Avant d'être le moulin Mattei, le moulin s'appelait le moulin Franceschi, du nom de son propriétaire. Il appartenait à un ancêtre de Marcel Fortini, lui-même natif de la région et qui a réalisé les photographies de ce livre. Il est des hasards heureux. Le moulin Franceschi cessa son activité au début du XIXème siècle, la foudre s'étant abattue sur le bâtiment. Les dégâts furent très importants et le remettre en état s'avéra impossible. On le laissa donc à l'abandon. A l'endroit même où ce moulin fut construit, dans des temps très anciens, la nuit on allumait des feux pour guider les bateaux dans cette passe dangereuse. Le feu et son expression métaphorique - le coup de foudre - ne sont pas étrangers à l'histoire de ce moulin. La fascination de Marcel Fortini n'est sans doute pas non plus très différente de celle de François Mattei, qui se porta acquéreur du moulin foudroyé et désaffecté. Quelqu'un a-t-il relevé la folie de cette entreprise, son apparente inutilité ? Même, il semblerait que l'on se soit moqué de l'efficacité qui préside d'habitude à de tels projets. François Mattei achète donc ce moulin, non pour le restaurer, mais pour y apposer sa marque, en faire la publicité où son nom serait peint sur la façade - comme on pouvait le voir alors dans les grandes villes du continent et d'ailleurs. Il a dû longtemps tourner autour du moulin, l'observer de près, se le remémorer, en être obsédé avant que ne s'impose à lui l'impérieuse nécessité de l'acquérir. Comme Marcel Fortini, il a dû y passer de longues heures, à l'affût des ombres, d'une lumière changeante, à attendre ce qu'ils espéraient voir enfin. Ils ont en commun d'avoir saisi, chacun à sa manière, le mystère qui nimbe cet endroit. Cela exige une certaine retenue et même de la sagesse.
Nombre de pages
61
Date de parution
08/09/2006
Poids
166g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782350460611
Titre
Visa VI . Littoral/Pointe du Cap Corse
Auteur
Fortini Marcel
Editeur
FILIGRANES
Largeur
140
Poids
166
Date de parution
20060908
Nombre de pages
61,00 €
Disponibilité
Epuisé
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DICIOTTU, « 18 », un recueil, un périple, qui a conduit Marcel Fortini du village Centuri en Corse, des plaines du Pas-de-Calais, aux cols des Vosges sur les traces de la guerre 1914-1918, où l'un de ses ancêtres avait combattu. Une quête de ces paysages vécus et traversés « C'est à partir d'une photographie noir et blanc prise sur le front de 1915 représentant une escouade où figure un de mes ancêtres et d'une carte postale écrite depuis les tranchées, que la petite histoire a croisé, ici, la grande pour permettre au lecteur d'imaginer la destinée de ces hommes « morts pour la France », comme on dit ! »
C'est grâce aux petits soldats de plomb du Premier Empire ayant appartenu à mon père et au récit de voyage de Jean-Paul Kauffmann "La chambre noire de Longwood", que je me suis rendu à Sainte-Hélène. Ayant depuis toujours une grande attirance pour les îles, j'ai donc décidé de m'intéresser à ce rocher situé au milieu de l'Atlantique sud pour en photographier les paysages de l'exil napoléonien, poursuivant ainsi la construction d'un archipel personnel singulier." M. F.
Cette recherche est consacrée à l'étude des aspects formels et esthétiques des ruines de guerre avec pour champ d'analyse principal la commande "Beyrouth, centre-ville", au cours de laquelle Gabriele Basilico, Raymond Depardon, Fouad Elkoury, René Burri, Josef Koudelka et Robert Frank furent invités par Dominique Eddé en 1991 à photographier le centre-ville dévasté de Beyrouth, après la guerre civile (1975-1990).
Découverte dans une maison familiale du hameau de Camera - le bien nommé - (Centuri, Cap Corse), de plaques de verre, protégées dans une vieille malle de voyage, en bois et peau de sanglier. Mémoires d'un photographe amateur ayant bourlingué : Mathieu Micheli, pharmacien-major dans les troupes coloniales, arrivé à Pondichéry le 24 avril 1910. Pour Marcel Fortini, il était tentant, à un siècle près, d'emprunter les itinéraires de son ancêtre. Jérôme Camilly, quant à lui, sollicitait son imaginaire et noircissait ses blocs-notes à vue d'oeil. "Le promeneur de Pondichéry" témoigne de cette histoire.
J'ai toujours eu un faible pour Robert Doisneau et ses photographies qui dégrisent la réalité, comme un lendemain de fête. J'y ai croisé des gens plus ou moins abordables, fréquemment aimables, tantôt embarrassés par leur corps, les soucis, les parapluies, tantôt en harmonie avec cette société d'après-guerre où l'espoir renaissait. En photographiant ces gens ordinaires dans leur décor, souvent en bas de chez eux, Doisneau les a rendus hors du commun. Ce qui n'en fait pas un saint, heureusement, il rie se prenait pas la tête, ce qui l'a sauvé du pire, probablement. Reste le meilleur.