Fils de la révolution de 1789, le romantisme, nourri en France à la source de Jean-Jacques Rousseau, s'est imposé dans la première moitié du XIXe siècle comme l'esthétique dominante dans la littérature et les arts. En rupture avec la rationalité des Lumières, il exprime le sentiment nouveau chez les artistes d'une humanité inquiète. C'est par le biais d'une quête intérieure qui pose le moi au centre de tout que la sensibilité romantique tente désormais de déchiffrer le monde. De cette quête, les écrivains se veulent les prophètes. Ce sont leurs voix que ce volume donne à entendre. Conçue comme un petit manuel de littérature organisé en trois parties, cette anthologie réunit une vingtaine de textes, restitués dans leur contexte et accompagnés d'une riche iconographie. L'édition : Repères chronologiques ; Définir le mouvement par les textes ; Répertoire : les principales figures du romantisme ; Histoire des arts : les romantiques et l'histoire.
Nombre de pages
95
Date de parution
29/08/2018
Poids
98g
Largeur
125mm
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EAN
9782081444744
Titre
Le romantisme. Anthologie
Auteur
Fort Sylvain
Editeur
FLAMMARION
Largeur
125
Poids
98
Date de parution
20180829
Nombre de pages
95,00 €
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Pendant plus de dix ans, Sylvain Fort a assuré sur Forumopera.com une garde dont personne ne voulait : celle d'embaumeur. Quand un chanteur d'opéra venait à s'éteindre et qu'il avait été cher à son coeur, c'est dans l'énergie de l'émotion qu'il lui rendait hommage. Dans les rédactions, pourtant, la terrible logique des " viandes froides " veut qu'on ait pour chaque artiste prêt à rejoindre son créateur un bel obituaire tout encarté de pourpre. Ces hommages, composés alors que la victime bat encore le pavé, rappellent les albums de Noël opportunément enregistrés au mois de juillet. C'est au contraire dans l'immédiat silence de la disparition que Sylvain Fort composa le catafalque de ceux qu'il admira depuis sa plus tendre jeunesse. Ainsi, " In Memoriam ", n'est pas un recueil d'hommages raisonnés, c'est le témoignage d'un mélomane épouvanté de voir glisser ses idoles dans un silence définitif.
L'amitié est de l'ordre du c'ur. Chacun en a son expérience et sa conception. Prétendre l'analyser, c'est s'attribuer dans ce domaine une illusoire autorité. C'est aussi s'exposer à un froid désenchantement. Cependant, la difficulté extrême qu'il y a à définir l'amitié rend à elle seule cette analyse nécessaire. Se découvrent alors la dimension certes profondément affective de l'amitié (et ses liens avec la sexualité), mais également sa dimension éthique et sociale (elle fonde certaines valeurs), voire métaphysique. Trois textes, trois visions, guideront cette analyse : les livres VIII et IX de l'Ethique à Nicomaque d'Aristote, Les Faux-Monnayeurs d'André Gide et En attendant Godot de Samuel Beckett. Proust, La Rochefoucauld, Montaigne ou encore Schiller apporteront sur la question des éclairages seconds et différenciés, faisant en sorte que l'amitié, comprise dans ses implications profondes, n'en demeure pas moins une valeur vivace.
A quatorze ans, Friedrich Schiller est expédié dans une école censée former les futurs cadres du duché de Wurtemberg. La stricte discipline de l'internat le heurte. Mais l'arrête et le travaille tout autant (sinon plus) la découverte d'?uvres philosophiques, théâtrales, littéraires qui brutalement élargissent son horizon de petit Souabe docile. Là, la culture française est culture officielle. Il lui faut la connaître, sinon l'aimer. Mais la culture française est aussi celle des chemins de traverse, dont les théories matérialistes sont l'aboutissement le plus neuf et, pour Schiller, le plus déroutant. Aussi le rapport de Schiller avec la culture ne fut-il, ne put-il jamais être, celui familier, distancié et ironique des écrivains bien-nés. Ce rapport fut toujours de travail, de questionnement avide et radical. Pour la première fois en Allemagne, un écrivain en formation puis un écrivain fêté prenait d'un bloc cette culture française du siècle passé et du temps présent, pour en mesurer à l'aune allemande la fécondité et les impasses. Epreuve difficile, mais salutaire et étonnamment fructueuse pour Schiller, dont les ?uvres de jeunesse peuvent se lire comme une vaste réponse aux problèmes posés par cette culture si présente et si étrangère. Epreuve salutaire aussi pour la culture française même, prise, en cette fin de XVIIIe siècle, dans des apories esthétiques et intellectuelles presque stérilisantes. Ce n'est pas tant de " réception " ou de " passage " qu'il est question dans cet ouvrage que d'une création littéraire de part en part critique, prête à remettre sans cesse en question, au miroir d'une autre culture, ses propres bases et ses propres principes. La culture française, et particulièrement la culture des Lumières, Schiller ne l'a pas adaptée ni apprivoisée en Allemagne, il l'a remodelée pour en faire une source vive de littérature neuve.
Quatre-vingt-treize peut apparaître d'abord comme un roman sur la guerre, non sur la paix. La guerre y est multiple : civile, militaire, politique, sociale, religieuse... Mais Hugo n'omet jamais la mise en perspective, qui seule permet de comprendre les mécanismes secrets des phénomènes historiques. La paix est l'envers et le contrepoint de la guerre. On ne peut comprendre la guerre sans avoir une idée claire de la paix qui en est l'horizon. Quatre-vingt-treize est aussi un roman philosophique. La paix n'est pas seulement le contraire de la guerre. C'est une notion supérieure, un idéal. Pour cet idéal, il est permis de se battre. Une autre dimension de la paix apparaît alors, plus métaphysique voire mystique.