Extrait du prologueEn 1964, tout juste sortie de l'écriture de son Lol V. Stein, Marguerite Duras pige pour Adam, luxueuse publication pour hommes fondée en 1925. Le numéro 289 de mars 1964, vendu 4 francs, déroule un sommaire hétéroclite. Pierre Bénichou s'intéresse à la montée en puissance des skieurs américains, Ève Max nous révèle de lourds secrets («Dis-moi qui est ta femme, je te dirai qui est ta maîtresse»), Jacques Serguine place une nouvelle, la Volkswagen Variant S fait l'objet d'une étude de fond, tandis que sous le titre «Une jungle nommée désir» s'alanguissent des beautés noires fort peu vêtues, allongées sur des peaux de bêtes (on préfère ne pas évoquer la rubrique «Adam-Santé»: «Donnez envie qu'on vous embrasse»). Dans l'ours, Marguerite Duras est présentée en ces termes: «Littérature, journalisme, cinéma. L'une des femmes de lettres qui marque le plus profondément son époque. Un barrage contre le pacifique, Moderato Cantabile, Hiroshima mon amour, Une aussi longue absence sont dans son carcan (sic)». Duras s'est donc courageusement rendue, en service commandé, chez Johnny Hallyday, «la vedette française actuellement la plus adulée» «et dont la personnalité est sans doute la plus opposée à la sienne». Elle a tiré de la rencontre deux feuillets, sobrement intitulés «La Ferrari, le poireau et l'autobus».Un petit médaillon présente une photo des deux protagonistes de la surréaliste rencontre: l'écrivaine, en tailleur pelucheux, de profil, semble parler, sous le regard (inquiet? fasciné?) d'un Johnny muet, de face, beau et blond. Il faut croire que l'intervieweuse parle, et que l'interviewé écoute. Ou en tout cas que quand il parle, elle écoute peu. Ou encore, comme elle le dit elle-même, qu'il ne comprend pas, qu'il ne peut pas comprendre. Elle pense que la vedette débite au kilomètre des discours convenus, répétés ou appris: il est trop jeune pour connaître les femmes. Il ne veut pas se marier et ne veut pas avoir d'enfants avant ses 30 ans. Il croit à la vertu du travail. Il parle, mais il marche aussi. Et Duras est fascinée par cette marche «comme au premier jour» - que l'on imagine nonchalante, cinématographique, terriblement sensuelle.Et arrive le moment sublime, forcément sublime. Marguerite voit enfin en Johnny «la fêlure», «le paradis perdu», l'«appartenance à jamais voilée», cet ennui métaphysique, cette angoisse terrible qui saisit l'écrivain, le livre fini, ou le chanteur, une fois sorti de scène. La chanson «L'Idole des jeunes», sortie l'année précédente, ne dit pas autre chose.La Ferrari, le poireau et l'autobus? La Ferrari est celle de Johnny, ce signe extérieur de richesse, de réussite, clinquant et incongru, pour un si jeune homme. Le poireau et l'autobus? Une anecdote sur l'ennui: un garçon qui s'ennuie, qui jette un poireau sur un autobus qui passe sous sa fenêtre, et qui attend le retour de ce même autobus, et de son poireau - un repère, un rythme, une anecdote incongrue dans la journée absurde et abrutissante d'angoisse. Le temps... Arrivée «à huit heures», Marguerite Duras repart à «huit heures moins le quart». Comme on doute qu'elle ait passé douze heures avec Johnny et ses amis, on peut quand même se demander si l'écrivaine n'a pas été quelque peu victime du charme hypnotique de l'interprète de «Da dou ron ron».
Etre ou ne pas être intermittent, telle est la question... Le mieux est peut-être alors de jouer à "faire l'acteur", mais à quel prix ? En voici le cauchemar gai, façon vaudeville pour un, deux ou trois. L'acteur à sa première scène d'amour, l'acteur en atelier théâtre pour lycéens en difficulté, l'acteur et le feuilleton populaire, l'acteur et sa troupe en Avignon : en route pour la bohème postmoderne !
Une hésitation ? Un oubli ? " Les Incontournables ", nouvelle collection de référence, répertorie 50 règles essentielles pour la maîtrise d'une langue. Véritables outils pratiques, ces guides vous permettent d'éviter de nombreux écueils et de parer aux erreurs les plus courantes. Chaque règle, illustrée par des exemples détaillés, s'accompagne d'exercices d'application pour un entraînement efficace. Des tableaux, en annexe, vous aideront à acquérir de solides connaissances en grammaire, conjugaison, syntaxe et vocabulaire. Clairs et complets, ces ouvrages s'adressent aussi bien à des étudiants qu'à des adultes désireux d'entretenir leur pratique de chaque langue concernée. A noter : le FLE intègre la collection via deux nouveaux titres.
Butler Octavia E. ; Gassie Nadine ; Shapiro Jessic
Liens de sang est un roman coup de poing qui nous captive de bout en bout grâce à une intrigue intelligente et des personnages remarquablement bien écrits. La plongée dans l'époque sordide de l'esclavage laisse des traces mais c'est un roman qui n'est pas dénué de beauté non plus et qui nous propose une réflexion fine et juste sur les mécanismes de domination et l'asservissement des esprits libres. Puissant et brillant.
Comment être libre quand l'idée même de liberté ne peut s'envisager ? Résister dans une guerre où les bruits des armes sont ceux de l'intimité, de clés tournant dans une serrure ou de pas approchant doucement ? Quand, malgré le silence familial, la mémoire du viol conjugal se transmet d'une génération de femme à l'autre, C'est la peur qui s'insinue dans les couloirs du temps.
A 18 ans, Aurore Dupin de Francueil, fille d'un aristocrate et d'une jeune femme légère, ne s'appelle pas encore George Sand. Elle épouse Casimir Dudevant, un jeune baron portant beau, et a deux enfants. Mais cette vie ne la rend pas heureuse. Bientôt elle s'éprend d'un autre homme, puis d'un second. Elle aurait pu en rester là. Mais non, elle se rend compte que " la liberté de penser et d'agir est le premier de tous les biens ". Alors, à 27 ans, elle décide de partir pour Paris, seule. Comment cette descendante du maréchal de Saxe a-t-elle osé défier les conventions de son temps ? C'est dans son enfance déchirée, abandonnée par une mère aimante mais instable à une grand-mère possessive, qu'elle a puisé la force de sa révolte. Sa fière liberté et sa puissance créatrice feront d'elle la femme de lettres la plus éclairée de son siècle. Joëlle Tiano vient mettre au jour, avec une rigueur d'historienne, l'intimité presque quotidienne de la jeune Aurore et en décrivant avec minutie l'étonnante contradiction des influences affectives et sociales qui lui ont permis de se construire. Son portrait offre un éclairage singulier sur la faille intérieure terrible dont l'écrivain a souffert et dans laquelle elle est allée chercher sa liberté de ton et d'attitude, et surtout " la nécessité d'en faire usage ".
Au 22e siècle, on peut communiquer avec des "fragments" d'univers parallèles du passé. En 2017, Verity Jane est engagée pour évaluer un assistant numérique basé sur une IA d'un tout nouveau genre...
On croyait tout savoir sur Johnny Hallyday, la star aux mille et une vies, qui défraye la chronique depuis plus d'un demi-siècle. Véritable enquête, ce livre, nourri de témoignages inédits, pose un regard neuf sur la vie de l'artiste : l'enfance brisée, les fêlures, les femmes, le succès, l'argent et les excès. Un tableau furieusement rock and roll ! Il dépeint également le nouveau Johnny, qui, deux ans après avoir frôlé la mort, revient conquérir le coeur des Français, tout en levant le voile sur le visage ambigu de sa compagne Laetitia.
Quatorzième enfant d'une famille de musiciens de Charlemagne, au Canada, Céline n'a que 12 ans lorsque René Angélil la découvre. Elle tombe immédiatement amoureuse de cet homme de près de trente ans son aîné. Ainsi commence l'histoire de cette femme aux deux visages - star de la chanson, épouse et mère aimante - et la naissance d'une passion désormais légendaire. Mais quelle femme se cache derrière cette voix et ce talent exceptionnels ? Elisabeth Reynaud nous entraîne dans l'intimité de la chanteuse, au coeur de sa famille et de son couple. Une vie aussi exceptionnelle que sa carrière d'artiste. Au fil de cette biographie, Céline se dévoile pour ses fans telle une amie, une soeur.
Si vous aussi, vous ressentez l'envie d'échapper à l'hystérie de l'époque en faisant un pas de côté et en tournant poliment le dos au jeunisme ambiant, cette revue est faite pour vous. Elle vous fera replonger dans des oeuvres parfois oubliées, rencontrer des personnages hauts en couleur, mémoires encore vivaces de notre patrimoine culturel, vous permettant ainsi de satisfaire vos goûts de jeune ou vieux Schnock. Ni rétrograde. ni passéiste, Schnock, donc, Tout bonnement. Alors rejoignez-nous! Après vous...