JEAN FOURASTIE ENTRE DEUX MONDES. Mémoires en forme de dialogue avec sa fille Jacqueline
Fourastié Jean ; Fourastié Jacqueline
BEAUCHESNE
29,00 €
Epuisé
EAN :9782701012957
Jean Fourastié est passé de ce monde terrestre au monde qui n'a pas de fin le 25 juillet 1990. Depuis quelques années, il avait du mal à conserver la position de l'écrivain assis à sa table de travail - celle où il avait passé tant d'heures de sa vie ! Pourtant, il souhaitait laisser à la postérité une vue d'ensemble de sa vie et de son oeuvre et avait accepté de le faire, sous forme de dialogues avec sa fille. La mort a interrompu ce dialogue. L'ouvrage que nous présentons aujourd'hui avait, au moment de son décès, la forme d'une vingtaine de textes, un peu disparates : il s'agissait de nos conversations au magnétophone, rédigées au fur et à mesure par moi et revues par mon père. Pour que les lecteurs puissent avoir une vue d'ensemble de la vie et de l'oeuvre de Jean Fourastié, il fallait restructurer ce qui existait et compléter ce qui manquait, notamment en ce qui concernait les 25 dernières années. J'ai choisi de continuer à faire de ce livre une synthèse actualisée de sa pensée, après des dizaines d'années d'expérience, en extrayant les idées essentielles de quelques-uns de ses livres, écrits depuis 1966. J'ai essayé de faire correspondre aux livres plus anciens les réflexions récentes, de façon à rester fidèle à la ligne dans laquelle mon père s'était engagé : prendre en compte les faits nouveaux, compléter, prolonger la pensée, voir ce qui avait pu être exact dans ses intuitions prospectives, rarement même modifier ou corriger. Jean Fourastié entre deux mondes, tenant l'équilibre du passé vers l'avenir, du réel vers le surréel et le surnaturel. Transmettre ce qu'il lui a été donné de voir clairement ; il avait conscience d'avoir reçu une part de l'intelligence de la condition humaine et il pensait que ce don lui était confié pour communiquer à tous ce qu'il découvrait : servir l'humanité était sa seule ambition ... Jacqueline Fourastié
Nombre de pages
320
Date de parution
01/04/1994
Poids
601g
Plus d'informations
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EAN
9782701012957
Titre
JEAN FOURASTIE ENTRE DEUX MONDES. Mémoires en forme de dialogue avec sa fille Jacqueline
Auteur
Fourastié Jean ; Fourastié Jacqueline
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
0
Poids
601
Date de parution
19940401
Nombre de pages
320,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Les Trente Glorieuses est un des livres-clés pour la compréhension de la France de l'après-guerre Des générations d'étudiants y ont appris comment les trente années qui vont de la fin de la Seconde Guerre mondiale à la première crise pétrolière du milieu des années 1970 ont été des années de croissance et de prospérité, pendant lesquelles le peuple français a triplé son niveau de vie et vu profondément transformé son quotidien. Relu par l'?il averti de Daniel Cohen, l'un des meilleurs économistes contemporains, qui en souligne les mérites et met en perspective l'écho considérable que reçut cet ouvrage et les thèses qu'il défendait, ce livre fait surgir avec force cette double interrogation: avons-nous à ce point changé de monde depuis lors? Et faut-il regretter le "paradis perdu" des Trente Glorieuses
Dans le désarroi des doctrines et des philosophies, dans la mise en question des morales et des religions, un seul terme reste à la fois cause de toutes les incertitudes, espoir de toutes les clartés : la méthode de la science expérimentale. Cent ans après les célèbres textes de Claude Bernard qui ont formé nos pères, mais ne pouvaient prévoir les développements actuels des sciences, il a été nécessaire de faire le point des succès, des échecs et des limites de la méthode scientifique.
Depuis trente ans et plus, crises, réformes et "orientations" se succèdent et se contrecarrent. Aujourd'hui les bases mêmes sont en question : l'enseignement du français, celui des mathématiques, l'esprit scientifique expérimental. Dès l'école maternelle, maîtres et élèves sont saisi par le vertige des novations décousues... Jean Fourastié a suivi ces questions depuis près de trente ans, notamment en tant que président de la Commission de la main-d'oeuvre du Plan, et en tant qu'expert de l'Institut de l'Unesco pour la Planification de l'enseignement. Il est présentement membre élu du Conseil national de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Le diagnostic est sévère selon l'auteur, la perception du réel, l'ardeur de vivre, la durée de l'humanité sont en question."
Peu de théories ont été aussi rapidement confirmées par les faits que celle de Jean Fourastié. Lorsque son livre a paru, il y a une vingtaine d'années, il s'agissait d'une hypothèse. Aujourd'hui, Le grand espoir du XXe siècle est déjà un livre classique, étudié dans le monde entier. L'auteur expose une théorie générale de l'évolution économique contemporaine, fondée sur l'analyse du progrès technique et sur la condition du caractère, non pas déterminant, mais prépondérant de son action sur la plupart des faits économiques et sociaux du monde actuel. Jean Fourastié retrace l'histoire économique contemporaine depuis l'aube de l'âge industriel, étudie ensuite les phénomènes de production et de consommation et conclut par un examen approfondi de l'évolution du niveau de vie et de cette notion fondamentale et encore peu étudiée qu'est le genre de vie.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.