Avant propos : Cet ouvrage est né de la curiosité et de l'admiration pour une artiste découverte sur ses terres natales, dans le Middle West américain, et d'un constat : une lacune bibliographique en français. Doit-on l'imputer à l'absence durable et flagrante de l'artiste sur les cimaises des musées français, alors qu'elle est une icône outre-Atlantique, au même degré que Frida Kahlo et présente dans de nombreux foyers américains sous forme de reproductions ? Ce livre n'a pas l'ambition de combler un vide bibliographique, mais celle d'éveiller la curiosité d'un public français à l'égard d'une oeuvre et d'une vie exceptionnelles. O'Keeffe pourrait être l'héroïne d'un roman d'aventures ou d'un western. Elle est celle de notre livre. Sa liberté est à tout crin. Son sens de l'aventure, doublé d'une ambition intacte et d'une intelligence de la situation (et d'un soupçon d'opportunisme ? ) en font une réussite américaine exemplaire mais non conformiste. La vie de Georgia, la plus américaine des Américaines est un drôle de mélange entre modernité d'un langage visuel et d'un mode de vie, et retour à une Amérique primordiale. Pour celle qui, avant Warhol, fut l'une des premières à comprendre le rôle de l'image dans la promotion d'une oeuvre, l'art et la vie sont indissociables. En résulte une légende dorée et une oeuvre unique qui a traversé le siècle sans se démoder ni se dévaloriser, littéralement. En témoignent les prix qui ne cessent d'augmenter. Celle qui se qualifiait de " diablement indépendante " et que l'on associe trop systématiquement à une peintre de fleurs, a trouvé sa voie dans l'Amérique, dont sa peinture fut aussi la voix. Nous voulions que cette voix résonne en français, en donnant un aperçu de cette vie longue d'un siècle passée entre le plus moderne des hôtels new-yorkais et les canyons de l'Ouest, entre la ferme familiale du Wisconsin et un ranch aux confins du désert, entre la solitude de l'atelier immaculé et les cimaises des plus grands musées américains. Ce fut une vie à créer, patiemment et impatiemment, inépuisablement au gré des mouvements géographiques, avec une exigence infaillible et une curiosité sans cesse renouvelée. Plus qu'aucun de ses collègues masculins, affranchie des étiquettes régionaliste ou moderniste, elle a donné avec sa peinture une identité plastique à ce Nouveau Monde, à travers sa flore, sa géologie, son histoire. Elle est l'un des phares de l'histoire de l'art du XXe siècle. O'Keeffe défie toutes les conventions, morales et esthétiques, sillonne le continent, se choisit soigneusement son entourage et ne vit que pour sa peinture. L'atelier, où de très rares proches sont conviés, est son ultime havre. Avec une discipline de fer, elle s'est tenue fidèlement à l'image qu'elle a, à l'aide des plus grands photographes de son temps, forgée d'elle. Elle n'a laissé au hasard aucune de ses expositions ni le destin d'aucune de ses oeuvres. Figure austère et sophistiquée, fantasque et résiliente à l'image de cette terre américaine dont elle est l'émanation pour ne pas dire la quintessence, elle est devenue une icône, figure admirée au-delà du monde de l'art, par celui de la mode par exemple et par les féministes qui tissent avec elle une généalogie. Déroutant parfois les critiques, cette oeuvre protéiforme, qui court des fleurs monumentales en gros plan aux vues verticales de New York, des levers de soleil sur la plaine texane à l'aquarelle aux ossements tapissant le désert de l'Ouest, du ciel le plus éclatant à une rivière réduite à une virgule balayant un paysage de neige, est d'une poésie inouïe, moins grandiloquente toutefois que celle d'un Walt Whitman ou d'un Terrence Malick qui s'inscrivent dans la même lignée. Nous ne saurions qu'inviter notre lecteur à regarder ses oeuvres, sur les cimaises d'un musée ou reproduites sur les pages d'un livre, car comme le disait notre héroïne, " The meaning of a word - to me - is not as exact as the meaning of a color. Colors and shapes make a more definite statement than words " . Qu'on se le tienne humblement pour dit...
Dans Deux conceptions de la liberté (paru en 1958), Isaiah Berlin propose de distinguer deux grandes conceptions de la liberté politique : une conception négative, définissant la liberté comme absence d'interférences extérieures, trouvant sa source chez Hobbes et Bentham ; et une conception positive, définissant la liberté comme réalisation de son moi authentique, et plongeant ses racines dans la philosophie ancienne, en particulier chez les stoïciens. Berlin défend la supériorité de la première, soutenant qu'elle seule est compatible avec le pluralisme des valeurs, et critique sévèrement la seconde, dont la défense conduit selon lui à justifier les pires formes de despotisme. Dès sa parution, le texte a suscité des débats importants ; le présent volume s'inscrit dans ce cadre. Les contributeurs se concentrent en particulier sur deux points : le concept de liberté négative, dont ils montrent qu'il n'a pas l'évidence et l'univocité que Berlin lui prête ; et la pertinence de la distinction opérée par Berlin, dont il n'est pas évident qu'elle résiste à des analyses informées par les sciences sociales.
Résumé : Pour comprendre le contenu des éthiques du care dans ce qu'il a de radical, il faut prendre acte du déplacement épistémologique auxquelles elles nous convient et du rapport qu'elles nous invitent à nouer avec la réflexion théorique. C'est à décrire ce déplacement que se consacre cet ouvrage, avant de montrer qu'il rend compte de la vision originale de l'agent moral qui est au c?ur des éthiques du care et fait signe vers une conception égalitaire et inclusive de la démocratie.
En une vingtaine d'années, la notion de vulnérabilité est devenue omniprésente dans le débat public et les discours politiques. On ne compte plus le nombre de références aux groupes, populations ou personnes dites " vulnérables ". Mais en quoi consiste cette vulnérabilité à laquelle il est fait référence ? Et quelles en sont les implications morales et politiques ? C'est à ces questions que ce livre est consacré. Penser la vulnérabilité exige de naviguer entre plusieurs écueils. Il faut à la fois reconnaître qu'elle constitue une structure d'existence commune, à ce titre universellement partagée, sans toutefois omettre de prendre en compte ses variations différentielles et sa distribution inégalitaire, soit le fait que certaines personnes sont rendues particulièrement vulnérables par certains types d'organisation sociale. Aussi faut-il appréhender la vulnérabilité à partir d'une double perspective, philosophique et sociologique. Il sera alors possible de définir une politique de la vulnérabilité, visant la reconnaissance de notre fragilité commune et la lutte contre les processus sociaux qui induisent son intensification.
Résumé : En une vingtaine d'années, la notion de vulnérabilité est devenue omniprésente dans le débat public. On ne compte plus les références aux groupes, populations ou personnes dites "? vulnérables ? ". Mais en quoi consiste exactement cette vulnérabilité ? Quelles en sont les implications morales et politiques ? La notion exige de naviguer entre plusieurs écueils. Il faut reconnaître que la vulnérabilité constitue une structure d'existence commune, universellement partagée, sans omettre toutefois de prendre en compte ses variations différentielles et sa distribution inégalitaire. Aussi convient-il de l'appréhender à partir d'une double perspective, philosophique et sociologique. Il est alors possible de définir une politique visant la reconnaissance de notre fragilité commune et la lutte contre les processus sociaux qui induisent son intensification : la vulnérabilité témoigne tout autant de notre responsabilité pour ce monde que du pouvoir que nous avons de le transformer. Prix des Rencontres philosophiques de Monaco (2019)
Dalí en 400 images propose un parcours complet de l'oeuvre d'un des peintres surréalistes les plus significatifs du xxe siècle. Ce livre propose une sélection d'oeuvres qui met en lumière non seulement les créations emblématiques de Salvador Dalí, mais également des pièces moins connues, telles que des dessins et des objets surréalistes. Couvrant l'ensemble de sa carrière, cet ouvrage illustre la richesse créative de Dalí, depuis ses débuts inspirés par le post-impressionnisme et son engagement dans le mouvement cubiste des années 1920, jusqu'aux oeuvres surréalistes emblématiques des années 1930. Il retrace également sa période américaine dans les années 1940, son retour au classicisme dans les années 1950, ainsi que son engagement renouvelé dans l'expérimentation d'avant-garde à partir des années 1960. L'auteur, William Jeffett, est conservateur au Musée Dali à St Petersburg en Floride.
Son visage, qu'elle a inlassablement peint tout au long de sa courte vie, est l'un des plus célèbres de l'histoire de l'art. Icône de l'art mexicain, Frida Kahlo a bâti sa propre légende, qu'elle a aussi bien transposée sur la toile qu'incarnée dans sa vie quotidienne. "Je n'ai jamais peint mes rêves, j'ai peint ma propre réalité" , affirmaitelle. Gravement meurtrie dans sa chair lors d'un terrible accident, consumée par sa passion dévorante pour Diego Rivera, l'artiste a transcendé ses souffrances par la peinture. A la force de son pinceau, elle a affronté ses tourments pour s'imposer comme une femme et une peintre libres. Dans son atelier de la Casa Azul, s'affranchissant du carcan des avant-gardes européennes et de tous les codes moraux et artistiques, Frida Kahlo a façonné une oeuvre habitée par son histoire personnelle, ses idéaux politiques et les traditions ancestrales mexicaines. Noirceur et allégresse, amour et violence, sensualité et pulsion de mort : sa peinture se lit comme un oxymore qui dit tout de la personnalité magnétique de cette artiste révolutionnaire, l'une des plus fascinantes et puissantes figures de l'histoire de l'art du xxe siècle. La collection L'ART+GRAND, présentée dans une reliure luxueuse, propose, à travers un texte didactique, de découvrir les plus grands artistes de l'histoire de l'art. En plus d'une cinquantaine de toiles parmi les plus célèbres, l'ouvrage reproduit six tableaux exceptionnels sous forme de dépliants grand format qui permettent d'observer ces chefs-d'oeuvre dans les moindres détails. Cette collection offre ainsi une immersion inédite dans la matière et la touche picturale.
Divinisé ou diabolisé, sauvage ou domestique, craint ou adulé, le chat a depuis des siècles fasciné les peintres. De l'Antiquité jusqu'à nos jours, il a occupé une place majeure dans l'histoire de l'art, en suivant l'évolution des styles et des moeurs. Vénéré dans l'Egypte antique, assimilé à Satan et à la sorcellerie au Moyen Age, il va connaître un lent processus de réhabilitation à la Renaissance. Réintégrant peu à peu le coeur du foyer, le chat devient ainsi un motif pictural récurrent, s'immisçant dans les scènes de genre et les natures mortes, accompagnant de sa présence affectueuse et espiègle les portraits de jeunes filles ou d'enfants. Fascinés par sa beauté et sa force d'expression, les artistes vont au fil du temps le considérer comme un sujet à part entière, comme le miroir de leurs émotions et le reflet de leur vision du monde. De Paul Véronèse à Jean-Baptiste Siméon Chardin, de Gustave Courbet à Auguste Renoir, de Théophile Alexandre Steinlen à Pierre Bonnard, sans oublier Berthe Morisot, Henri Matisse et Franz Marc, cet ouvrage, illustré d'une centaine d'oeuvres et enrichi de célèbres poèmes, témoigne de la virtuosité et du sens de l'observation inégalés de peintres qui sont parvenus à immortaliser la présence majestueuse de cet animal aussi familier qu'énigmatique. Caroline Larroche est historienne de l'art et éditrice. Elle a dirigé de nombreuses publications sur l'art, dont Bestiaire japonais (A Propos, 2021), et est l'auteure de plusieurs livres sur les estampes japonaises, dont Ukiyo-e, images du monde flottant (Courtes et Longues, 2007), Hokusai, la beauté de la nature (Géo Art, 2024) et Le thé dans l'estampe japonaise, (Editions Hazan, 2025).
Delieuvin Vincent ; Frank Louis ; Bastian Gilles ;
Catalogue officiel de l?exposition Léonard de Vinci au musée du Louvre du 24 octobre 2019 au 24 février 2020. L?année 2019, cinquième centenaire de la mort de Léonard de Vinci en France, revêt une signification particulière pour le Louvre qui possède la plus importante collection au monde de peintures de Léonard ainsi que 22 dessins.Le musée trouve en cette année de commémoration l?occasion de rassembler autour des cinq tableaux essentiels qu?il conserve, à savoir la Vierge aux rochers, la Belle Ferronnière, la Joconde - qui reste dans la salle où elle est habituellement exposée -, le Saint Jean Baptiste et la Sainte Anne, la plus grande part possible des peintures de l?artiste, afin de les confronter à un large choix de dessins ainsi qu?à un ensemble, restreint mais significatif, de tableaux et de sculptures de l?environnement du maître.Cette rétrospective inédite de la carrière de peintre de Léonard permet de montrer combien il a mis la peinture au-dessus de tout et comment son enquête sur le monde, qu?il appelait « la science de la peinture », fut l?instrument de son art, dont l?ambition n?était rien moins que d?apporter la vie à ses tableaux.Aboutissement de plus de dix années de travail, qui ont vu notamment l'examen scientifique renouvelé des tableaux du Louvre et la restauration de trois d?entre eux, permettant de mieux comprendre sa pratique artistique et sa technique picturale, l?exposition clarifie également la biographie de Léonard en reprenant tous les documents d?archives. Elle dresse le portrait d?un homme et d?un artiste d?une extraordinaire libertéCoédition Hazan/Editions du musée du Louvre.Prix Catalpa 2019 Pour les catalogues d'expositions de Paris Notes Biographiques : Vincent Delieuvin est co-commissaire de l?exposition exceptionnelle consacrée à Léonard de Vinci au musée du Louvre, à l'occasion de la célébration du 500e anniversaire de la mort de l'artiste. Conservateur en chef du Patrimoine au département des peintures au musée du Louvre, Vincent Delieuvin a été commissaire des expositions "Titien, Tintoret, Véronèse...Rivalités à Venise" en 2009, "Raphaël, les dernières années" en 2012 au musée du Louvre. Il concentre son travail actuel sur Léonard de Vinci auquel il a déjà consacré l'exposition "La Sainte Anne, l'ultime chef-d'euvre de Léonard de Vinci" en 2012. Il est l?auteur de Léonard de Vinci en 15 Questions (Hazan 2019). Louis Frank, Conservateur en chef, département des Arts graphiques, musée du Louvre.
Héritière d'une richissime famille juive américaine, Peggy Guggenheim (1898-1979) a rassemblé une des plus belles collections au monde d'art moderne. Excentrique, anticonformiste, libertine, Peggy Guggenheim éprouve un goût effréné pour l'art et les artistes. Après-guerre, sur les conseils d'André Breton, elle expose à Londres Kandinsky, Calder ou Brancusi. Venue à Paris, elle achète un tableau par jour, aide Giacometti et Picasso, puis elle part à New York où elle épouse Max Ernst. En 1942, sa galerie Art of this Century révèle au public les surréalistes européens et la jeune avant-garde américaine ? Jackson Pollock, Mark Rothko. En 1949, installée à Venise, au bord du Grand Canal, dans un palais du XVIIIe siècle, elle expose une somptueuse collection que le monde entier admire encore aujourd'hui.
Dalí en 400 images propose un parcours complet de l'oeuvre d'un des peintres surréalistes les plus significatifs du xxe siècle. Ce livre propose une sélection d'oeuvres qui met en lumière non seulement les créations emblématiques de Salvador Dalí, mais également des pièces moins connues, telles que des dessins et des objets surréalistes. Couvrant l'ensemble de sa carrière, cet ouvrage illustre la richesse créative de Dalí, depuis ses débuts inspirés par le post-impressionnisme et son engagement dans le mouvement cubiste des années 1920, jusqu'aux oeuvres surréalistes emblématiques des années 1930. Il retrace également sa période américaine dans les années 1940, son retour au classicisme dans les années 1950, ainsi que son engagement renouvelé dans l'expérimentation d'avant-garde à partir des années 1960. L'auteur, William Jeffett, est conservateur au Musée Dali à St Petersburg en Floride.
En 1985, Marc Chagall, le dernier patriarche de la Côte d'Azur après Matisse et Picasso, s'éteignait à Saint-Paul-de-Vence dans sa quatre-vingt-dix-huitième année. L'Ecole de Paris peut s'enorgueillir d'avoir permis à nombre d'artistes étrangers de s'épanouir en son sein : Chagall en est l'un des pionniers les plus singuliers. "Ivre d'images", disait Malraux, qui lui avait commandé le plafond de l'Opéra de Paris. Celui qui a peint l'univers du "shtetl" juif à Vitebsk, mais aussi ses rêves, ses amours, le monde du cirque, et le message universel de la Bible, demeure aujourd'hui le conteur merveilleux d'une poétique universelle et intemporelle, fondée sur l'image canonique de Dieu et des hommes. Daniel Marchesseau retrace les itinéraires de ce Russe, déraciné à deux reprises, monté aujourd'hui au firmament, dans ces cieux qu'il a, durant sa longue vie, su peindre et enluminer.
Tout au long de sa vie, Frida Kahlo a balancé entre des extrêmes en apparence irréconciliables : d'un côté, la souffrance causée par ses problèmes de santé et une conscience aigüe de sa propre mortalité, de l'autre, son incroyable vitalité, son humour et sa créativité illimitée. Avec une franchise sans égale, et bien qu'elle ait souvent été réduite à son statut d'épouse du peintre Diego Rivera, son oeuvre tout entière traduit sa vision profondément personnelle de l'art et de l'existence. Depuis la fameuse maison bleue de Mexico jusqu'à l'agitation de Détroit et de New York en passant par le Paris des surréalistes, Suzanne Barberat reconstitue les lieux où a évolué cette artiste hors norme, qui, si elle est restée étroitement attachée à son Mexique natal, n'en a pas moins entretenu des liens avec des personnalités de toutes nationalités et de tous horizons. Cette biographie richement documentée et illustrée donne à voir les multiples inspirations de l'art de Frida Kahlo, où s'affrontent et se mêlent réalité et onirisme, engagement politique et introspection, apprivoisement de la mort et force de vie incandescente.