Politiquement correct. Contes d'autrefois pour lecteurs d'aujourd'hui
Garner James
GRASSET
14,45 €
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EAN :9782246512110
Aveuglés par d'absurdes partis pris rétrogrades, nous avons mal compris le Petit Chaperon rouge. Quand le loup lui demande : "Tu n'as pas peur de te promener ainsi toute seule ? " elle se rend parfaitement compte du caractère honteusement sexiste de la remarque. La prend-on pour quelqu'un de mentalement désavantagé ? Simplement, elle répond poliment parce qu'elle tient compte du fait que le loup lui-même, rejeté depuis des siècles par la morgue des "animaux humains", a droit à la considération que méritent toutes les victimes des oppresseurs. D'ailleurs un peu plus tard, chez la Mère-Grand, quand elle se battra avec lui et que voudra intervenir un technicien sylvestre qui passait par là (traduisez : un bûcheron ; et ajoutez : indélicat envers les bûches qui, elles aussi, ont droit au respect), elle enverra paître ce représentant honni du machisme blanc : les minorités n'ont besoin de personne pour régler leurs comptes. Voulez-vous d'autres exemples qui vous aideront à lire ou relire les contes de fées ? Les mauvaises soeurs de Cendrillon ne sont pas des laiderons (ignoble considération phallocrate) mais des jeunes personnes devant relever un défi esthétique. Blanche-Neige n'est pas entourée des sept nains, mais de sept compagnons à la verticalité contrariée...
Nombre de pages
112
Date de parution
04/10/1995
Poids
104g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782246512110
Titre
Politiquement correct. Contes d'autrefois pour lecteurs d'aujourd'hui
Auteur
Garner James
Editeur
GRASSET
Largeur
120
Poids
104
Date de parution
19951004
Nombre de pages
112,00 €
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Je suis une femme. Ni belle ni laide. J'ai trente ans, quarante ans, cinquante ans. Je ne me lave jamais. Je vis dans la crasse. Depuis que j'ai quatorze ans, je brûle. Le feu me ronge de l'intérieur. Alors ce feu, je le prends et je m'en sers pour nettoyer le monde. Je ne peux pas m'en empêcher, je brûle. C'est maladif. Je suis pyromane. Je ne parle pas. Mon langage à moi, c'est le feu. Et depuis que je suis gamine, j'ai tout brûlé : des papiers, des broussailles. Des voitures, des forêts. J'ai aussi brûlé des vies humaines. Et je vais devoir payer pour ça. Je vais devoir rendre justice avec mon âme. Je m'appelle Katie Oison. Ceci est mon histoire.
Les contes de Noël sont farcis de valeurs morales qui donnent une légitimité à un stéréotype majeur : le père Noël, patriarche bonasse qui utilise des animaux sauvages pour son usage personnel... James Finn Garner réécrit ces contes sur le mode politiquement correct ! Connaissez-vous l'histoire de Glagla, la personne de neige faite par un frère et une soeur ? Ils viennent de poser une petite boule de neige sur une grosse, des cailloux pour les yeux, des branches pour les bras... et ils se disputent ! Bonhomme ou " bonnefemme " de neige ? Glagla s'anime, les calme, leur explique qu'attributs et identité sont deux choses distinctes... et qu'il y a plus important. Il leur demande de l'aider car la terre se réchauffe et toutes les personnes de neige vont être réduites en flaque si le gouvernement ne réagit pas... La télévision s'empare du sujet et invite Glagla à s'exprimer au nom de tous les siens !
Nous nous souvenons tous des Contes d'autrefois pour lecteurs d'aujourd'hui. James Finn Garner récidive aujourd'hui avec une nouvelle série de contes : "Hansel et Gretel", "La princesse au petit pois", "La petite sirène", "Le chat botté", "La personne plus attirante que la moyenne au bois dormant", "Le rat des villes et le rat des banlieues"... Expurger de ces contes célèbres les XXX âgistes ou culturalistes, altère leur déroulement... Si bien que des éléments de notre époque s'y insinuent : des élections sont organisées par le chat botté ; des émeutes ont lieu après la victoire de la tortue sur le lièvre ; quant à la pauvre fourmi, elle subit un contrôle fiscal et se voit confisquer toutes ses provisions. Et ainsi de suite...
La révolution numérique atteint son apogée, celle des intelligences artificielles. Nous sommes désormais pris en charge. Les outils et les algorithmes nous interpellent, nous encadrent, nous guident, choisissent à notre place. Répondent aux questions que nous ne nous posions pas. Jouent avec nous. Se jouent de nous. Cette dernière révolution nous laisse amers et épuisés. Nos cerveaux sont saturés de dopamine, ne connaissant ni vide, ni repos. Tout comme nos yeux, nos doigts, nos corps. Nos vies sont fragmentées, à l'image du monde. Peut-être devenons-nous des mines à ciel ouvert, aspirés et malmenés par le monde de la donnée, au coeur du d'une réalité qui semble elle-même s'effacer ? Telle n'était pas la promesse du progrès et nous voici pris de vertige : sommes-nous entrés dans une nouvelle civilisation, à la croisée du sommeil perdu, de l'hypnose et de la soumission ? Ou bien vivons-nous la dernière heure de l'homo sapiens ? " Dans la foulée de ses grands succès (La civilisation du poisson rouge, Sortir du bocal, Submersion), Bruno Patino nous livre un court essai prophétique, plein d'idées, d'hypothèses, de portraits, de lectures, de solutions.
Si la littérature est le lieu où la réalité se révèle de la manière la plus saisissante et la plus dérangeante, alors ce roman est un grand livre de littérature ! Un juge du régime des mollahs, condamné à perpétuité, écrit en prison : " Je sais que seuls mes crimes importent, mais mon récit pourrait vous aider à comprendre la fabrique des criminels. " Il raconte son enfance misérable, partageant la chambre d'un grand-père moribond dont il est le " garçon-pipi " , puis l'amour de sa vie, incestueux mais merveilleux, de la perte duquel il ne se remettra jamais. Pour épuiser sa douleur et sa haine, il s'enrôle à la guerre. " J'étais en guerre contre mon destin, et on me donnait une arme et un champ de bataille". Adolescent en quête de martyr, il est envoyé dans une école religieuse pour devenir juge et se prend pour le " Talleyrand iranien " . Il décrit les ressorts d'un régime de terreur, de tortures, de trafic d'organes, d'espionnage généralisé... Un incident va l'inciter à rendre visite à une adolescente en prison, puis, en catimini, à 117 autres jeunes et belles détenues. " Le viol me révulsait, me rebutait, vous comprenez ? J'avais besoin d'être admiré. Je leur apportais des plaisirs à hauteur de liberté. Je les traitais comme des femmes courtisées. Je rendais hommage à leur féminité bafouée. " Alors, ce " violeur attentionné et délicat " , qui reconnaît avoir condamné à mort des innocents, est-il un bouc-émissaire qui paie pour les crimes d'un régime dont les vrais puissants sont exonérés, ou un monstre manipulateur dont la bonne conscience dénonce encore plus la profonde perversion ? Au lecteur de juger. Peut-on être à la fois victime et bourreau ? On se sent mal à l'aise à ressentir de l'empathie pour ce criminel, voire à s'identifier à lui.
Chaque année Sorj Chalandon nous dit qu’il n’écrira plus de livre sur son père, et pourtant, chaque année il y revient. Cette fois il touche le sujet en plein cœur, puisqu’il décrit son errance dans les rues de Paris lors de sa fugue à 17 ans. Il y conte l’adolescence, la rage contre l’injustice, l’engagement, les coups durs et surtout, les belles rencontres salvatrices. Cette fois encore Chalandon m’a émue par sa sincérité et la qualité de sa plume.