Histoire du romantisme suivi de Quarante portraits romantiques
Gautier Théophile ; Goetz Adrien ; Kovacs Itaï
FOLIO
10,50 €
Épuisé
EAN :9782070412730
Cette Histoire du Romantisme est, en quelque sorte, la postface inachevée à l'oeuvre multiforme, et à la vie, du poète, du critique, du journaliste, du romancier, du conteur, du nouvelliste qu?était Gautier. Il sentait qu'il allait mourir. D'où l'importance de ce dernier livre, conçu pour survivre à sa propre disparition et pour sauver du même coup son nom et toutes ses oeuvres précédentes. Il est trop fin pour lui donner la forme d'un plaidoyer pro domo. Il va raconter une aventure collective. Gautier s'y lance sur le mode léger et badin du conteur qui ne force pas la voix, sans rien de solennel, comme une dernière conversation à bâtons rompus. L'Histoire du Romantisme est citée partout parce que ce livre contient le récit enluminé de la bataille d'Hernani, un chapitre d'anthologie, haut en couleurs, une description, écrite par un protagoniste parlant au nom de tout le choeur des hugoliens, de cette révolution d'avant la révolution de Juillet, ce combat qui aurait suffi à faire passer à la postérité la date de 1830. Ce volume ne se limite pas au récit de la bataille d'Hernani. Il ressuscite une galerie de personnages.À la suite des douze chapitres de l'Histoire, on trouvera ici quarante portraits publiés en revue puis en volumes séparés. Le mélange de peintres, de sculpteurs, d?écrivains, d'actrices caractérisait non seulement le génie de Gautier, marqué à jamais par sa formation artistique, mais l'esprit même de cette armée romantique. Pour la plupart, ce sont des hommages aux compagnons morts. Cette série de textes courts prépare en réalité le projet d?écrire une Histoire du Romantisme, ils en sont le laboratoire. Dans cette nouvelle édition en Folio classique, ils sont quarante: on a choisi ici de créer une sorte d'académie arbitraire, dont Gautier fait partie. Le choix proposé dans ce volume correspond aux figures qui sont demeurées au panthéon des arts, des lettres, de la scène. Dès l'attaque du livre, après le leitmotiv du cor qui vient l'avertir qu'il est temps, les premiers mots qui surgissent sous sa plume sont « idéal », « poésie », « liberté », « enthousiasme », « bravoure », dans la même phrase, comme s'il voulait tout dire tant qu'il en a la force. Bouleversantes aussi les explosions de joie, les rires qui scandent cette Histoire, résurrection du passé. Gautier se retrouve en rêve parmi ses compagnons, ses enfants du Paradis, à table, au théâtre, au milieu de leurs fêtes et de leurs bals. Dans ce livre, pour survivre encore un peu et trouver l?énergie de le terminer, le vieux Gautier inhale des bouffées de bonheur. « Une telle joie, écrit-il, ne devait sans doute pas durer. Être jeune, intelligent, s'aimer, comprendre et communier sous toutes les espèces de l'art, on ne pouvait concevoir une plus belle manière de vivre, et tous ceux qui l'ont pratiquée en ont gardé un éblouissement qui ne se dissipe pas ».
Un jeune Anglais du meilleur monde découvre dans la Vallée des Rois une sépulture inviolée qui contient à côté de la momie d'un pharaon celle d'une jeune femme merveilleusement belle, Tahoser, dont un papyrus a pieusement recueilli l'histoire. Cette histoire est celle de son amour pour un jeune Hébreu "aux prunelles sombres devant lesquelles semblait danser un rêve", et Le Roman de la momie nous transporte à Thèbes, à l'époque de l'Exode et de ses miracles (passage de la mer Rouge, etc.), dans un décor de temples immenses, d'armées innombrables, de prêtres à barbes michélangélo-nilotiques et d'opulentes captives d'Orient. De l'expédition de Bonaparte à Champollion et Aïda, l'Egypte est au coeur de la rêverie romantique, et la Bible est éternelle : l'Egypte plus la Bible, qui dit mieux ? Et Cecil B. de Mille n'aurait pas fait aussi bien. Quand parut la Momie, Flaubert songeait à un roman égyptien, Anubis. Désireux d'éviter des comparaisons inutiles, il mit Anubis au placard, troqua Thèbes pour Carthage, et ce fut Salammbô.
Résumé : Non loin du Nil, dans la vallée des Rois, un jeune lord anglais et un égyptologue allemand découvrent un tombeau inviolé. Ils y trouvent la momie d'une jeune reine, merveilleusement conservée et d'une beauté saisissante. A ses côtés, un papyrus raconte l'histoire de cette jeune fille et de ses amours, au temps de Pharaon. Ce récit trouble à jamais le jeune lord Evendale. Publié en feuilleton à partir de 1857. Le Roman de la momie reconstitue, dans la veine orientalisante de l'époque, la splendeur de la civilisation du Nil et les aventures du peuple hébreu.
Heureux qui comme... ...partager les émotions des premiers écrivains-voyageurs et retrouver les racines d'un monde intemporel. "Vous voilà parti ; l'air vif, pénétrant, glacé, mais sain, vous fouette au visage ; le cheval, échauffé par la rapidité, de la course, souffle des jets de fumée comme un dragon de la fable, et de ses flancs en sueur se dégage un brouillard qui l'accompagne. " Il fallait au moins la plume raffinée de Gautier (1811-1872) pour décrire celle qu'il appelle "l'Athènes du Nord" avec l'élégance et le charme qui lui sont dus. Ebloui par les palais et les cathédrales aux teintes pastel, il glisse en traîneau sur la perspective Nevski, traverse la Néva gelée, pénètre dans le Palais d'Hiver et assiste à la bénédiction du fleuve en présence du tsar. Le " fils du soleil ", s'émerveille devant les prestiges méconnus de la capitale des neiges.
Un jeune noble s'engage sur les chemins sinueux d'une vie d'aventure. Un incontournable roman de cape et d'épée ! Au XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIII, le jeune baron Sigognac, noble désargenté, mène une vie morne dans son manoir. Jusqu'à sa rencontre avec une troupe de théâtre itinérante et avec Isabelle, ravissante jeune comédienne. Il accepte de reprendre le rôle du matamore et adopte le nom de scène de Capitaine Fracasse, abandonnant les privilèges de son rang pour mener une vie nomade emplie de dangers et d'aventures. Récit épique, mêlant duels et passions, sous la plume virtuose de Théophile Gautier, Le Capitaine Fracasse sera, dès sa parution, un incontournable représentant du roman de cape et d'épée.
Vous voulez vous venger de l'avarice de votre maître ? Faites-lui croire qu'une troupe imaginaire de spadassins est à sa poursuite et que vous avez trouvé un moyen de le sauver. Prenez un sac. Mettez l'homme dans ce sac et prenez soin de bien le fermer. Promenez-le un peu sur votre dos à travers la ville. Profitez-en pour le rouer de temps à autre de coups de bâton. Mais prenez garde que votre victime ne découvre la supercherie...
Laure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.
A partir d'un souvenir de lecture d'enfance, un Cosette abusivement attribué à Victor Hugo, Tiphaine Samoyault déploie le destin éditorial des Misérables en France et à l'étranger. Elle révèle comment ce roman, dès sa parution, a été abrégé, adapté, traduit, illustré, réécrit, jusqu'à devenir l'un des récits les plus réappropriés au monde. Plus le livre est transformé, plus il devient mémorable. La question "Faut-il réécrire les classiques ? " apparaît dès lors comme une fausse question : ils ne sont tels que par leur constante adaptation aux goûts et aux attentes des époques successives. De Shakespeare aux contes de fées, de Montaigne à Mark Twain ou Agatha Christie, des traductions aux versions réduites, des transpositions aux mises en scène, l'autrice montre qu'un classique ne se définit pas par son intouchabilité, mais par sa capacité à s'affranchir de son original. Face à des polémiques souvent caricaturales opposant "cancel culture" et sacralisation du passé, ce livre privilégie la nuance, l'enquête et une érudition généreuse. Il préfère la démonstration à l'indignation pour affirmer une idée simple et stimulante : la réécriture n'est pas synonyme d'annulation, bien au contraire, puisqu'elle prolonge le plus souvent la vie des oeuvres en élargissant leur partage et en pérennisant leur mémoire.