Je suis le dernier témoin du Moyen Age" : c'est avec cette plaisanterie sérieuse que Chiara Frugoni présente le retour à l'âge de son enfance que nous allons lire. Ce bond dans le temps est aussi un mouvement dans l'espace : l'historienne quitte les lieux de la recherche universitaire pour emprunter les sentiers pavés qui mènent à Solto, village du haut Bergame, où se trouve la maison de ses grands-parents maternels. L'écolière citadine, petite-fille de propriétaires terriens, partage l'insouciance de ses étés à la campagne avec les enfants des métayers de la ferme familiale. Cette autobiographie ne dissimule ni sensations ni sentiments, tour à tour tendres ou rudes. Sur l'arrière-plan d'un monde paysan dont la société d'abondance aura raison, elle est habitée par un va-et-vient constant, parfois douloureux, entre des personnages de deux classes sociales et donne à voir jusque dans des détails saisissants leurs activités quotidiennes et le cadre matériel de leur existence. Souvenirs d'un univers disparu, éclairé par l'évocation de ces vies qui n'ont pas encore dit leur dernier mot.
Nombre de pages
200
Date de parution
17/02/2023
Poids
200g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782713229589
Titre
Même les étoiles doivent se séparer
Auteur
Frugoni Chiara ; Matringe Denis
Editeur
EHESS
Largeur
120
Poids
200
Date de parution
20230217
Nombre de pages
200,00 €
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Frugoni Chiara ; Serventi Silvano ; Le Goff Jacque
Les boutons, les binocles, la boussole, l'arbre généalogique, lapoudre, à canon ou d'artifice, les cartes, à jouer ougéographique, le Père Noël ou l'université: la vied'aujourd'hui est faite d'inventions médiévales. S'agit-il des'habiller? Il faut du goût, mais aussi une culotte, despantalons, et quelques boutons pour fermer le tout!D'organiser son agenda? Sans les chiffres arabes et le papiercela serait bien compliqué. S'agit-il de manger? Sansspaghetti, sans macaroni, sans blé moulu tout court, nos repasseraient tristes? et sales car dépourvus de fourchette. Bref,sans les mille et une découvertes de ces siècles curieusementqualifiés d'obscurs, notre quotidien serait digne du Purgatoire,ou plutôt de l'Enfer, car le Purgatoire est lui aussi né auMoyen Age, de même que le Carnaval. Dans ces pages austyle alerte et à la documentation précise, Chiara Frugoni faitrevivre sous un angle inédit la période médiévale.
Grâce au merveilleux voyage que propose ce guide idéal, les fresques, les sculptures, les mosaïques et les retables redeviennent ce qu'ils étaient à l'origine : des histoires de rencontres, d'émotions et de sentiments. Ces images ont enfin trouvé une voix qui les raconte. D'après sa manière de s'asseoir, selon qu'il se tient les jambes ou s'exprime avec les mains et le visage, un condamné nous dit son orgueil ou son arrogance. Ponce Pilate est tourmenté par le doute, Marie est bouleversée par la douleur, un pécheur refuse la tentation du démon. Et le célèbre geste des trois doigts levés du Christ ne sert pas qu'à bénir : il peut aussi signifier tout simplement qu'il parle ou, s'il est attribué à d'autres personnages et à d'autres situations, qu'on légifère, qu'on détient le pouvoir. Muni de cette nouvelle grammaire, à la fois précise, efficace et facile à retenir, le lecteur n'a plus seulement devant lui de belles formes muettes, mais des histoires vécues à part entière. Des images d'une grande efficacité plastique recouvrent toute leur force évocatrice grâce à la restitution de leur dynamique narrative. C'est là justement ce que l'on appelle la voix des images. Du Moyen Age, mais aussi d'autres époques. Parmi les centaines d'images qui figurent dans ce livre, il en est une qui semble tout à fait hors sujet. C'est une photographie d'Aldo Moro qui unit, en parlant, l'index et le pouce de la main droite : le geste classique de l'expression de l'exactitude. Ce livre vous fera comprendre comment ce geste est issu de l'iconographie médiévale, preuve que les images anciennes non seulement parlent, mais qu'elles nous parlent encore et nous font parler.
Comment vivaient les hommes, les femmes et surtout les enfants au Moyen Age ? Commençons par la chambre à coucher, très utilisée même durant la journée pour prendre ses repas, étudier ou recevoir de la visite. Comment était-elle meublée ? Et comment se protégeait-on du froid, principal ennemi des nuits paisibles ? Pourquoi les nouveau-nés étaient-ils emmaillotés dans leurs langes comme de petites momies et pourquoi les miniatures les représentent-elles si souvent vêtus de rouge ? Quelles étaient les chances de survie d'un nourrisson victime du manque d'hygiène, de l'inattention des nourrices et des forfaits du démon toujours aux aguets ? Comment apprenait-on à lire et à écrire ? Comment les enfants s'amusaient-ils quand les textes et l'iconographie ne font état que de quelques jouets ? Quelle était la vie des petites filles confiées au monastère dès leur plus jeune âge ...
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.