Nous nous aperçûmes vite qu'il n'était pas possible de mettre de l'imagination dans une oeuvre destructrice. Nous avions, par exemple, projeté d'anéantir chaque objet selon sa nature, son contenu, sa destination : un piano en jouant trop fort, une table en la surchargeant. Mais beaucoup de meubles n'ont pas d'emploi défini et leur utilisation ne comporte pour eux aucun risque. De plus, on ne nous demandait pas un travail d'usure mais de démolition. Il nous fallait donc recourir à la vieille, excellente et énergique manière des Vandales, qui - c'est sa beauté - fait d'une potiche l'égale d'une massue. La vraie destruction, comme la mort, doit frapper où elle veut, n'importe comment. Elle ne s'embarrasse pas de principes. Paul Gégauff n'était pas seulement un dandy aimant le scandale. S'il a laissé un nom comme scénariste culte de la Nouvelle Vague, il a aussi, sur une courte période, composé une oeuvre littéraire ahurissante, comme le prouve ce Rébus, roman fou et destructeur composé en pleine Reconstruction, qui commence par un déménagement extrême pour s'achever face à un trou.
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Nombre de pages
192
Date de parution
03/03/2023
Poids
218g
Largeur
124mm
Plus d'informations
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EAN
9782379412158
Titre
Rébus
Auteur
Gégauff Paul ; Maistre-Chabrol Cécile
Editeur
ARBRE VENGEUR
Largeur
124
Poids
218
Date de parution
20230303
Nombre de pages
192,00 €
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En vingt mille pages, j'ai bien dû écrire quelquefois des choses qui méritaient d'être écrites et qui ne l'auraient jamais été si je m'étais contenté de remplir les cases très concertées de romans ou de pièces. A choisir, sans doute aurais-je préféré aligner les ouvrages de bibliothèques, romans, nouvelles, récits, tout cela construit, formé, délibéré. Mais je cherchais quelque chose comme un moyen de saisir le monde et les sentiments que ce monde immédiatement perceptible pouvait produire, minute après minute ou quasi". Vingt-cinq ans, de nos jours, c'est presque une éternité. Grâce à la découverte des cahiers inédits de Franz Bartett qui, depuis des décennies, confie à son clavier matinal le récit de son quotidien et ses réflexions sur son patient labeur d'écrivain, une époque semble renaître : ce début de millénaire banal et magnifique, ridicule et touchant, morceau de temps sauvé de l'oubli. La première année d'un siècle qui ne renonce pas depuis à en ajouter une de plus chaque premier janvier, vit surgir la télé-réalité et mourir Charles Trenet. De quoi inspirer Franz Bartett qui observe avec drôlerie, agacement ou colère ses contemporains capiteux.
Charles Stuart n'a de royal que le nom : il semble terne, efflanqué et timide, voire invisible. C'est dire s'il est surprenant de le retrouver devant un tribunal, jugé pour une claque étourdissante dont il va avec difficulté avouer la genèse. Figure de l'exaspéré qui se réveille de manière un rien brutale et se révèle à sa grande stupeur, il prend une place pour le moins décalée au milieu des anti-héros chers à Fitzgerald qui signe ici une love story inattendue, avec des pages parmi ses plus drôles et ses plus... frappantes.
Si Ambrose Bierce continue à nous impressionner, cent ans après sa mystérieuse et romanesque disparition, c'est sans doute que son art de raconter a gardé cette stupéfiante puissance d'évocation qui est le lot des plus grands. Il ricane beaucoup, il rugit et effraie volontiers, il bouscule son lecteur à coup d'images dont on peine à se défaire, et il le fait avec une verve colorée et un style, aiguisé comme une lame, qu'on ne retrouve que chez lui. Ses récits sensationnels nous conduisent sur un chemin escarpé entre farce et terreur, humour et horreur, dérision et épouvante, et semblent à chaque fois nous mener au bord d'un précipice qu'il nous laisse contempler, pris d'un délicieux vertige. Ce classique de l'acidité attendait depuis trop longtemps une édition à même de rappeler sa place au panthéon des grands écrivains, dans la pénombre inquiète que suscite son impitoyable génie.
La vie d'écrivain, de dramaturge notamment, est souvent ponctuée de grands espoirs et de terribles déceptions. Le jeune homme plein de promesses que nous allons découvrir dans ces pages en fait l'expérience, sans amertume mais pas sans inquiétude : comment faire pour qu'on lise enfin sa pièce d'une méritoire brièveté? Saisi d'une étrange inspiration, il va l'adresser à une star d'Hollywood, loin d'imaginer qu'un jour, bien plus tard, celle-ci va se manifester, te faisant basculer dans un univers et une aventure pour le moins phénoménaux. D'une singulière drôlerie et clairement décalé, loufoque parfois, ce premier roman sur les traces d'un auteur en devenir basculant dans une nouvelle dimension dissimule aussi une étonnante réflexion sur le pouvoir fantasmatique des mots et sur les liens inattendus qui se nouent sans qu'on y soit préparé.