Depuis un demi-millénaire, on voit en Raphaël un modèle classique de style et d'élégance académique, et comme tel imité et copié jusqu'à la nausée; les regards de ses madones s'alanguissent dans des reproductions ordinaires, ses anges soupirent sur des t-shirts et des cartes de Saint-Valentin. Dans la peinture de Raphaël, tout semble simple et à portée de main. Y a-t-il un sens, devant de telles oeuvres, à parler de perfection? Le plus divin de tous les peintres sut atteindre, au cours de sa brève existence, un équilibre subtil et précieux entre un idéal serein et une beauté enchanteresse et spontanée. Une vie courte, vécue d'un seul trait dans les lieux les plus significatifs de la Renaissance - la cour d'Urbino, les cercles cultivés de Florence, la Rome du pape Jules II -, pour aboutir à une série de chefs-d'oeuvre révélateurs d'une recherche constante pour atteindre l'apogée de la beauté, à côté de maîtres comme Léonard de Vinci, Michel-Ange, Bramante. Un génie absolu, mais aussi un beau jeune homme curieux, passionné, plein d'ardeur, élégant et sensuel, capable de tomber amoureux et de s'émouvoir. Son aventure humaine est parsemée de chefs-d'?uvre qui sont autant de miracles d'une harmonie parfaite entre la maîtrise intellectuelle et l'abandon heureux aux merveilles du monde.
Résumé : Si Johannes Vermeer, surnommé le "Sphinx de Delft" par le Français Théophile Thoré-Bürger, est aujourd'hui la figure de proue du Siècle d'or hollandais, il ne fut pas le seul à avoir donné ses lettres de noblesse à la peinture de genre. "Représenter ce qui est" fut le leitmotiv de tout un groupe de peintres des Provinces-Unies au XVIIe siècle : Rembrandt, Gerard Dou, Jan Steen, Gerard Ter Borch, Pieter De Hooch et Gabriel Metsu -, pour ne citer que les plus grands de ce courant artistique à part entière. Avec des portraits, scènes de genre, paysages et natures mortes, c'est la simple réalité du quotidien qui s'invita sur les toiles de ces nouveaux maîtres. Grâce à des rapprochements entre les chefs-d'oeuvre des différents artistes du Siècle d'or hollandais, cet album vous invite à découvrir à travers plusieurs thématiques (le portrait, le clair-obscur, la lettre, la musique...) à quel point ces peintres s'inspiraient mutuellement. Le style, le sujet, la technique et la composition se répondent d'un maître à l'autre, mais la virtuosité et la profondeur poétique des tableaux de Vermeer dépassent le talent de ses confrères.
Résumé : Histoire sociale et histoire de l'art ne font qu'un : c'est ce qu'après tant d'études qui ne se sont intéressées qu'à la signification propre de l'oeuvre d'art, ou à sa signification purement sociale, illustre admirablement Michael Baxandall (1933-2008), historien anglais, sur l'exemple de la peinture italienne de la Renaissance. A quelle demande exacte répondaient Masaccio, Filippo Lippi, Andrea del Castagno ou Fra Angelico ? De quel sens leurs oeuvres étaient-elles chargées, et comment les regardaient leurs destinataires et leurs commanditaires ? C'est à ce type de questions que répond l'auteur en analysant le marché de l'art, à travers les contrats, les correspondances et les registres de comptes. En montrant aussi comment les dispositions visuelles nées de la vie quotidienne, religieuse, sociale ou commerciale de l'époque sont devenues des éléments déterminants du style du peintre. Retrouver l'oeil du Quattrocento, c'est rafraîchir le nôtre.