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Simone Weil
Gabellieri Emmanuel ; L'Yvonnet François
L'HERNE
33,00 €
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EAN :9782851971746
Extrait Extrait de l'introduction générale de Emmanuel Gabellieri «Je n'oublierai jamais la découverte de l'oeuvre de Simone Weil à travers d'abord La Pesanteur et la Grâce...» En s'exprimant ainsi en 1993, Paul Ricoeur exprimait le témoignage d'une génération qui, de A. Camus à E Mauriac, de S. Breton à R. Girard - pour ne citer qu'eux - fut fascinée et bouleversée par la découverte en 1947 d'un génie inconnu, dont l'unité de pensée semblait insaisissable, mais dont il apparaissait évident qu'elle était comparable à celle d'un «nouveau Pascal». Plus de soixante ans plus tard, qu'en est-il ? Le génie de S. Weil ne fait guère de doute pour ceux qui la lisent. Et, comme l'écrit E L'Yvonnet, Simone Weil n'a jamais été aussi lue et commentée. Mais certains s'effraient ou se fatiguent d'un génie dont ils n'arrivent pas à cerner les contours (comme si ce n'était pas là précisément la marque du génie, l'absence de génie étant à l'inverse de vouloir se contenter de contours bien définis, voire définitifs). Et parallèlement, force est de constater que la vraie lecture de S. Weil (non pas celle qui prétendrait dire la vérité de sa pensée, mais celle qui serait consciente autant que possible du contenu intégral de celle-ci), se heurte toujours à de multiples difficultés. A commencer par exemple, et pour revenir à l'initium de 1947, par celle consistant à croire que La Pesanteur et la Grâce, est un ouvrage «de» Simone Weil. Car tout le monde a lu, ou parcouru, ce qui est devenu un des ouvrages de la pensée contemporaine les plus édités et diffusés dans le monde. Mais qui a pleinement conscience qu'il s'agit d'un choix composé par Gustave Thibon à partir d'extraits des Cahiers de Marseille que lui avait laissés, avec une générosité folle, S. Weil ? Et qui, parmi ceux qui le savent, est allé de la préface explicative de Thibon (scandaleusement disparue dans un certain nombre d'éditions) au lien existant entre ces fragments et les plus de mille pages des Cahiers de Marseille ? Il faut alors poursuivre car, parmi ceux qui connaissent ce lien, combien sont allés ensuite de la chronologie d'écriture de ces Cahiers aux liens serrés qu'ils entretiennent avec les centaines d'autres pages des «grands textes» métaphysiques et spirituels de Marseille ? Et combien, enfin, ont tenté, à partir de là, de reconstruire la courbe de l'inspiration weilienne, des textes de l'adolescence aux écrits politiques des années 1930, puis des écrits de Marseille à ceux de New York et de Londres, où s'éteint à 34 ans la vie fulgurante de S. Weil ? La seule énumération de ces strates de l'oeuvre, des interrogations critiques qu'elles peuvent susciter, suffit à indiquer combien la réception de S. Weil est encore loin d'être ce qu'elle devrait être. Certes, le centenaire de sa naissance en 2009 a vu se multiplier le nombre d'ouvrages qui lui a été consacré. Mais, pour quantité d'ouvrages de vulgarisation, combien ont aidé à faire un bilan des travaux de recherche sur sa pensée ? De même, l'édition en cours des uvres complètes de Simone Weil dans la prestigieuse collection «NRF Gallimard» offre enfin l'édition critique, chronologique et unifiée, qui manquait jusqu'ici pour un regard global sur l'ensemble de l'oeuvre (gloire soit ici rendue à André A. Devaux, Florence de Lussy, Robert Chenavier, directeurs successifs de cette immense entreprise). Mais combien, dans l'Université française, encouragent les étudiants à s'engager dans la masse des 11 volumes parus à ce jour (sur 16 attendus) pour leurs recherches, pour les mémoires et les thèses qui y sommeillent par dizaines ? Nous le savons, S. Weil est trop originale pour entrer facilement dans les cadres et les débats académiques réglementés. Trop révolutionnaire pour les uns, pas assez pour les autres, trop mystique pour les philosophes professionnels, pas assez catholique pour les catholiques, trop fragmentaire pour les esprits systématiques, pas assez mesurée pour les pédagogues officiels, etc. Mais son originalité n'est que le prétexte à notre paresse et notre inintelligence. Dès qu'on pénètre un peu profondément dans l'oeuvre, ces antithèses révèlent leurs limites et leur fausseté. Seulement il faut pour cela vouloir tout embrasser, et d'abord l'ensemble des dimensions de sa pensée. D'où l'ordonnancement de ce Cahier. Honneur d'abord à la philosophie, car S. Weil fût d'abord philosophe. Mais une philosophie dont la vérité est de se relier à ce qui n'est pas elle, et d'abord à la science (qui, dans la vision grecque de S. Weil, fait nécessairement partie de la philosophie sous peine de perdre son âme), car toutes deux ont pour fin la contemplation de la beauté du monde. Puis à la littérature, car la philosophie se nourrit de la mise en scène, de la mise en récit, et de la poésie de l'existence. Faut-il s'étonner que la philosophe qui, contre tout esthétisme et culte des apparences, a remis à l'honneur dans la pensée contemporaine, la catégorie platonicienne du beau, témoigne d'une pureté de l'expression et d'une créativité poétique qui n'ont sans doute pas d'égale dans la philosophie française du XXe siècle, et en font un écrivain de premier ordre ?
Présentation de la pensée de Simone Weil (1909-1943). Textes commentés, vocabulaire, bibliographie. Sur la collection Collection dirigée par Jean-Pierre Zarader.Cette petite collection a choisi d'aller à l'essentiel: les concepts fondamentaux qui seuls permettent de saisir l'unité et la cohérence d'une pensée. Chaque ouvrage de la collection comprend trois parties: un exposé doctrinal s'attachant à mettre en évidence le noyau conceptuel d'une philosophie; des textes commentés, permettant d'approfondir cette analyse, tout en offrant l'occasion ? et l'expérience ? d'un contact direct avec l'?uvre elle-même; un vocabulaire, enfin, qui s'efforce de présenter et de clarifier ces mots (souvent techniques, mais parfois d'une banalité trompeuse) dans lesquels s'exprime toute philosophie.
Résumé : Comment Simone Weil est-elle passée du christianisme " moral " d'Alain à une expérience du Christ " de personne à personne " qui l'a conduite à une métaphysique religieuse unique au xxe siècle ? Comment s'est-elle heurtée au malheur et à la barbarie, mais aussi à une théologie des années 30 dont l'exclusivisme l'a convaincue d'une tentation " totalitaire " contrastant, dans la tradition judéo-chrétienne, avec la " science de la Croix " de saint Jean et saint Paul, ou de saint François d'Assise et saint Jean de la Croix ? Comment, héritière de l'antijudaïsme allant de Spinoza à Alain, a-t-elle, non pas " rejeté la Bible ", mais opposé l'Alliance noachique et les " saints païens " de l'Ancien Testament aux " guerres saintes " paraissant commandées par le Dieu hébreu ? Comment, ayant vu dans la kénose divine le coeur de la révélation, a-t-elle développé une métaphysique de la " nouvelle naissance " et de la " beauté du monde ", puis une philosophie du dialogue interculturel et interreligieux dont l'actualité est si frappante aujourd'hui ? Cet ouvrage cherchant à éclairer chacune de ces questions montre pourquoi les accusations de gnosticisme ou de marcionisme portées de manière précipitée dans les années 50 ont souvent empêché de lire Simone Weil pour elle-même, masquant sa pensée et sa profession de foi fondamentale (" Je crois en Dieu, à la Trinité, à l'Incarnation, à la Rédemption, à l'Eucharistie, aux enseignements de l'Evangile ") mais aussi le prophétisme d'une mystique de " l'amour divin dans la création " et d'une mystique de l'action dont le xxie siècle a encore davantage besoin qu'hier.
Simone Weil (1909-1943) a opéré un triple tournant au sein de la philosophie française d'inspiration cartésienne. D'abord, une accentuation de celle-ci vers une pensée de la "perception-travail", ouvrant la tradition réflexive à une problématique pratique et sociale. Ensuite, à partir de l'expérience de l'oppression, du malheur et de la barbarie, opposée à celle de la grâce, un dépassement radical des philosophies modernes du sujet. Enfin, le déploiement d'une métaphysique de la médiation dont l'audace spéculative, articulant hellénisme, christianisme, pensée orientale et modernité, est unique dans la philosophie contemporaine.
La phénoménologie voulait rompre avec les dualismes issus de la métaphysique. Mais, à la suite de la distinction husserlienne entre "ce qui apparaît" et "l'apparaître" , elle ne cesse d'opposer "l'essence" à "l'existence" , "l'être" à "l'étant" , la "vie" au "monde" , "l'objet" à "l'événement" . Ce dualisme cherchant des données "pures" rappelle étrangement la doctrine cartésienne des "natures simples" . Or la phénoménalité concrète n'est jamais constituée de données pures, mais toujours d'un enchevêtrement de déterminations. L'essence de la phénoménalité ne saurait donc être circonscrite par réduction à un principe ou un mode jugé plus essentiel ou exclusif d'un autre, car l'essence de la phénoménalité, c'est précisément cet enchevêtrement de déterminations, c'est le phénomène de synthèse comme phénomène. Mais nous voulons "faire l'Un trop vite" (Platon), là où toute réalité concrète est constituée de polarités dont nous ne saisissons pas le principe d'unité. Reconnaître une structure polaire de l'être et de l'étant, reconnaître tout phénomène comme un "entre-deux" , un metaxu, telle est la tâche d'une métaxologie qui interrogerait l'énigme et l'option par quoi chaque phénomène peut être transformé en idole ou être le lieu d'une grâce. Alors pourra-t-on retrouver la dimension "transnaturelle" (Blondel) de toute réalité.
Dans ce court essai, Russell s’attaquait aux sornettes, aux billevesées, aux bêtises, aux absurdités terriblement ordinaires de son temps, souvent contradictoires en elles-mêmes et pourtant ressassées infatigablement par nombre d’honnêtes gens. Force est de constater qu’une bonne part d’entre elles ont toujours cours sur le marché des discours creux et ridicules et qu’elles semblent, malgré les objections raisonnables mêlées d’ironie piquante que leur faisait Russell, n’avoir pas pris une ride.
Depuis qu'il existe des sociétés de classe et que la lutte des classes constitue le moteur essentiel de l'histoire, la conquête du pouvoir politique a toujours été le but de toutes les classes ascendantes ainsi que le point de départ et le point d'aboutissement de toute période historique. C'est ce que nous constatons dans les longues luttes de la paysannerie contre les financiers et contre la noblesse dans l'ancienne Rome, dans les luttes du patriciat contre les évêques et dans celles de l'artisanat contre les patriciens dans les villes du Moyen Age, ainsi que dans celles de la bourgeoisie contre le féodalisme dans les temps modernes. La réforme légale et la révolution ne sont donc pas des méthodes différentes de progrès historique que l'on pourrait choisir à volonté comme on choisirait des saucisses chaudes ou des viandes froides au buffet, mais des facteurs différents de l'évolution de la société de classe, qui se conditionnent et se complètent réciproquement, tout en s'excluant, comme par exemple le pôle Sud et le pôle Nord, la bourgeoisie et le prolétariat. R. L.
Résumé : Dirigé par Grégory Delaplace et Salvatore D'Onofrio. Philippe Descola a participé à renouveler en profondeur la pensée anthropologique du XXIe siècle, mettant en lumière la complexité des rapports entre humains et non-humains. Sa tentative sincère de décrire le monde dans les termes de celles et ceux qui l'habitent, traverse le domaine des sciences sociales pour toucher un très large public. Autant que Claude Lévi-Strauss, dont il a été l'élève, Descola a su tisser un dialogue qui non seulement a enrichi toutes les disciplines, mais a permis de questionner les méthodes de l'anthropologie. Dans toute son oeuvre, Descola développe ainsi une anthropologie comparative ouvrant le débat sur des questions contemporaines, notamment celles liées au changement climatique. Les contributeurs de ce Cahier discutent ainsi les apports théoriques de ses propositions, non sans faire droit à certaines critiques (Jacques Rancière, Tim Ingold, ...), s'attachent à souligner son engagement et les applications concrètes auxquelles sa pensée se prête (Jérôme Baschet, Pierre Charbonnier, ...), ou bien livrent des témoignages personnels revenant sur des moments majeurs de sa carrière (Eduardo Viveiros de Castro, Bruno Latour, ...). Des textes, des discours et des conférences inédites mais aussi un important extrait du carnet de terrain tenu par Philippe Desocla lors d'une visite chez les Achuars dans les années 1970, et etayé de facsimilés du manuscrit et de photographies, nous donnent à voir l'importance d'une oeuvre qui s'attache à montrer l'irréductible pluralité des manières de peupler le monde que nous habitons.
Mondialement connu pour ses romans La montagne magique, Les Buddenbrook ou La mort à Venise, Thomas Mann est célébré comme le grand écrivain du temps, toutefois l'index thématique de son oeuvre comporte en réalité de multiples dimensions. L'ensemble de témoignages, d'analyses, de documents et d'éléments critiques présentés dans ce volume permettent au lecteur de mieux pénétrer dans l'univers créateur de Thomas Mann. Les grands plumes françaises (Michel Deguy, Margueri?te Yorucenar, Martin Flinker,...) côtoient les études des critiques de langue allemande (Hans Wysling, Max Rychner, Ernest Ottwald,...) de telle manière que ce dialogue puisse cerner mieux encore la pensée et la manière de l'écrivain. Au delà de l'oeuvre, le Cahier a aussi pour but de faire découvrir la vie de l'écrivain, car si les romans, les nouvelles et les essais de Thomas Mann ont presque totalement été traduits en français, sa biographie reste singulièrement mal connue en France. Elle est pourtant indispensable à la compréhension profonde de son oeuvre. A côté des témoignages de sa famille et de ses intimes, nous avons tenu à insister sur le rôle politique de Thomas Mann. De nombreux inédits de l'auteur ajouteront à cette prise de conscience du lecteur français, étonné sans doute de l'importance historique du comportement de l'écrivain entre 1914 et 1945, et plus particulièrement face au nazisme, à la démocratie, à l'Europe.
Et si la grammaire n'était pas celle que l'on croyait ? Et si, au lieu de perpétuer des règles obscures et souvent obsolètes, elle les établissait à partir des usages ? A la lecture de ce manifeste incisif en faveur d'une langue débarrassée de tout diktat, on réalise, entre autres choses, qu'il est possible d'aller au coiffeur en vélo, malgré que les "puristes" de notre langue considèrent ces tournures comme des fautes. D'autant que les grands noms de la littérature sont aussi les premiers fauteurs. De Racine à Annie Ernaux en passant par Madame de Sévigné et Jean d'Ormesson, nombreuses sont celles et ceux à avoir fait fi des caprices de l'Académie française. Pour retrouver le plaisir de parler et d'écrire une langue vivante, sans avoir honte des tournures que nous utilisons au quotidien.
Découvrez l'histoire des "antonomases", ces noms propres qui ont perdu leur majuscule quand ils sont passés dans le langage courant, comme par exemple le dédale du nom de l'architecte du labyrinthe du Minotaure ou le cordonnier de la ville de Cordoue, réputée pour ses cuirs... Souvent drôles, toujours étonnantes, ces anecdotes éclairent bon nombre de ces noms propres auxquels nous redonnons, par l'usage, une nouvelle vie !
- Imagées, drôles ou pittoresques, littéraires ou familières, les expressions ont toujours été le sel de la langue française et sont utilisées comme autant de traits d'esprit. Ces formules trouvent leur source dans des poèmes, des chansons, des discours, dans la presse et, aujourd'hui, sur les réseaux sociaux. Mais attention, il ne faut pas se mélanger les pinceaux, sinon c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres ! - Saurez-vous utiliser à bon escient "peigner la girafe" ou "faire long feu" sans vous prendre les pieds dans le tapis ? Faites-vous "bonne chair" ou "bonne chère" ? "Irez-vous à Canossa" sans vous déshonorer ? - Avec plus de 200 exercices brillants et cocasses, retrouvez ou découvrez près de 400 expressions originales d'hier et d'aujourd'hui, avec les explications détaillées de chacune de ces pépites.