Le personnage du fanfaron : théâtre, récits, cinéma
Gavoille Elisabeth ; Terrile Cristina
KIME
25,00 €
Sur commande, 4 à 6 jours
EAN :9782841749355
De la comédie antique au cinéma italien, le personnage du fanfaron manifeste une vitalité remarquable. Ce type humain, caractérisé par l'outrance et l'ostentation, par le contraste entre les propos et les actes, entre la réalité et les prétentions, se trouve déjà défini chez Théophraste ("le hâbleur" , alazôn), avant La Bruyère ("le glorieux" qui "a du goût à se faire voir" , ou "le fanfaron" qui "travaille à ce qu'on dise de lui qu'il a bien fait" , Caractères II, 14 et 16). On souhaite ici mettre en perspective diverses incarnations du fanfaron, dans la littérature et les arts du spectacle. On s'arrêtera particulièrement sur la figure bruyante et haute en couleur du "soldat" , aussi bravache que poltron et coquet, dans la comédie grecque et latine (Aristophane, Plaute et Térence), et Shakespeare (Parolles, Pistol ou Falstaff), chez Ruzante (Retour de guerre) et dans la Commedia dell'Arte (Scaramouche, le Capitan), dans le théâtre des XVIIe et XVIIIe siècles (chez Calderón, Cyrano de Bergerac, Corneille, Andreas Gryphius ou Carlo Gozzi). Mais on songe, dans des récits aussi bien, à d'autres personnages de "menteurs" gonflés d'eux-mêmes, se flattant de mérites, d'exploits et de succès plus ou moins réels. Libéré du "type" théâtral, le fanfaron réapparaît ainsi au XIXe et XXe siècles comme un personnage désinvolte, vantard, immature, mais souvent généreux et bon vivant : du Capitaine Fracasse (1863) de Théophile Gautier jusqu'au Vantone (1963), pièce de Pier Paolo Pasolini, la figure évolue selon les époques et les littératures et trouve sa place dans de nombreux films parmi lesquels Il sorpasso (1961) de Dino Risi, traduit en français par Le fanfaron. Personnage ridicule dans son principe, souvent victime de l'illusion même qu'il veut créer, le fanfaron intrigue cependant par sa complexité (acteur d'un rôle, il ouvre une dimension de théâtre dans le théâtre, de récit dans le récit), par son ambivalence et ses failles (égocentrique mais secrètement inquiet du jugement d'autrui, sottement vaniteux ou travaillé par un complexe d'infériorité, conscient de ses mensonges ou dupe de lui-même ? ) ; il peut même émouvoir par sa naïveté ou son désir de se faire admirer et aimer, et passer du burlesque au tragique. Cet être de paroles (comme le dénonce l'étymologie), qui veut exister à travers son discours, qui construit sa propre fiction et dont l'inanité même est spectaculaire, excite en tout cas la verve de l'auteur et la performance de l'acteur.
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
273
Date de parution
10/09/2020
Poids
358g
Largeur
145mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782841749355
Titre
Le personnage du fanfaron : théâtre, récits, cinéma
Auteur
Gavoille Elisabeth ; Terrile Cristina
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
358
Date de parution
20200910
Nombre de pages
273,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
En référence à la question posée par Foucault (Qu'est-ce qu'un auteur ? 1969), la réflexion collective menée ici propose de revenir sur les fondements sémantiques de la notion et sur son lien originaire avec celle d'autorité. Il s'agit d'explorer, au travers de ces 15 contributions, la riche polysémie du latin auctor, dans ses implications juridiques et politiques, philosophiques et théologiques, rhétoriques et littéraires, et dans son évolution vers le français auteur. Une première section présente les sens fondamentaux de auctor : étymologie et rapports avec le verbe augeo, examen de divers cas de synonymie. La deuxième est consacrée aux aspects institutionnels et historiques : signification de la formule patres auctores à propos du sénat romain, autorité politique et auctoritas historiographique chez Tite-Live et chez Tacite, image au fil des siècles de Brutus, fondateur de la république romaine et artisan de liberté. La troisième envisage les usages philosophiques (auctor et auctoritas chez Cicéron, auctor et interpres chez Sénèque), les développements littéraires (passage au Ier siècle du sens de garanti à celui d'auteur comme modèle à suivre ou initiateur d'un genre, construction d'une persona auctoriale chez Jérôme), enfin l'idée d'auteur divin dans la pensée païenne puis chrétienne (auctor uniuersi et expressions similaires). La quatrième partie porte sur les prolongements et mutations du Moyen Age et de la Renaissance : statut de l'auteur dans la réécriture des textes hagiographiques et dans l'écriture épistolaire, émergence aux XVIe-XVIIe siècles de la figure moderne, qui s'affranchit de la tradition et affirme son originalité.
Quel rôle la lettre joue-t-elle par rapport à l'oeuvre ? Quelle figure de l'auteur les lettres qui commentent une oeuvre en cours ou achevée montrent-elles ? Enfin quelle relation l'auteur entretient-il avec son oeuvre et avec lui-même, à travers cet autre type d'écrit qu'est la lettre, adressé à un destinataire singulier qui a fonction de témoin ou garant d'une production littéraire ? La lettre n'est-elle alors qu'un mode mineur d'écriture, qui reste "à l'ombre" de l'oeuvre ? Ou bien l'épistolaire est-il pour l'auteur une forme d'écriture émancipée, une libre alternative qui représente, selon la formule de Brigitte Diaz, "l'autre de la littérature" ? Et quand la correspondance elle-même fait oeuvre, comment se présente-t-elle par rapport à un autre mode d'écriture littéraire ? Telles sont les questions étudiées à travers les vingt-quatre contributions de ce volume, de l'Antiquité jusqu'à nos jours : la lettre comme "avant-texte", atelier de l'oeuvre ; comme "aprés-propos", augmentation de l'oeuvre ou mode d'emploi interprétatif de celle-ci ; la lettre constituée elle-même en oeuvre ; envisagée comme construction de la persona d'auteur ; enfin comme questionnement du statut même de l'auteur. Ce volume est le 10e de la série Epistulae antiquae publiée depuis 2000 par les latinistes de l'université de Tours, le 5e édité aux PUFR dans la collection "Perspectives littéraires".
La liberté de rire peut aller de l'allusion moqueuse à la provocation transgressive. Quel est précisément, en matière d'écriture épistolaire, l'effet recherché et produit d'un trait d'esprit, d'un détail comique ou d'une raillerie, selon la situation de l'épistolier et son rapport au destinataire, individualisé ou générique ? Cet ouvrage collectif propose d'explorer les enjeux et modalités de la plaisanterie dans la lettre, de l'Antiquité jusqu'au XXe siècle : autodérision et mise en valeur de soi, élément de détente dans une situation critique et contrepoids à la mélancolie, témoignage d'affection ou complicité avec le lecteur, contribution à une visée persuasive ou didactique, puissance affirmée par l'ironie mordante ou par des sarcasmes vengeurs... Ainsi il offre une lecture éclairante sur la place que, au cours des siècles, l'écriture épistolaire a accordée au rire, à la plaisanterie, à la moquerie, à l'ironie, à une liberté d'expression parfois corrosive.
En hommage à François Guillaumont, spécialiste de la philosophie et de la correspondance de Cicéron, de la pensée religieuse à Rome et de l'histoire des doctrines anciennes, le présent volume réunit 26 études, réparties en quatre sections. La première partie traite de la théorie et des pratiques divinatoires : De diuinatione de Cicéron, rôle et représentation de l'augure, image prophétique de Carmenta aux origines de Rome, interprétation des songes et des signes. La deuxième explore des questions de religion et de théologie anciennes : collège des épulons, arithmologie sacrée, figure de Numa dans l'historiographie romaine, perception du divin et hiérarchie céleste, preuves de l'existence de Dieu selon Juste Lipse. La troisième est consacrée aux formes et modèles de la sagesse : droit et philosophie chez Ulpien, concept d'art de vivre, Gabriel Chappuys traducteur de Sénèque, inspiration philosophique chez Grégoire de Nazianze, Distiques de Caton, consolation selon Marsile Ficin. Un dernier ensemble porte sur divers aspects de la postérité de Cicéron, jusqu'à la lecture contemporaine du De diuinatione chez Amin Maalouf.
Résumé : Ce livre est une méditation sur la condition juive et le destin du sionisme à travers trois pensées philosophiques. Celle de Buber, qui illustre l'engagement sioniste à partir d'un renouveau spirituel ; celle de Levinas, qui représente la vitalité du judaïsme de la diaspora en France ; celle de Simone Weil, qui est l'une des figures les plus paradoxales d'un judaïsme apparemment assimilé. Quelle lumière une étude comparée de ces trois oeuvres peut-elle jeter sur l'impasse où se trouve aujourd'hui Israël, condamné à une guerre sans fin, incompatible avec les valeurs autour desquelles le sionisme s'est construit ? A travers ces trois situations historiques bien distinctes où le judaïsme du vingtième siècle s'est trouvé et à travers les contradictions des philosophies qu'il a inspirées, l'ouvrage dégage les problèmes que posent à toutes les civilisations la confusion entre les lieux et les territoires, le recours à la guerre, l'ordre géopolitique des Etats-nations, les maléfices de la politique et, par-dessus tout, les apories de l'identité, qu'elle soit personnelle ou collective.