1. Elle a les pieds froidsCe n'est plus elle. Je l'ai senti. Depuis mon retour du camp, j'ai compris que quelque chose avait changé. Papa et maman étaient venus me chercher sans Val. Dans la voiture, je débobinais, sans ordre spécialement chronologique, les meilleurs moments de la semaine. La nuit où les monos nous ont mis une trouille d'enfer en nous faisant croire que le camp était pris d'assaut par des kamikazes sibériens (on croit vraiment n'importe quoi quand on a treize ans et qu'on est réveillé en pleine nuit par des lampes-torches...), la bouffe infâme qu'on s'est tous balancée à la petite cuiller, la balade gourmande où Jérem a paumé sa chaussure droite dans le ruisseau... Au bout d'un moment, entre la veillée des monstres et la journée à l'envers, pile à l'instant où je reprenais ma respiration et où je regardais les yeux de papa dans le rétro, j'ai jeté: «Elle est où Val?»... Ils se sont embarqués dans une explication de magazine. Quand papa laissait trois points de suspension, maman les avalait comme une actrice de théâtre qui connait trop bien la réplique:- Val est en pleine crise d'adolescence, tu sais, cela t'arrivera aussi à toi, mon ange...- Les hormones opèrent une masse de changements, tant au niveau du physique, qu'au point de vue du mental...- Tu parles moins, tu manges moins, tu restes souvent évasive dans tes réponses...- Quand tu réponds, parce que, parfois, tu n'as même plus envie de répondre...J'ai écouté en somnolant ce chassé-croisé parental et j'ai fini par m'endormir au bout de quelques kilomètres linguistiques. Le moteur s'est arrêté devant la rampe du garage; il commençait à pleuvoir. On ne rentre jamais la voiture dans le garage car celui-ci nous sert à la fois de cave et de grenier... C'est tout juste si on peut s'y faufiler. J'ai ouvert les yeux, ma bouche était aussi pâteuse que si je m'étais endormie en suçant un vieux caramel beurre salé et noisettes en petits morceaux. Papa a pris mon sac à dos dans le coffre, maman s'est occupée du sac de couchage et moi, j'ai soulevé difficilement mes quarante-deux kilos. Val était installé dans le salon, les pieds sous un plaid, elle fixait l'écran de télévision... éteint.- Salut Val!- Ok! Je vois que t'es super heureuse de revoir ta petite soeur chérie d'amour qui t'a super fort manqué. C'est réciproque, Val, trop contente de te revoir...
Date de parution
22/03/2012
Poids
159g
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782875510198
Titre
C'etait grave
Auteur
Fourrier Laurence
Editeur
NAMUROISE
Largeur
0
Poids
159
Date de parution
20120322
Disponibilité
Sur commande en 6-10 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Celui dont on ne connaîtra pas le nom est un mineur émancipé de seize ans. En apparence cultivé, homosexuel décomplexé, ce lycéen des beaux quartiers devient objet de convoitise dans le Milieu gay sitôt la nuit tombée. Lorsque sa meilleure amie lui propose l'emploi de baby-sitter pour ses petites soeurs, l'adolescent pénètre l'intimité de la famille d'Orman ; et celle du père, notamment. Si ce livre pourrait être placé sous le signe de Marivaux, le ton vif et féroce n'est pas sans rappeler les Liaisons de Laclos et inscrit ce roman dans la veine libertine du XVIII ? - en quoi elle nous est familière -, à la mode des méchantes moeurs d'aujourd'hui.
Venir après la catastrophe, simplement tenter de remettre les choses à leur place : ainsi le Pr François Fourier, ancien chef du service de réanimation polyvalente du CHU de Lille, évoque-t-il son métier. Confronté chaque jour à des décisions dont l'enjeu est la vie, la mort, ou le risque de lourdes séquelles, il a eu envie de faire partager ses interrogations, ses incertitudes, son regard d'expert des âmes autant que du corps et de ses ennemis. Mohamed, Marlène, Miran? à travers l'histoire singulière de quelques-uns de ses patients, il recompose ce lien unique entre lui et eux, ce chemin parcouru vers la vie ou vers la mort, fait de silences et de gestes, où son rôle de médecin n'exclut jamais l'empathie ni l'humanité. C'est cette humanité qui fait de son récit un témoignage rare, bouleversant d'intelligence et d'émotion. Fourrier François, chef du service de réanimation polyvalente du CHU de Lille jusqu'en 2015. Professeur d'université honoraire de la Faculté de Médecine de Lille.
Au fond, dans l'ombre, une porte à deux battants s'ouvrit. Une femme s'est avancée dans la lumière. J'ai vu d'abord son visage, un teint cuivré, sans fard, sans taches, sans étoiles, des cheveux courts et des yeux verts, immenses. Elle m'a gratifié d'un long regard indifférent que ses paupières immobiles n'ont pas trahi". Lorsqu'il l'aperçoit, il lit en elle un secret qui l'attire. Jeune médecin en mission aux Caraïbes, il ne sait rien d'Ella, sauf ce qu'elle va lui confier dans la touffeur des nuits partagées : des souvenirs qui recèlent des silences inquiétants, des rêves agités, peuplés de fantômes. Plus son amour pour elle grandit, plus elle lui échappe. Il décide alors de partir sur les traces du passé d'Ella, au risque de la perdre. Roman initiatique, évocation des violences faites aux femmes, récit mythique d'une vocation, La délivrance d'Ella Soler est un livre d'une indicible beauté sur le drame de la guerre et l'impossible résilience. Dans le sillage des grands écrivains médecins, François Fourrier nous entraîne, des contrées lointaines du Hoggar aux rives du lac Léman, au coeur de la vérité des êtres.