La plume et le pinceau. Odilon Redon et la littérature
Gamboni Dario
MINUIT
24,75 €
Epuisé
EAN :9782707313065
Ami de Huysmans et Mallarmé, "interprète" de Flaubert, de Baudelaire et de Poe, Odilon Redon (1840-1916) n'en affirme pas moins que l'art n'a rien à voir avec la littérature. Paradoxe ? juste mise au point ? réponse à ceux qui l'accusent d'être un "peintre littéraire" ? Une analyse serrée découvre sous cette apparente contradiction le résultat d'une véritable reconversion qui fait passer Redon de la collaboration étroite avec les écrivains décadents et symbolistes à la défense de l'autonomie et de la spécificité des arts visuels. Cette évolution se révèle à son tour symptomatique d'une crise des rapports entre artistes et écrivains qui accompagne, au cours du dernier quart du XIXe siècle et du premier quart du XXe siècle, l'accession de la critique à un rôle déterminant dans le système moderne de consécration et de diffusion des oeuvres d'art. Cet ouvrage, qui conjugue réflexion méthodologique et recherche empirique, renouvelle fondamentalement l'étude de l'oeuvre et de la carrière d'Odilon Redon ; il comprend en annexe la transcription commentée d'une centaine de documents inédits éclairant ses rapports avec la littérature et les écrivains. Par l'analyse d'un cas exemplaire, il entend contribuer à l'histoire du symbolisme, de la critique d'art et de la réception de l'oeuvre d'art tout en jetant les fondements d'une économie des relations entre les différentes pratiques culturelles.
Nombre de pages
350
Date de parution
01/11/1989
Poids
484g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782707313065
Titre
La plume et le pinceau. Odilon Redon et la littérature
Auteur
Gamboni Dario
Editeur
MINUIT
Largeur
135
Poids
484
Date de parution
19891101
Nombre de pages
350,00 €
Disponibilité
Epuisé
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À la mort de son père, Libero Gamboni se trouve confronté au devoir de mémoire. Faut-il conserver intacte la collection d’objets accumulés dans la maison familiale ? Les voyages qu’il entreprend, les musées qu’il visite sont l’occasion d’échanger une correspondance avec son cousin, Dario Gamboni, actuellement professeur d'histoire de l'art à l'université de Genève. Alimentées par cette question pressante, les interrogations fusent entre l’architecte et l’historien de l’art.Les musées qui intéressent Dario & Libero Gamboni sont d’une nature particulière : créés par des artistes et/ou des collectionneurs, ils permettent d’apprécier l’accrochage comme un mode d’expression, une forme d’art au carré : ainsi le musée Gustave Moreau à Paris ou la fondation Barnes à Philadelphie. Dans ces « musées d’auteur » – comme on parle de « films d’auteur » – priment l’expérience et l’intimité.Reprise par Dario Gamboni et enrichie d’un appareil de notes, la correspondance entre Dario & Libero constitue une histoire exceptionnelle des musées d’artistes et de collectionneurs. Le Musée comme expérience décrit et analyse pour la première fois le phénomène comme un tout, de ses débuts vers 1800 jusqu’à l’époque actuelle, qui en représente un nouvel âge d’or après celui des années 1900. En tissant des liens entre passé et présent, ce dialogue itinérant nourrit la réflexion sur l’avenir de nos musées et les modes de conservation, à l’heure où les grandes institutions publiques multiplient succursales et événements médiatiques. Écrit comme un récit de voyage, il restitue le plaisir de la découverte et la saveur de l’expérience dans ces lieux dépositaires de notre histoire.Ce livre examine en profondeur quinze cas répartis autour du globe, choisis pour leur caractère représentatif et la qualité de leur disposition, auxquels le jeu des comparaisons ajoute plus d’une centaine d’autres musées.
Sans adieu ". Andries Bonger - Odilon Redon, correspondance 1894-1916, vient satisfaire une attente en donnant accès aux quelques trois cents lettres inédites échangées pendant plus de vingt ans par Odilon Redon, l'un des artistes majeurs du tournant de 1900, et son principal collectionneur, Andries Bonger. Plus de 300 reproductions d'Odilon Redon illustrent leurs échanges. Publier la correspondance d'Andries Bonger et Odilon Redon revient à réaliser un projet souvent formulé, parfois entrepris, mais jamais mené à bien. L'intérêt de ces documents vient de la personnalité de leurs auteurs ainsi que de la durée, de la profondeur et de la qualité de leur échange. Ce diaologue entre l'artiste, grand symboliste du XIXe, et son collectionneur apporte un éclairage nouveau et inédit sur l'oeuvre d'Odilon Redon.
Redon retrouvé. Ouvres et documents inédits" est un livre de référence sur la vie et l'oeuvre d'Odilon Redon, une des figures majeures du symbolisme français et européen. S'appuyant sur une documentation inédite, cette monographie a été conçu pour satisfaire à la fois les attentes des spécialistes et celles des lecteurs désireux de (re)découvrir l'oeuvre de cet artiste. Odilon Redon est un artiste majeur du XIXe siècle. L'accès aux archives Redon permet de proposer aujourd'hui des oeuvres et des documents totalement inédits, notamment deux carnets de dessins reproduits intégralement dans l'ouvrage et commenté par Dario Gamboni. Plus de 350 oeuvres (dessins, lithographies, peintures) complèteront l'ensemble. L'approche des auteurs a permis de concilier l'exploration d'un fond d'archives et oeuvres inédits avec leur analyse et une mise en perspective historique. L'histoire de Redon se trouve ainsi considérablement renouvelée qu'il s'agisse de ses relations familiales, de ses choix et stratégies d'artiste, de son rapport à Bordeaux et à Paris, enfin à son oeuvre même.
Robe-à-Raies, toi vers qui je me tourne chaque matin, qu'as-tu fait de tes jambes ? " Se frayant un chemin dans le labyrinthe d'un découpage sans titre et sans GPS, le narrateur rencontre un chat noir et des spéléologues de fortune, puis traverse le monde agité des comics en proie à la gentrification, avant de rendre hommage à la déesse Gironde alias Robe-à-Carreaux.Dans ce livre d'artiste à quatre mains, la langue projette sa lumière de mineur sur la dentelle phytomorphe et les figures ambiguës que le scalpel a taillées dans le papier. Loin d'en épuiser le filon, il invite à poursuivre soi-même son exploration.
La vie sociale est un théâtre, mais un théâtre particulièrement dangereux. A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détacher des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. Celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques sont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte. Il arrive ainsi que la pièce prenne l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet. Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarnée un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.
Dans Fin de partie il y a déjà cette notion d'immobilité, cette notion d'enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous les mouvements qu'il peut faire c'est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être un fils adoptif, qui est lui-même assez malade, mal en point, qui marche difficilement. Et ce vieillard a ses parents encore, qui sont dans des poubelles, son père et sa mère qu'on voit de temps en temps apparaître et qui ont un très charmant dialogue d'amour. Nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d'échecs et ils marquent des points, l'un après l'autre, mais celui qui peut bouger a peut-être une plus grande chance de s'en tirer, seulement ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s'exprime avec beaucoup de haine, de sarcasme, et par tout un jeu. Par conséquent, il y a dans cette pièce - qui est à un niveau théâtral absolument direct, où il n'y a pas d'immense symbole à cher-cher, où le style est d'une absolue simplicité -, il y a cette espèce de jeu qu'ils se font l'un à l'autre, et qui se termine aussi d'une façon ambiguë parce que le suspense dérisoire de la pièce, s'il y a suspense, c'est ce fils Clov, partira-t-il ou non? Et on ne le sait pas jusqu'à la fin. Je dois dire aussi que c'est une pièce comique. Les exégètes de Beckett parlent d'un "message", d'une espèce de chose comme ça. Ils oublient de dire le principal, c'est que c'est une chose qui est une découverte du langage, de faire exploser un langage très quotidien. Il n'y a pas de littérature plaquée, absolument pas. Faire exploser un langage quotidien où chaque chose est à la fois comique et tragique.