Attention à vos désirs, ils pourraient bien se réaliser sous une forme cauchemardesque - telle est selon Hal Foster la morale qui domine notre époque. Design et crime, reprenant un siècle après le titre de la célèbre diatribe de l'architecte Adolf Loos ("Ornement et crime"), part de ce constat : que la postmodernité a bien accompli le rêve moderne d'une dissolution de l'art dans la vie, mais sous la forme aliénée d'une "indistinction" entre l'art et le design - entendons, entre l'oeuvre et la forme-marchandise. Ce qu'il advient alors de la culture quand elle se trouve ainsi placée sous le signe du marketing et du spectaculaire est précisément l'objet de ce livre. Interrogeant tour à tour l'architecture, le musée, l'histoire de l'art, la critique et l'esthétique contemporaine, Hal Foster procède par repérages des antinomies propres à la culture postmoderne (art noble et culture populaire, provocation et compromission, exposition et réification, spectralité et traumatisme). La force de son livre est moins de prétendre les résoudre que de montrer qu'elles conditionnent les modalités du discours critique, les catégories par lesquelles nous pensons le présent. Il ne s'agit pas de "réanimer le cadavre" (celui de la modernité), mais de diagnostiquer le vivant, fût-il mal en point...
Nombre de pages
176
Date de parution
15/02/2019
Poids
230g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782354801861
Titre
Design & Crime
Auteur
Foster Hal ; Lahache Florent
Editeur
AMSTERDAM
Largeur
135
Poids
230
Date de parution
20190215
Nombre de pages
176,00 €
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Après avoir dessiné "Tarzan of the Apes " depuis 1929, HAROLD FOSTER, lassé d'être l'illustrateur d'un scénario établi par un autre, débute la série PRINCE VALIANT le 13 février 1937 et la continuera jusqu'au 23 mai 1971. Au cours de tous ces épisodes situés dans un siècle légendaire, on verra vieillir Val le héros, il se mariera en 1946 et sera père de quatre enfants. Scénario agencé de main de maître, dessin d'une extraordinaire habileté, PRINCE VALIANT est un véritable monument connu et publié dans le monde entier.
L'auteur étudie de manière circonstanciée la mise en place d'un nouveau paradigme centré sur le "retour du réel" dans l'art de la fin du XXe siècle comme contrepoint aussi bien au minimalisme et au conceptualisme dominants durant les années 1970 qu'au simulationnisme postmoderne des années 1980. C'est également l'occasion pour l'auteur de réfléchir à la posture "ethnographique" de l'artiste et faire le point sur les rapports entre les avant-gardes historiques et la néo-avant-garde. Cette lecture critique, qui confronte pratiques artistiques et théories de l'art, se veut aussi prise de position contre l'emprise croissante d'une critique d'art trop facilement encline à ne voir dans l'art contemporain que répétitions et pastiches. Hal Foster propose une ambitieuse fresque historique et politique de cet art engagé dans les enjeux de son temps.
Lorsqu'il fut publié pour la première fois aux Etats-Unis en 1990, Epistémologie du placard devint immédiatement un classique qui, aux côtés des travaux de Judith Butler et de Teresa de Lauretis, posa les termes de la " théorie queer ". À mi-chemin entre les études féministes et les gay and lesbian studies, Eve Kosofsky Sedgwick déconstruit la sexualité comme Butler le genre. Dans cet ouvrage de référence, elle affirme que l'ensemble de la culture occidentale moderne s'articule autour de l'opposition homo/hétérosexuel et que celle-ci affecte les binarismes qui structurent l'épistémologie contemporaine, de savoir/ignorance à privé/public en passant par santé/maladie. S'appuyant sur de nombreux textes datant de la fin du XIXe et du début du XXe siècles (Wilde, Proust, Nietzsche, Melville et James), l'auteur traque l'émergence des nouveaux discours institutionnels médicaux, juridiques, littéraires et psychologiques, qui produiront en miroir les figures de " l'homosexuel " et de " l'hétérosexuel ", au détriment des multiples différences au c?ur des sexualités.
Pourquoi étudier aujourd'hui des textes littéraires rédigés il y a plusieurs siècles ? Pour quoi faire ? On répondra à ces questions en proposant un plaidoyer pour les lectures actualisantes, qui cherchent dans les textes d'hier de quoi réfléchir sur les problèmes d'aujourd'hui et de demain. Ce plaidoyer proposera en fait cinq livres reliés en un seul : une théorisation rigoureuse des méthodes, des enjeux et des limites du geste actualisateur ; un essai d'ontologie herméneutique, qui fait de l'activité de lecture le modèle de constitution de notre réalité humaine et sociale ; une tentative de cartographie des principaux changements sociétaux en cours, destinée à situer le rôle nouveau que sont appelées à jouer les activités d'interprétation ; une prise de position politique dénonçant les angles morts et les perspectives étriquées du néo-conservatisme dominant ; un ouvrage de vulgarisation, visant à faciliter l'accès aux problématiques actuelles de la théorie littéraire, de la réflexion herméneutique et des multiples noeuds qui unissent biopolitique, capitalisme cognitif et économie des affects. Cette démonstration articulée en 14 chapitres et scandée par 58 thèses succinctes invite son lecteur à conclure que, loin d'être condamnées à rester une discipline poussiéreuse, les études littéraires peuvent devenir le lieu d'une indiscipline exaltante, en plein centre des débats les plus brûlants de notre actualité.Yves Citton est professeur de littérature française du XVIIIe siècle à l'université de Grenoble-3 et membre de l'UMR LIRE (CNRS 5611). Outre une soixantaine d'articles sur la littérature et la pensée des Lumières, l'histoire de l'économie politique et le jazz, il a publié Impuissances (Aubier, 1994), Portrait de l'économiste en physiocrate (L'Harmattan, 2000), L'Envers de la liberté. L'invention d'un imaginaire spinoziste dans la France des Lumières (Editions Amsterdam, 2006) (Prix Rhône-Alpes du Livre 2007) et Spinoza et les sciences sociales (Editions Amsterdam, 2008, avec Frédéric Lardon). Il est membre du comité de rédaction des revues Multitudes et Dix-huitième siècle.
Dans la très riche histoire des études sur l'âge classique, c'est la première fois qu'un ouvrage se donne pour projet l'analyse comparative des philosophies de Pascal et de Spinoza. Les univers de pensée des deux auteurs ont longtemps été tenus pour si hétérogènes qu'il apparaissait inutile de réfléchir même à leur incompatibilité. Que pourraient bien avoir à se dire, en effet, le solitaire de Port-Royal, apologiste de la religion chrétienne, et le Juif athée de Voorburg ? C'est oublier que tous deux avaient sur leur table de travail la Bible et le Discours de la méthode, et que la même année, 1670, paraissent les Pensées et le Tractatus theologicopoliticus. Pascal et Spinoza partagent des intérêts communs, développent des problématisations parallèles, engagent des connivences souterraines et des divergences irréductibles. Sans se connaître, ils se sont en quelque sorte répondu. Les lectures croisées que propose cet ouvrage permettent d'apporter un éclairage suggestif sur leurs ?uvres respectives. L'investigation de ces points de rencontres et de désaccords s'avère aussi être, pour nous, une source d'idées nouvelles sur la conception de l'Écriture et de la religion, de l'anthropologie et de l'éthique, des sciences et de la politique, de la sagesse ou du salut. Au-delà de l'histoire des idées, mais aussi grâce à elle, cette première étude systématique et comparative du contraste Pascal-Spinoza offre au lecteur contemporain des frayages philosophiques éminemment prospectifs.