Officier nazi, engagé volontaire dans les SS, Kurt Gerstein était responsable de l'approvisionnement de l'acide prussique (Zyklon B) dans les camps d'extermination. Parallèlement à cette fonction qui faisait de lui un complice des bourreaux, il chercha à avertir sans relâche les puissances occidentales, les pays neutres et le Saint-Siège des massacres perpétrés contre les Juifs dans les chambres à gaz. Qui fut donc Gerstein? Quels mobiles guidèrent son action? Que fit-il exactement pour saboter la machine d'extermination nazie? Quel fut le prix de son engagement? Comment ce protestant si croyant, plusieurs fois arrêté par la Gestapo et opposant au national-socialisme, put-il devenir un acteur du génocide du fait de ses fonctions, mais aussi un inlassable témoin? Confrontant les correspondances de Gerstein, les témoignages et les extraits du rapport qu'il a lui-même rédigé, l'auteur brosse le portrait d'un homme ayant pénétré dans l'enfer avec l'intention de témoigner devant le monde et d'aider les victimes. Il en révèle aussi les contradictions et les ambiguïtés. Plus qu'une biographie, ce texte examine non seulement l'attitude des bourreaux mais aussi celle des "spectateurs" que Gerstein aura essayé d'alerter par tous les moyens face à la "solution finale de la question juive", sans jamais obtenir la réaction espérée. Kurt Gerstein a inspiré Costa-Gavras pour son film, Amen.
Nombre de pages
221
Date de parution
15/10/2009
Poids
280g
Largeur
140mm
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EAN
9782847364736
Titre
Kurt Gerstein. L'ambiguïté du bien
Auteur
Friedländer Saul ; Poliakov Léon
Editeur
NOUVEAU MONDE
Largeur
140
Poids
280
Date de parution
20091015
Nombre de pages
221,00 €
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1932: Pavel naît à Prague.1939: Paul arrive à Paris avec ses parents.1942: Paul-Henri est confié à un pensionnat de Montluçon.1948: Shaul débarque en Israël.1977: Saul raconte les seizes premières années de sa vie bouleversée par la guerre, se remémore comment Pavel, juif, tchèque, fils unique chéri de ses parents devient Paul-Henri, catholique, français et orphelin.Cinq prénoms, une seule et même personne.
En 1964, Saul Friedländer livrait au public français le fruit de ses recherches dans les archives du IIIe Reich concernant les relations entre le Vatican et l'Allemagne nationale-socialiste. Complétés de textes issus d'archives américaines et israéliennes, ces documents jetaient un éclairage nouveau sur des sujets brûlants: l'attitude du souverain pontife à l'égard de la question polonaise, de la défaite de la France, de l'attaque allemande contre l'Union soviétique, de l'entrée en guerre des Etats-Unis; et face aux crimes nazis, notamment l'extermination des Juifs. A sa parution, Pie XII et le IIIe Reich suscita une avalanche de réactions passionnées et contradictoires, puis il s'imposa comme un livre de référence. Près d'un demi-siècle plus tard, alors que le Vatican a engagé la procédure qui devrait aboutir à la béatification et à la canonisation de Pie XII, Saul Friedländer réinterprète ce matériel ancien à la lumière des données nouvelles.
Cet ouvrage, le premier de deux tomes, décrit l'arrière-plan de l'extermination des Juifs. Tout en réaffirmant l'obsession de l' " antisémitémisme rédempteur " chez Hitler et l'importance de l'idéologie antisémite des nazis, l'auteur retrace les pressions du Parti, le rôle de la bureaucratie d'Etat, le comportement des élites économiques, intellectuelles et religieuses, les réactions des gouvernements étrangers et l'attitude de la population allemande, laquelle n'était pas nécessairement à l'unisson de la politique officielle. Fondé sur une très riche documentation en partie inédite, cet ouvrage montre que, sous une apparente confusion, la politique nazie envers les Juifs du Reich, puis des autres pays, se radicalisait sans relâche. Et que, sans qu'il y ait de plan ni de but ultime clairs, les années de persécution auguraient déjà du pire, en cas de guerre.
Cent vingt ans après la première projection publique, payante, des frères Lumière au Grand Café à Paris, les salles de cinéma sont passées de l'itinérance foraine aux multiplexes, de la pellicule aux pixels, et leurs exploitants de l'activité décriée de saltimbanque au statut patenté de commerçant, maillon indispensable de l'industrie cinématographique. Pourtant, leur métier, essentiel à l'existence des films, demeure largement méconnu. Pour la première fois, des personnalités marquantes de la profession ' visionnaires, grands dirigeants nationaux ou régionaux, représentants de la petite et moyenne exploitation, défenseurs de l'art et essai, pionniers en tous genres ' racontent leur expérience, dans sa singularité émotionnelle et intellectuelle. Le croisement de leurs témoignages embrasse plus d'un demi-siècle d'exploitation française, du tournant des années 1950, acmé de la fréquentation et moment de basculement de l'offre cinématographique, jusqu'au passage au numérique, vecteur d'une mutation sans précédent. Adaptations internes, évolutions sociétales, mutations technologiques, autant de changements économiques et d'enjeux culturels que les acteurs de ce secteur décisif ont affrontés, à travers des combats individuels et collectifs que cet ouvrage a l'ambition de mettre en lumière et d'expliciter. Ce recueil de 18 témoignages inédits, illustré de documents originaux, constitue aussi l'histoire d'hommes et de femmes radicalement attachés à la spécificité des salles de cinéma comme espaces dédiés au partage de rêves et d'imaginaire au sein d'une communauté humaine.
A la veille de la Seconde Guerre mondiale, le sport conquiert un nombre de plus en plus accru de pratiquants et de spectateurs. Il occupe des espaces, mobilise des intérêts économiques et politiques, illustrés pour le pire aux Jeux olympiques de Berlin en 1936. Au cours des " années noires " le sport français est soumis aux rigueurs des pénuries et de l'Occupation et à la volonté du régime de Vichy d'en faire un instrument de la révolution nationale. A ce titre, il lui est attribué un nouveau statut qui le place sous la tutelle légale de l'Etat français. C'est pourquoi on peut s'étonner du peu de cas qu'ont fait du sport les ouvrages généraux sur l'Occupation. Le mythe de l'" apolitisme sportif " cultivé par des personnalités et des groupes influents est assez répandu, malgré les tentatives d'instrumentalisation. Le temps de Vichy est à la fois celui des compromissions, voire pour certains du collaborationnisme, et pour d'autres du refus ou de la Résistance. Pour une majorité de Français, le sport reste un refuge. Le cas des sportifs juifs, à l'exemple du champion de natation Alfred Nakache, est le plus douloureux. En quelques années, le champ sportif se trouve ici remanié et bousculé comme il ne l'avait jamais été auparavant. Les années de Vichy laissent une trace profonde dans le sport français.
Les polémiques récentes concernant l’histoire des relations entre la France et l’Afrique donnent le sentiment d’une visibilité croissante de ce type de débats au sein de l’espace public français. Qu’il s’agisse du combat mené par de nombreux intellectuels contre la vision de l’Afrique portée par le « discours de Dakar » (2007), des controverses qui ont entouré la loi de février 2005 sur le rôle positif de la colonisation française ou des questionnements sur le rôle joué par la France au Rwanda, force est de constater que cette histoire est au croisement d’enjeux politiques, historiques et mémoriels qui en font la matrice, pour le meilleur, de débats intellectuels, de recherches scientifiques et d’une curiosité émanant du grand public, mais aussi, pour le pire, de fantasmes, de ressentiments ou de velléités de manipulation du passé. Si la nouveauté de ces controverses est sans doute à nuancer, leur forte médiatisation au cœur des années 2000 invite le chercheur à interroger les types de récit que les journalistes contribuent à faire circuler sur cette histoire. Quelle a été depuis le XIXe siècle l’évolution du rôle des médias français, africains et internationaux dans la construction des représentations de l’Afrique et de son passé ? De quels enjeux historiques, politiques, culturels et mémoriels ces représentations médiatiques sont-elles l’objet ?
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