Par une journée froide de novembre, quelques personnes sont réunies dans une petite chapelle pour mettre en terre une parente. Le pope frigorifié se hâte de chanter l'office, les fossoyeurs s'enivrent et les invités silencieux se perdent dans leurs pensées. En une unique phrase, Cristian Fulas, l'une des figures majeures de la littérature contemporaine roumaine, fait le pari de sonder les âmes dans ce moment de recueillement. Se dévoilent alors la culpabilité d'avoir délaissé la défunte dans ses dernières années de maladie, les ranc?urs familiales, l'angoisse existentielle qui saisit devant un corps inanimé, mais aussi l'amour que l'on n'a pas su dire. Prouesse stylistique et esthétique, La forme du silence transcrit les tempêtes intérieures et ordinaires, le vertige d'un temps d'arrêt face à l'humaine condition.
Au coeur d'une vallée sauvage des Carpates, Iochka fabrique du charbon de bois. Quasi centenaire, il aime se taire, boire sec et dévaler ivre les routes sinueuses des montagnes au volant de sa vieille Trabant bleue. Mais le plus souvent, il demeure assis sur le banc cloué à l'extérieur de sa petite maison, se remémorant son existence hors norme. La guerre, les camps soviétiques, Ceau ? escu, puis la camaraderie du chantier quand il est affecté à la construction d'une voie ferrée qui ne mène nulle part. Là, loin du tumulte de l'Histoire, il expérimente l'harmonie sexuelle auprès d'Ilona, l'amour lumineux de sa vie, et partage l'amitié indéfectible du contremaître, du docteur et du pope, tous trois aussi alcooliques et excentriques que lui. Avec eux, il approche le secret du temps et du bonheur. Dans une prose au souffle immense, Cristian Fula ? fait exister des personnages inoubliables. Iochka, roman aussi drôle que poignant, est un chant puissant dédié aux vies minuscules cassées et oubliées dans la grande course du monde.
Iochka, quasi centenaire, fabrique du charbon de bois. Il aime se taire, boire sec et dévaler ivre les routes sinueuses des montagnes au volant de sa vieille Trabant bleue. Mais le plus souvent, il demeure assis sur le banc cloué à l'extérieur de sa petite maison, se remémorant son existence hors norme. La guerre, les camps soviétiques, Ceausescu, puis la camaraderie du chantier quand il est affecté à la construction d'une voie ferrée qui ne mène nulle part. Là, loin du tumulte de l'Histoire, il expérimente l'harmonie sexuelle auprès d'Ilona - l'amour lumineux de sa vie - et partage l'amitié indéfectible du contremaître, du docteur et du pope, tous trois aussi alcooliques et excentriques que lui. Avec eux, il approche le secret du temps et du bonheur.
La jeune Sophie vient de perdre sa maman. Elle dort désormais seule dans le grand lit de la maison de vacances où elle passe l'été avec son père et sa grand-mère, sur une île du golfe de Finlande. Pendant que l'homme vaque à ses occupations, la vieille dame espiègle - qui fume en cachette - et la petite fille curieuse de tout réinventent un monde où désobéissance et magie sont reines. Entre les tempêtes et les visites des îles voisines, elles posent les bases d'une sagesse naïve, celle-ci prenant la forme tantôt d'une thèse sur Les vers de terre qui se sont séparés en deux, tantôt de discussions sur le respect de soi. Sophie, au fil des jours, en appelle à son courage lorsqu'elle doit faire face à ses peurs irrationnelles de l'eau profonde, des hauteurs, de l'obscurité ou des petits animaux. Elle sait sa grand-mère jamais très loin, présente, aimante, dans cet été de nature et de jeu, avec comme meilleurs amis la forêt, le ciel et la mer.
Un matin de septembre 1890, un géomètre belge, mandaté par son Roi pour démanteler l'Afrique, quitte Léopoldville vers le nord. Avec l'autorité des étoiles et quelques instruments savants, Pierre Claes a pour mission de matérialiser, à même les terres sauvages, le tracé exact de ce que l'Europe nomme alors le progrès. A bord du Fleur de Bruges, glissant sur le fleuve Congo, l'accompagnent des travailleurs bantous et Xi Xiao, un maître tatoueur chinois, bourreau spécialisé dans l'art de la découpe humaine. Celui-ci décèle l'avenir en toute chose : Xi Xiao sait quelle oeuvre d'abomination est la colonisation, et il sait qu'il aimera le géomètre d'amour. Ténèbre est l'histoire d'une mutilation. Kawczak présente un incroyable roman d'aventure traversé d'érotisme, un opéra de désir et de douleur tout empreint de réalisme magique, qui du Nord de l'Europe au coeur de l'Afrique coule comme une larme de sang sur la face de l'Histoire.
« Les Falaises », c'est d'abord un voyage concret vers des contrées lointaines, la Gaspésie et l'Islande. C'est également un voyage initiatique, celui du retour aux origines, à la rencontre de sa lignée ; un voyage féminin et transgénérationnel, poétique et organique, symbolique aussi. Partir pour mieux revenir, en définitive. C'est un premier roman absolument atypique et chamboulant. Et une voix singulière, indéniablement
Il y a toujours eu cette idée qu'avec le prochain amoureux viendrait le prochain livre. En 2008, Sophie Létourneau consulte une cartomancienne qui lui prédit que, grâce à un livre, elle rencontrera l'homme de sa vie. Mais avant cela, il lui faudra déménager à Paris, s'amouracher d'un petit Français et se rendre en Asie. Sous la forme d'un collier de fragments, Chasse à l'homme présente l'histoire vraie des coïncidences fastes qui ont ponctué cette quête. Célébration du pouvoir des mots et déclaration d'amour à la littérature, enquête sur une histoire à suivre, ce livre embrasse les filles, leur désir d'être aimées et celui de devenir, à défaut d'un grand homme, une écrivaine. Le réel est un gibier qui charge plutôt que de se laisser capturer.