Comment Simone Weil est-elle passée du christianisme " moral " d'Alain à une expérience du Christ " de personne à personne " qui l'a conduite à une métaphysique religieuse unique au xxe siècle ? Comment s'est-elle heurtée au malheur et à la barbarie, mais aussi à une théologie des années 30 dont l'exclusivisme l'a convaincue d'une tentation " totalitaire " contrastant, dans la tradition judéo-chrétienne, avec la " science de la Croix " de saint Jean et saint Paul, ou de saint François d'Assise et saint Jean de la Croix ? Comment, héritière de l'antijudaïsme allant de Spinoza à Alain, a-t-elle, non pas " rejeté la Bible ", mais opposé l'Alliance noachique et les " saints païens " de l'Ancien Testament aux " guerres saintes " paraissant commandées par le Dieu hébreu ? Comment, ayant vu dans la kénose divine le coeur de la révélation, a-t-elle développé une métaphysique de la " nouvelle naissance " et de la " beauté du monde ", puis une philosophie du dialogue interculturel et interreligieux dont l'actualité est si frappante aujourd'hui ? Cet ouvrage cherchant à éclairer chacune de ces questions montre pourquoi les accusations de gnosticisme ou de marcionisme portées de manière précipitée dans les années 50 ont souvent empêché de lire Simone Weil pour elle-même, masquant sa pensée et sa profession de foi fondamentale (" Je crois en Dieu, à la Trinité, à l'Incarnation, à la Rédemption, à l'Eucharistie, aux enseignements de l'Evangile ") mais aussi le prophétisme d'une mystique de " l'amour divin dans la création " et d'une mystique de l'action dont le xxie siècle a encore davantage besoin qu'hier.
Nombre de pages
279
Date de parution
30/11/2023
Poids
348g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782204162166
Titre
Etre et Grâce. Simone Weil et le christianisme
Auteur
Gabellieri Emmanuel
Editeur
CERF
Largeur
135
Poids
348
Date de parution
20231130
Nombre de pages
279,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Présentation de la pensée de Simone Weil (1909-1943). Textes commentés, vocabulaire, bibliographie. Sur la collection Collection dirigée par Jean-Pierre Zarader.Cette petite collection a choisi d'aller à l'essentiel: les concepts fondamentaux qui seuls permettent de saisir l'unité et la cohérence d'une pensée. Chaque ouvrage de la collection comprend trois parties: un exposé doctrinal s'attachant à mettre en évidence le noyau conceptuel d'une philosophie; des textes commentés, permettant d'approfondir cette analyse, tout en offrant l'occasion ? et l'expérience ? d'un contact direct avec l'?uvre elle-même; un vocabulaire, enfin, qui s'efforce de présenter et de clarifier ces mots (souvent techniques, mais parfois d'une banalité trompeuse) dans lesquels s'exprime toute philosophie.
Cette petite collection a choisi d?aller à l'essentiel : les concepts fondamentaux qui seuls permettent de saisir l'unité et la cohérence d'une pensée. Chaque ouvrage de la collection comprend trois parties : un exposé doctrinal ? des textes commentés ? un vocabulaire. Simone Weil (1909-1943) a opéré un triple tournant au sein de la philosophie française d'inspiration cartésienne. D'abord, une accentuation de celle-ci vers une pensée de la « perception-travail », ouvrant la tradition réflexive à une problématique pratique et sociale. Ensuite, à partir de l'expérience de l'oppression, du malheur et de la barbarie, opposée à celle de la grâce, un dépassement radical des philosophies modernes du sujet. Enfin, le déploiement d'une métaphysique de la médiation dont l'audace spéculative, articulant hellénisme, christianisme, pensée orientale et modernité, est unique dans la philosophie contemporaine.
La phénoménologie voulait rompre avec les dualismes issus de la métaphysique. Mais, à la suite de la distinction husserlienne entre "ce qui apparaît" et "l'apparaître" , elle ne cesse d'opposer "l'essence" à "l'existence" , "l'être" à "l'étant" , la "vie" au "monde" , "l'objet" à "l'événement" . Ce dualisme cherchant des données "pures" rappelle étrangement la doctrine cartésienne des "natures simples" . Or la phénoménalité concrète n'est jamais constituée de données pures, mais toujours d'un enchevêtrement de déterminations. L'essence de la phénoménalité ne saurait donc être circonscrite par réduction à un principe ou un mode jugé plus essentiel ou exclusif d'un autre, car l'essence de la phénoménalité, c'est précisément cet enchevêtrement de déterminations, c'est le phénomène de synthèse comme phénomène. Mais nous voulons "faire l'Un trop vite" (Platon), là où toute réalité concrète est constituée de polarités dont nous ne saisissons pas le principe d'unité. Reconnaître une structure polaire de l'être et de l'étant, reconnaître tout phénomène comme un "entre-deux" , un metaxu, telle est la tâche d'une métaxologie qui interrogerait l'énigme et l'option par quoi chaque phénomène peut être transformé en idole ou être le lieu d'une grâce. Alors pourra-t-on retrouver la dimension "transnaturelle" (Blondel) de toute réalité.
Le travail est-il, quoi qu'on fasse, l'opposé de la liberté et de la " vraie vie ", dont l'humanité pourrait, et devrait parvenir à se libérer ? Ou bien est-il une modalité essentielle de l'accomplissement de soi, un lieu essentiel de la vie sociale en même temps que d'une transformation du monde capable de libérer l'homme du règne de la nécessité ? La modernité a exalté cette seconde perspective. Mais la crise de la modernité fait resurgir la première, et semble conduire à osciller entre ces représentations opposées. Par rapport à ces tendances souvent enchevêtrées dans le débat contemporain, la pensée de Simone Weil 11909-19431 peut apparaître paradoxale. D'une part, nul n'a davantage qu'elle, à partir de son expérience directe de la condition prolétarienne des années 1930, analysé et dénoncé l'aliénation du travail. Mais d'autre part, aucun autre philosophe n'a sans doute affirmé autant la valeur humaine et spirituelle du travail authentique, et la possibilité réelle d'élaborer une " civilisation " et une " spiritualité " du travail.
A la croisée de l'histoire religieuse, de l'innovation technologique et des Humanités numériques, ce volume monumental retrace une aventure intellectuelle et humaine hors du commun : celle d' "Informatique et Bible" à l'abbaye bénédictine de Maredsous, de 1968 à 2018. Dans un format exceptionnel et sur près de 800 pages abondamment documentées, l'ouvrage rassemble témoignages, archives, analyses et textes fondateurs autour d'une expérience pionnière qui marquera durablement l'histoire de l'informatique appliquée aux textes. Bien avant l'essor du numérique contemporain, des moines bénédictins visionnaires développèrent, avec le soutien d'IBM-Belgium et d'un vaste réseau international de chercheurs, des outils novateurs pour l'étude, l'édition et la diffusion des textes bibliques et scientifiques. Des premières concordances bibliques informatisées aux bases de données textuelles multilingues, des cartes perforées au Minitel, voici racontée l'aventure d'une véritable "conversion" de la culture alphabétique vers la culture numérique. Structuré en quatre grandes parties complémentaires - chronique historique, notices encyclopédiques, textes majeurs et inventaire patrimonial - ce livre constitue à la fois une somme documentaire, une mémoire vivante et un outil de référence. Le lecteur y découvre les grandes réalisations qui firent la renommée de Maredsous : la Table Pastorale de la Bible (1974), les premières concordances analytiques françaises, le Dictionnaire Encyclopédique de la Bible publié simultanément sous forme imprimée et numérique dès 1987, ainsi qu'un demi-siècle de réflexions sur les mutations culturelles engendrées par les technologies de l'information. Notamment porté par le Fr. Robert-Ferdinand Poswick, osb, cet ouvrage s'impose déjà comme une contribution majeure à l'histoire des Humanités numériques européennes. Comme l'écrit Pierre Mounier-Kuhn : "Il aura sa place dans toutes les bibliothèques et bibliographies d'Humanités numériques".
La Bible de Jérusalem est le fruit de la traduction collective des textes hébreux et grecs par l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem qui lui a donné son nom. La première version est parue en 1956. La version actuellement imprimée date de 2000. La qualité des introductions, des traductions et des notes reflète le meilleur de la recherche exégétique contemporaine. La mise en pages réjouit l'oeil tout en facilitant l'intelligence du texte - l'usage de strophes signalant par exemple les passages poétiques. Cette disposition est devenue un modèle pour toutes les bibles modernes ultérieures. Des références dans les marges renvoient à d'autres passages. La Bible de Jérusalem est actuellement la traduction biblique la plus répandue en France, et fait figure de classique. La fidélité aux textes originaux en fait une bible d'étude. La qualité littéraire de sa traduction, la grande attention portée à son vocabulaire et à son style en font une bible pour la lecture, adaptée à tous les publics. Les livres présentés sont ceux du canon catholique.
2019 marque le neuvième centenaire de la Carta caritatis, ou plus exactement de la confirmation de ce texte cistercien essentiel par le pape Calixte II le 23 décembre 1119. Maillon essentiel dans la construction de l'édifice cistercien, la Charte de charité entend préserver l'esprit de Cîteaux, alors que le " Nouveau Monastère " s'était mis à essaimer. Sa préoccupation est de garantir charité et unanimité entre l'abbaye-mère et ses abbayes-filles. L'enjeu est majeur et le rythme des fondations justifie que le texte soit en évolution durant plusieurs décennies. Il est d'ailleurs en pleine gestation au moment de sa première approbation pontificale en 1119. Texte incontournable de la genèse cistercienne, la Carta caritatis a fait l'objet de nombreuses études. Son élaboration a ainsi suscité de riches discussions, tout comme l'emprise de ce document constitutionnel sur l'histoire cistercienne. Les aspects historiques et législatifs de la Charte de charité ne doivent pas pour autant faire oublier les principes spirituels d'un texte dont l'essence est de protéger l'esprit d'amour entre les communautés. Le présent volume constitue les actes du colloque organisé par l'Association pour le rayonnement de la culture cistercienne (ARCCIS), en partenariat avec le Collège des Bernardins et fait le point sur ces questions qui ont touché et qui touchent aujourd'hui encore les membres de la Famille cistercienne. La rencontre a également été l'occasion d'appréhender la Charte de charité en tant que source d'inspiration dans le monde religieux, mais aussi lai ? c, notamment entrepreneurial.