Nous voulons construire un Etat stable. Il y a stabilité lorsqu'un Etat est capable - les règles du jeu ayant été au préalable définies - de régénérer ses institutions sans courir le risque de disparaître. Il y a stabilité lorsque des hommes peuvent perdre le pouvoir sans être tués et lorsque d'autres hommes peuvent accéder au pouvoir sans tuer " a écrit Laurent Gbagbo. L'apport du régime de démocratie pluraliste, c'est - en principe - l'instauration du débat entre plusieurs projets de gestion nationale, ainsi que l'alternance politique - en principe - dans la stabilité grâce aux élections. C'est la possibilité d'organiser les modalités de contrôle du pouvoir en place et, également, les contre-pouvoirs de la société civile. C'est incontestablement un progrès sur le régime de parti unique qui a sévi depuis si longtemps tant dans les pays de l'Est et assimilés qu'en Afrique et singulièrement en Côte d'Ivoire. "Aujourd'hui, plusieurs partis existent officiellement en Côte d'Ivoire et ce simple fait est en lui-même une révolution (...) Le combat est-il achevé ? Bien sûr que non. Nous n'avons conquis que le multipartisme. Il reste à conquérir la démocratie, le pouvoir d'Etal, et à démontrer nos capacités à gérer le pays. Nous sommes donc au quart du chemin que nous nous sommes assigné ". (L. Gbagbo)
Nombre de pages
207
Date de parution
16/10/1991
Poids
274g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782738407696
Titre
Côte d'Ivoire. Agir pour les libertés
ISBN
2738407692
Auteur
Gbagbo Laurent
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
274
Date de parution
19911016
Nombre de pages
207,00 €
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En 2010, Laurent Gbagbo, candidat à l'élection présidentielle, s'adresse aux Ivoiriens dans cet ouvrage-programme. Démocratie réelle, prospérité partagée, paix juste et durable, voilà les maîtres mots de son programme, qu'il n'aura pas l'opportunité de mettre en oeuvre suite aux élections présientielles de novembre 2010. Il importe de relire ce programme qui éclaire le "crime suprême" commis par Gbagbo : avoir osé demander une refondation des relations liant la France à ses anciennes colonies.
La Côte-d'Ivoire est un pays sous-développé. Il nous faut donc nous battre contre cette situation que nous ne considérons ni comme une malédiction, ni comme une fatalité. Or l'histoire nous enseigne qu'aucun peuple asservi ne peut faire efficacement face aux défis de l'humanité sans avoir au préalable brisé ses chaînes. Le sous-développement dans la servitude accentue le sous-développement. Nous savons bien que la démocratie n'est pas un remède miracle qui va résoudre par enchantement tous nos problèmes. Mais elle constitue un préalable indispensable. Nous avons une agriculture à repenser pour sortir des pièges que nous a légués l'ère coloniale ; nous avons une politique énergétique à mettre en place et à mener avec constance afin de créer les conditions d'une industrialisation véritable ; nous avons à redéfinir le rôle de l'école et l'orientation de la médecine ; en somme nous avons à combattre la faim, la maladie, l'ignorance, la rigueur du marché international et l'appétit vorace des impérialismes ; bref, nous avons un pays à bâtir. Cette tâche n'est pas au-dessus de nos forces. L'exécution d'une oeuvre aussi gigantesque que la construction nationale exige que chacun se sente concerné ; il faut pour cela que les Ivoiriens soient impliqués dans un débat politique national, qu'ils aient une prise sur les choix fondamentaux de leur pays ; qu'ils sachent qu'ils ne sont pas des robots à qui l'on demande seulement de produire, sans savoir à quoi (ou à qui) cela sert de produire. Il faut responsabiliser nos citoyens depuis les paysans jusqu'aux plus hauts responsables de l'administration en passant par les ouvriers et les cadres du secteur privé. Une telle mobilisation implique que les Ivoiriens fassent consciemment et librement le choix d'une politique. A ce niveau, la liberté n'est plus simplement un concept moral ni une donnée politique ; la liberté est le levier le plus puissant du développement économique. "
Chassé du pouvoir manu militari par l'armée française le 11 avril 2011, à l'issue de l'élection présidentielle contestée de novembre 2010 en Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo a été accusé de crimes contre l'humanité devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye le 5 décembre 2011. Ce livre, écrit à partir de 2012, grâce à de très nombreuses visites et entretiens en prison, est le seul à avoir été réalisé avec la participation du président ivoirien pendant son incarcération et son procès. Ce témoignage unique apparaît plus que jamais comme un document pour l'histoire, parce qu'il met en lumière les manipulations du scrutin de 2010, les connivences entre la France de Nicolas Sarkozy et la CPI pour se débarrasser de Laurent Gbagbo, jusqu'aux montages et manoeuvres dilatoires qui ont entaché "le Gbagbogate". A l'occasion de nouvelles rencontres avec François Mattei, Laurent Gbagbo revient sur ses sept années de prison, en donne le sens et dévoile sa vision de l'avenir. Celle, quoi qu'il arrive, d'un homme libre.