceux dont le coeur bat pour la psychanalyse aussi bien que pour la poésie.