Comment pouvons-nous vivre ensemble, alors que nous sommes en désaccord sur la manière dont il faut vivre ? Hobbes répond : parce que nous ne sommes pas d'accord sur ce qu'est une vie réussie, nous devons penser la réalité politique en termes de souveraineté et de justice. Refusant tout à la fois la réponse de Machiavel, qu'il n'y a pas de morale en politique, et celle de Platon, qu'il n'y a pas de politique sans une idée du Bien, l'auteur du Léviathan nous aide à tirer les conséquences de nos conflits moraux et religieux. La première de ces conséquences est politique : nous obéissons aux lois parce qu'il existe un Etat capable de nous y contraindre ; la deuxième est anthropologique : nous ne nous considérons pas comme des êtres sociaux mais comme des individus ; la troisième est juridique : les règles de droit procèdent, non d'une exigence de vérité, mais d'un souci de paix partagé ; et la dernière est théologico-politique : c'est le souverain, et personne d'autre, qui autorise en dernière instance l'expression publique du sentiment religieux. A partir des concepts fondamentaux de Hobbes et de leur réception contemporaine (notamment chez Mauss, Voegelin, Foucault et Rawls), Luc Foisneau montre que, si nos vies sont inquiètes, c'est que l'état de nature n'est jamais loin, que l'Etat-Léviathan qui nous protège nous inspire de la crainte et que notre bonheur est fait de la succession indéfinie de nos désirs. Lisons Hobbes.
Nombre de pages
624
Date de parution
02/05/2016
Poids
303g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782070467884
Titre
Hobbes. La vie inquiète
Auteur
Foisneau Luc
Editeur
FOLIO
Largeur
108
Poids
303
Date de parution
20160502
Nombre de pages
624,00 €
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Comment le principe de raison est-il devenu principe de la philosophie ? Dans quelle mesure est-il une découverte de l'époque moderne ? pourquoi le mérite de cette découverte revient-il principalement à Leibniz ? Sans doute est-ce, telle est du moins l'hypothèse de ce volume, parce que le principe Leibnizien de raison suffisante s'applique à tous les domaines dans lesquels un rapport est susceptible d'être déterminé entre des termes. En logique, ce principe gouverne l'analyse des propositions ; en métaphysique, il rend compte du fait qu'il existe quelque chose plutôt que rien ; en morale, il implique qu'une action ne peut jamais être le produit d'une volonté indifférente. Pour autant, le principe de raison ne reçoit pas une détermination univoque au XVIIème siècle : Descartes, Hobbes et Spinoza lui font également jouer un rôle particulier, qui éclaire par contraste l'originalité du célèbre " Nihil est sine ratione " de Leibniz. Ces éclairages croisés permettent notamment de mieux comprendre les implications philosophiques des débats autour de la liberté, de la nécessité et du hasard.
Thomas Hobbes (1588-1679) ouvre, avec le Léviathan, de nouvelles perspectives en philosophie politique, mais aussi en logique, en physique et en métaphysique. C'est l'inventeur de la notion d'état de nature, et du pacte fondateur de la société civile qui permettrait d'en sortir. Son ?uvre, considérée tantôt comme annonciatrice de l'athéisme contemporain et tantôt comme fidèle au christianisme, est au centre du débat qui divise, depuis la fin du XIXe?siècle, historiens et philosophes sur le thème de la sécularisation de la pensée politique moderne.Contrairement aux théologiens médiévaux dont il s'inspire, Hobbes n'inscrit plus sa réflexion politique dans l'horizon du salut éternel, mais, selon Luc Foisneau, dans l'horizon de la mortalité humaine. Quelles sont les conséquences d'un tel changement de perspective ? Principalement une égalité naturelle entre les hommes : celle-ci anticipe de manière fulgurante la célèbre critique rousseauiste du droit du plus fort et nous met en demeure de penser autrement la constitution du politique, la toute-puissance de l'État protégeant les hommes de la peur qu'ils s'inspirent mutuellement. Plus largement, cet ouvrage montre en quoi la thèse d'une domination de Dieu par nature contribue à l'élaboration d'une anthropologie politique, au déploiement d'une théorie de la souveraineté et à une critique de la théologie politique.
LUC FOISNEAU Manières de gouverner Politiques modernes de la souveraineté Des États Unis de Donald Trump à l'Argentine de Javier Milei, sans oublier la Hongrie de Viktor Orbán, une nouvelle forme de raison d'État sans aucun scrupule se donne à voir sur la scène internationale. Son mépris des droits humains et de la démocratie au nom d'une efficacité prétendue ne vient pas de nulle part : il exprime une révolte contre la patiente domestication politique des arts de gouverner depuis la fin du Moyen Âge. À rebours de cette histoire, les nouveaux seigneurs de l'économie et de la guerre entendent gouverner à leur seul profit contre l'État. Ce livre s'intéresse à l'émergence entre les XVIe et XVIIIe siècles de deux projets politiques concurrents, l'un tourné vers l'affirmation des droits de l'État, l'autre vers la mise en ?uvre de manières de gouverner efficaces. En retraçant cette histoire, de Machiavel à Bodin et de Hobbes à Rousseau, Luc Foisneau nous invite à réfléchir à ce que gouverner veut dire.
Après avoir raconté, dans le premier tome de ses Mémoires, son enfance dans le Maroc d'avant-guerre et son arrivée en France en 1945, Driss Chraïbi reprend le fil de son récit autobiographique. Au début des années 50, il découvre une autre planète, l'Alsace, et s'y installe avec sa femme dans une sorte d'ermitage amoureux voué à l'écriture. Puis ses premiers succès d'écrivain le ramènent à Paris et la communauté maghrébine trouve en lui l'une de ses premières voix dans le milieu littéraire. Défilent ensuite les années France Culture, les années canadiennes, les années à l'Ile d'Yeu, les amis et les rencontres (François Mitterrand, Lucien Bodard...), les paysages, les livres et les femmes de sa vie.
Oui, j'y avais repensé. Qu'est-ce qu'il s'imaginait. Je n'avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d'une ville, d'un premier amour, la forme d'un porte-conteneurs." Le corps d'un homme est retrouvé au pied de la digue Nord du Havre, avec, dans sa poche, griffonné sur un ticket de cinéma, un numéro de téléphone, celui de la narratrice. Convoquée par la police, elle prend le train pour Le Havre, ville de son enfance, de sa jeunesse, qu'elle a quittée il y a longtemps. Durant ce jour de retour, cherchant à comprendre ce qui la lie à ce mort dont elle ignore tout, elle va exhumer ses souvenirs mais aussi la mémoire de cette ville traumatisée par la guerre, ce qui a disparu, ce qui a survécu, et raviver les vestiges d'un amour adolescent.
Dans l'East Texas profond de la Grande Dépression, la pauvreté règne et dévaste la région comme une tornade. Le jeune Harry Crane découvre le corps mutilé d'une femme noire sur le bord de la rivière Sabine. Il est convaincu que le meurtre est l'oeuvre de l'Homme-chèvre, un monstre de légende. Le nombre de victimes s'alourdit, un homme est lynché et le père de Harry, l'homme de loi local, enquête.
Brontë Emily ; Bellour Raymond ; Lacretelle Jacque
Emily Brontë possède donc le plus singulier des pouvoirs : celui de sa dépendance à l'égard des faits. Avec quelques touches, elle sait évoquer l'âme d'un visage et rendre le corps superflu ; en parlant de la lande, elle fait souffler le vent et gronder le tonnerre. Virginia Woolf. Quand, parmi tous les arbres, je cherche celui dont la forme s'harmonise le mieux avec le cadre du roman tragique d'Emily Brontë, c'est l'image d'un vieux robinier tortueux qui me vient à l'esprit, d'un vieux robinier tordu par le vent qui souffle toujours dans la même direction ; l'écorce est noire, le tronc est creux et, dans ce creux, la pluie a formé une petite flaque où baignent quelques feuilles mortes. John Cowper Powys