Dans un village du Périgord, après un violent orage, un instituteur découvre que le monde qui l'entoure, ainsi que tous les êtres vivants, sont figés, immobiles comme si le temps s'était définitivement arrêté. Livré à lui-même et évoluant en permanence sur une scène de théâtre dont les acteurs et le décor seraient aussi froids et fragiles que du verre, l'instituteur essaye de mener une vie normale dans son village et de survivre à la folie qui le guette. Il décide finalement de rejoindre Paris à pied pour tenter d'y retrouver son seul ami d'enfance. C'est en chemin qu'il rencontrera un autre être mouvant, une loutre, qu'il tentera d'apprivoiser... L'Orage et la loutre est le récit halluciné d'un voyage à travers une France immobile. L'impossibilité de contact humain que connaît le narrateur nous transporte dans l'enfer de la solitude et dans l'ambiguïté des relations humaines. Derrière ce qui pourrait être un sombre cauchemar, se cache aussi un roman écologique qui questionne notre rapport à la nature et au vivant, et qui nous met face à notre incapacité à préserver ce qui nous est essentiel.
Nombre de pages
255
Date de parution
16/02/2024
Poids
238g
Largeur
124mm
Plus d'informations
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EAN
9782377561896
Titre
L'orage et la loutre
Auteur
Ganiayre Lucien ; Lemaire Andreas
Editeur
OGRE
Largeur
124
Poids
238
Date de parution
20240216
Nombre de pages
255,00 €
Disponibilité
Epuisé
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On se couvrira les yeux d'abord, on fuira. On y reviendra de plein fouet et on voudra tout voir, avec la rage d'un coyote. On avalera les photos, les petits films de vacances mal cadrés, les anecdotes, les souvenirs. On voudra, comme le coyote déchiquette sa proie, appuyer de tout son poids, briser la colonne vertébrale. Comprendre comment une nuit on rentre chez soi, avec sa femme, ses deux enfants qui font une vie, comment on regarde la télévision ou comment on lit ou bricole, comment on va se coucher, et comment on ressort, au milieu de cette même nuit qui appartient à cette même femme et à ces mêmes enfants qui font une vie, comment on en ressort, porté par des bras inconnus, allongé dans l'air."
Brûlées, premier roman d'Adriadna Castellarnau, délivre une prose implacable, sèche et intensément belle, comme si les mots eux-mêmes avaient été réduits et purifiés par le feu. Le monde est en train de mourir. Ou il est peut-être déjà mort, mais il est encore habité par des survivants qui s'entendent sur la manière de mourir de faim, qui défendent leurs biens, qui prient pour l'avenir et qui abandonnent leurs enfants, parfois pour qu'ils aient une vie meilleure, parfois simplement parce qu'ils sont épuisés. Ce qui est arrivé au monde et pourquoi cela est arrivé n'est pas fondamental, ce qui compte c'est ce qu'il faut faire des dépouilles, de la crasse, de ces feux de joie nocturnes, de l'abandon lent de la compassion et du gouvernement de la tristesse.
C'est pas parce qu'on est flic qu'on comprend quelque chose au monde comme il va ou ne va plus du tout. Si on a encore un peu chaud, c'est qu'on se tient chaud. Dehors, vastes plaines et vent sifflant. Le ciel est froid comme la terre, entre les deux vont des flocons en rafale. On se hisse les uns sur les chaises, les uns sur les épaules des autres pour apercevoir la lamelle d'un croissant de lune à peine moins blanche que le blanc d'autour. Le bruit d'un moteur dans l'air, le bruit est toute l'affaire, le bruit d'un avion perdu dans les airs enneigés comme des plaines. Le bruit d'un avion qui au-dessus de nous tourne en aveugle. Si on a encore un peu chaud, c'est qu'on se tient chaud."