Un homme de trente ans - c'est lui-même qui raconte son histoire - revient dans sa ville natale aux trois quarts détruite par les bombardements de la dernière guerre. Il est pauvre et sans situation, mais il appartient néanmoins par son passé à la bourgeoisie cossue, vaniteuse et égoïste de la cité. Il vient d'épouser une jeune fille de 19 ans, Mathilde, qui, elle, ne fait pas partie de la "bonne société". Par miracle, dans cette ville où tous les habitants vivent entassés dans des décombres, il trouve à louer une chambre dans la maison de Mme Hardouin, une vieille amie de sa famille, chez qui il retrouve une bonne partie des meubles de ses parents, morts depuis peu. Ces meubles, qui n'ont aucune valeur en soi, éveillent aussitôt en lui toutes sortes de sentiments confus mais puissants : le goût de la propriété, du confort, de la sécurité et du souvenir. Ces sentiments, qui le rendent insensible à l'effort de reconstruction, de renaissance, dont Ia ville est le théâtre, le séparent de sa jeune femme qui n'a jamais connu que la pauvreté. Ils l'opposent également à Mme Hardouin, détentrice de trop de confort, de souvenirs, et tout armée de méfiance. Une sorte de folie s'empare de lui, un égoïsme monstrueux fait de lâcheté, d'abjection. Prisonnier de sa cIasse sociale, et incapable pourtant d'y rentrer, il ira jusqu'à rompre délibérément avec Mathilde et jusqu'à assassiner Mme Hardouin. Ce roman amer, sombre, étouffant, mais d'une force et d'une simplicité rares, éveille une angoisse singulière. En même temps qu'une illustration des conflits de notre époque, c'est une sorte de descente aux enfers de l'âme, qu'on oublie difficilement.
Nombre de pages
260
Date de parution
28/10/1949
Poids
250g
Largeur
118mm
Plus d'informations
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EAN
9782070226719
Titre
Les Meubles
Auteur
Gascar Pierre
Editeur
GALLIMARD
Largeur
118
Poids
250
Date de parution
19491028
Nombre de pages
260,00 €
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Un groupe d'enfants dont on ne saurait mieux définir l'âge qu'en disant qu'ils se trouveront bientôt au seuil de la puberté. Aucun meneur de jeu. Le jeu, à l'intérieur de ce petit groupe, tous le mènent. D'une façon générale, l'auteur de ces pages ne nomme jamais personne et dit "nous". Cet être collectif, cette compagnie de garçons pleins de vivacité, de curiosité et d'imagination possède un domaine aux ressources infinies : un canton du midi de la France, situé loin des axes de circulation, oublié, et où la nature a souvent conservé un caractère sauvage. Le village qui en est le centre vit refermé sur ses traditions, ses secrets et ses rêves auxquels n'est pas étranger le lyrisme propre aux habitants de cette région. Au cours d'aventures singulières, parfois cocasses, les jeunes garçons découvriront peu à peu le monde des adultes dans lequel ils sont impatients de prendre pied. En même temps, animés par une sensualité encore confuse, ils auront tiré de la nature où ils connaissent une sorte de liberté animale tout ce qu'elle peut fournir à des êtres qui gardent la fraîcheur et l'ingéniosité de l'enfance. Le meilleur de la vie se trouve être ainsi le livre d'une exploration. Le monde naturel y révèle ses aspects inconnus ou oubliés, sa lumière, et derrière les amusantes péripéties du récit se développe un poème.
Au cours de ses voyages, de la Chine et de la Sibérie à Venise, de l'Inde et de la Thaïlande à New York, Pierre Gascar s'est intéressé à la raréfaction et à la disparition des lichens. Ce phénomène, en apparence mineur, a une valeur de présage. Ce signe de la détérioration biologique de la planète remet en question les rapports de l'homme avec le monde, c'est-à-dire avec l'essence même de notre culture et de notre civilisation. Ainsi, au cours de sa recherche, le narrateur poursuit-il un examen de conscience auquel aucun de nous n'a plus aujourd'hui le droit de se dérober.
Tout a une fin, surtout l'adolescence. Un à un, la plupart des garçons de dix-sept ou dix-huit ans qui faisaient partie du petit groupe qui tenait ses assises au Palais Royal ont été requis par une vie plus personnelle. Les trois frères Dufour, et Olivier (le narrateur) se retrouvent seuls ; et Pierre Dufour, avec une tyrannie maladroite, essaie de maintenir la cohésion de ce dernier carré. Mais déjà Olivier éprouve le besoin de s'évader. Un faux numéro de téléphone, composé dans des circonstances dramatiques, le met en communication avec une inconnue. Cette femme mystérieuse (qu'il ne verra jamais) devient sa confidente. Il ne tarde pas à nourrir pour elle des sentiments exaltés. Mais le drame se précipite, au terme duquel Olivier, désemparé, s'apercevra que l'adolescence est morte. Il va avoir vingt ans. La guerre menace. C'est un homme. Avec Le visage clos, Pierre Gascar a écrit le roman de l'âge ingrat, selon lui le plus beau de la vie. Peut-être n'est-il ingrat que parce qu'on doit l'abandonner tôt pour la solitude virile, pour l'aventure avec son propre destin ...
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.