L'Histoire : fin et suite En 1992, quand son livre est paru - mais encore aujourd'hui ! -, Fukuyama s'est heurté au même tabou que Galilée en son temps. Prétendre que l'Histoire s'arrête, c'est comme affirmer au XVIIe siècle que le soleil ne tourne pas autour de la terre. Avec une différence appréciable : Galilée risquait le bûcher et Fukuyama le best-seller ! De même que dans les débuts de la télévision, lorsqu'il y avait une seule chaîne, on commentait le matin le film que tout le monde avait vu la veille, de même, affirmer que Fukuyama a tort - qu'évidemment l'Histoire n'est pas finie -, voilà une remarquable occasion de se retrouver d'accord avec son prochain ! Est-ce, oui ou non, la fin de l'Histoire ? Le temps du dernier homme est-il arrivé ? Il faut avoir lu le livre (ou être aussi cultivé que Francis Fukuyama) pour savoir que "la fin de l'Histoire" est une référence à Hegel et "le dernier homme" un personnage de Nietzsche. Et ces deux propositions sont plus un prétexte qu'une affirmation. L'auteur explique dans un même élan les faits les plus lointains et l'actualité la plus contemporaine. À partir du point de vue hégélien selon lequel l'unification des sociétés conduira un jour à la fin de l'histoire, Fukuyama éclaire diverses facettes du monde actuel en se référant aux diverses facettes du passé. C'est véritablement une histoire ('de l'Antiquité à nos jours') de l'histoire des idées. Une histoire optimiste mais critique, sérieuse mais non dénuée d'humour, synthétique avec l'art du détail. Et enfin - et cet aspect accroît encore le crédit que nous lui accordons -, il ne se pose pas en grand prêtre d'un quelconque message : avec la rigueur et l'érudition d'un grand universitaire, c'est presque avec timidité qu'il propose, parmi celles des autres, sa vue des choses... et qu'il éclaire la nôtre. On l'a compris, inutile de se demander si Fukuyama a raison. Il vaut mieux identifier dans son ouvrage ou à partir de là les propositions qui inspireront la réflexion et l'action des managers. Bref, en quoi une histoire des idées peut-elle être un guide pour l'action ? L'auteur définit les sociétés modernes : elles sont à dominante de classes moyennes ; la démocratie libérale est leur régime politique, l'économie de marché le principe de leur fonctionnement, l'égalité entre tous les hommes leur idéal ; et ce qui anime les individus dans ces sociétés, c'est la passion de se dépasser et de dépasser les autres. Ce sont aussi des sociétés mondialisées en raison de l'intensité des flux de personnes, de biens et d'informations qui se croisent désormais sans trêve à la surface de la planète. Depuis 1992, un fait nouveau dont nous percevons la très grande importance, même s'il reste pour le moment dans l'enfance, est apparu : Internet. Quel sera, à cinq ans, à vingt ans, à cinquante ans, l'impact sur ces sociétés du commerce électronique, par exemple ? L'auteur évoque peu les nouvelles technologies. Il est vrai qu'au début de la présente décennie, celles-ci n'étaient pas encore entrées dans l'ère du développement exponentiel qu'elles connaissent aujourd'hui. Des phénomènes majeurs s'installent - l'économie des réseaux - ou s'annoncent : la société mondiale en réseau. Ce sont les cultures, les idéologies et les visions du monde, les philosophies, les démographies qui vont se heurter, se fondre ou créer autre chose... nous ne savons pas quoi. Fukuyama nous aide à identifier des questions, sans y répondre : que seront la vie et les moeurs d'une société mondialisée, qui vivra globalement et en temps réel les événements, les idées et les passions ? Comment échapperons-nous à la menace de la barbarie qui resurgit toujours lorsqu'à l'incertitude totale nous ne savons pas apporter l'issue d'une Renaissance ? Par contre, Fukuyama revient sans cesse en filigrane sur la question qui traverse l'histoire de l'humanité et qui tracasse chaque matin les responsables : celle de la nouveauté. Comment séparer l'essentiel du factice ? Comment identifier les tendances de fond dans le fatras des événements ? Comment se forger une conviction ? Au nom de quoi ? Et surtout, une fois le parti adopté, comment le mettre en oeuvre ?... Comment vivre dignement en "dernier homme" dans la "posthistoire' ? "
L'histoire a -t-elle un sens ... Est-il possible de penser, à la fin d'un siècle qui a été secoué par de si nombreuses catastrophes - guerres mondiales, régimes totalitaires, destruction de la planète par l'homme... - que l'histoire obéit à une logique et va dans le sens d'un certain progrès ? En dépit d'un pessimisme généralisé, qui attend du futur des catastrophes identiques, il est possible de répondre positivement à cette question. Le triomphe de l'idée libérale En cette fin de XXe siècle, l'effondrement général des Etats forts - monarchie, fascisme, nazisme, et plus récemment, du communisme - a fait de la démocratie libérale le seul modèle viable sur le plan politique, et du capitalisme la seule issue sur le plan économique. En dépit de certains dysfonctionnements, le modèle libéral ne semble pas renfermer de contradictions insurmontables qui menaceraient sa survie. L'idée d'une fin de l'histoire Dans une perspective qui, à la suite de la philosophie hégelienne, interprète le processus historique comme orienté vers une fin, et pense que l'évolution des sociétés sera achevée dès que son incarnation idéale aura été trouvée, la démocratie, forme ultime de tout gouvernement humain, pourrait bien constituer aujourd'hui la fin de l'histoire.
Aldous Huxley avait raison : la biotechnique contemporaine menace d'altérer radicalement la nature humaine et de nous propulser dans une " post-humanité " effrayante. Francis Fukuyama ne se borne pas à adresser un constat solidement argumenté, il tire les conséquences : " La nature humaine modèle et détermine les différents types possibles de régimes politiques, si bien qu'une technique assez puissante pour remodeler ce que nous sommes risque bien d'avoir des conséquences potentiellement mauvaises pour la démocratie libérale et la nature de la politique elle-même. Nous n'avons à accepter aucun de ces mondes futurs sous le faux étendard de la liberté, qu'il soit celui des droits de reproduction illimités ou celui de la recherche scientifique sans entraves. Nous ne devons pas nous considérer nous-mêmes comme les esclaves obligés d'un progrès technologie inéluctable... La liberté véritable signifie la liberté, pour les communautés politiques, de protéger les valeurs qui leur sont les plus chères ; et c'est cette liberté-là qu'il nous faut exercer à l'égard de la révolution biologique d'aujourd'hui. " L'auteur de La Fin de l'histoire est depuis douze ans au c?ur des débats les plus cruciaux. Ce livre connaît déjà un retentissement mondial, parce que Fukuyama pose toujours les vraies questions, avec son intuition de philosophe et sa grande culture, mais sous une forme accessible à tous.
A LANDMARK WORK OF POLITICAL PHILOSOPHY. A GLOBAL BESTSELLER. STILL AS RELEVANT TODAY. With the fall of Berlin Wall in 1989 the threat of the Cold War which had dominated the second half of the twentieth century vanished. And with it the West looked to the future with optimism but renewed uncertainty.The End of History and the Last Man was the first book to offer a picture of what the new century would look like. Boldly outlining the challenges and problems to face modern liberal democracies, Francis Fukuyama examined what had just happened and predicted what was coming next. Now updated with a new afterword, Fukuyama shows how the central issue today remains the same. Have any political and economic models arisen that could challenge liberal democracy as the best way of organizing human societies? He remains unconvinced. Tackling religious fundamentalism, politics, scientific progress, ethical codes and war, The End of History and the Last Man is as compelling today as it was when it was written - and just as provocative too.'Awesome . . . a landmark . . . profoundly realistic and important . . . supremely timely and cogent' Washington Post 'Clearly written, immensely ambitious' New York Times 'Clever, important, teeming with original ideas' Mail on Sunday 'We are indebted to Fukuyama for such an ambitious work of political philosophy' Foreign Affairs
Fukuyama Francis ; Védrine Hubert ; Canal Denis-Ar
Depuis sa première parution en 1992, ce livre a suscité de nombreuses polémiques. On a cru le réfuter, avec facilité. N'annonçait-il pas la "fin de l'Histoire" et le triomphe mondial de la démocratie libérale ? Or, si l'on a vu s'effondrer les derniers totalitarismes, la victoire idéologique, géopolitique et historique de l'Occident que semblait prophétiser Fukuyama n'a pas eu lieu. Sans doute, et le philosophe le sait bien. Son propos est autre : sa perspective est mondialiste ; l'idéal de la démocratie libérale, affirme-t-il, ne peut être amélioré sur le plan des principes. Au coeur de sa réflexion, la conviction qu'il faut continuer de penser l'histoire de l'humanité comme cohérente et orientée. Le devenir de la démocratie mérite qu'on médite les réflexions de Fukuyama : plus subtiles que l'image schématique qui s'est imposée d'elles, elles aident à penser un monde chaotique.
14 juillet 2015. Les rues de Téhéran sont envahies en quelques minutes par des milliers de personnes. Ce soir-là, il flotte dans l'air la même ambiance qu'un soir de victoire de football. Ce soir-là, ils exultent. Leur pays, banni de la communauté internationale, fait son grand retour. Un retour qu'ils attendaient avec impatience depuis 36 ans. Ce soir-là, ils ne fêtent pas le droit de leur pays à obtenir le nucléaire pacifique mais la fin des sanctions. Un isolement de la sphère internationale qui a duré 12 ans et mis leur économie à terre, fait grimper une inflation grandissante et provoqué la fermeture de près de 30 % des sociétés du pays. Ils ne sont pas les seuls à être heureux ce soir-là. De l'autre côté, plus a? l'Ouest, les hommes d'affaires se frottent les mains et préparent leur retour en République islamique, ce nouvel eldorado économique. L'Iran a-t-il amorcé l'ouverture tant attendue par une population dont 60 % a moins de 30 ans ? La réalité est plus complexe. Car ce pays est encore tiraille? entre modernisme et les valeurs de la révolution islamique de 1979. Cette dualité s'est installée dans toutes les couches de la société et jusqu'au sommet de l'Etat. Créant un pays aux 1001 paradoxes. L'Iran revient sur la scène internationale mais les durs incendient une ambassade... A l'issue de cette année décisive, où en sont les espoirs et les rêves des Iraniens ? Et comment s'organise l'arrivée des étrangers dans un pays où l'adage récurrent reste " Mort a? l'Amérique " ? Ce document rare, écrit par l'une des seules journalistes françaises en poste a? Téhéran depuis deux ans, retrace cette année historique avec les paroles des Iraniens et une plongée au plus près de la vie quotidienne de ceux qui n'ont pas souvent le droit de s'exprimer. Mariam Pirzadeh est aussi allée écouter ceux et celles dont les voix font et feront bouger l'Iran.
Des élections américaines à la crise du Covid-19, tout événement s'accompagnerait désormais d'une vague de fake news. Mais cette épidémie est-elle si nouvelle ? Depuis le XIXe siècle, les médias traditionnels qui se dressent pour défendre la vérité enchaînent bobards et faux scoops.
Prouteau Christian ; Riva Jean-Luc ; Callahan Jame
Le 5 septembre 1972, la prise d'otages des Jeux olympiques de Munich révèle la montée en puissance d'une nouvelle forme de terrorisme à laquelle les forces de l'ordre ne sont guère préparées. Quelques mois plus tard, le 3 novembre 1973, cinquante gendarmes sélectionnés sur dossier se présentent à Maisons-Alfort pour y passer des épreuves d'un genre nouveau afin d'intégrer le GIGN n°1, une unité d'élite de la gendarmerie que le jeune lieutenant Christian Prouteau a été chargé de mettre en place. Aucun d'entre eux ne sait vraiment ce qui l'attend, mais les dix-huit candidats retenus ne vont pas tarder à découvrir que leur patron exige d'eux l'impossible afin de pouvoir répondre aux situations les plus extrêmes. Ensemble, ils vont devoir tout inventer pour parvenir à un niveau opérationnel jamais atteint. Voici l'histoire sans fard des dix premières années du GIGN. L'histoire de dix-huit hommes au caractère bien trempé, menés par un chef atypique. En relevant le défi représenté par des missions de plus en plus complexes, ils vont aussi devoir convaincre quelques "gardiens du temple" résolument hostiles à l'existence même d'une unité d'élite au sein de la gendarmerie.
Comment couvre-t-on une guerre ? Comment raconter le chaos sans s'y perdre, trouver les mots justes au milieu du fracas, et faire entendre la vérité quand tout vacille ? Pendant près de quarante ans, un grand reporter a parcouru les zones rouges de la planète, ces terres de conflits comme la Bosnie, le Kosovo, l'Afghanistan, l'Irak, la Syrie, le Haut-Karabakh où les armes ont pris le dessus. De la chute du mur de Berlin aux attentats du 11 Septembre, quand l'histoire se raconte en direct. Comment couvre-t-on une guerre ? Comment raconter le chaos sans s'y perdre, trouver les mots justes au milieu du fracas, et faire entendre la vérité quand tout vacille ... Pendant près de quarante ans, un grand reporter a parcouru les zones rouges de la planète, ces terres de conflits comme la Bosnie, le Kosovo, l'Afghanistan, l'Irak, la Syrie, le Haut-Karabakh où les armes ont pris le dessus. De la chute du mur de Berlin aux attentats du 11 Septembre, il a vu naître l'histoire en direct. Ce livre plonge dans les coulisses du grand reportage : la préparation, les doutes, les dangers, les rencontres, mais aussi les moments suspendus où l'humain surgit au c'ur de la violence. On y découvre le ?making of? de l'information : comment un journaliste choisit son angle, protège ses sources, affronte la peur et trouve encore le courage d'écrire. Au fil des pages, on partage des scènes vécues : une discussion clandestine avec les Frères musulmans au Caire, une expédition dans l'Afghanistan des seigneurs de la drogue, une traversée de la Syrie de Bachar sous escorte improbable, ou la fuite sous les drones au Haut-Karabakh. Plus qu'un témoignage, c'est une leçon de journalisme et d'humanité, un plaidoyer pour celles et ceux qui, sur le terrain, s'efforcent de dire le vrai quand le monde s'enflamme.