Je cherchais un pays n'est pas qu'une anthologie de livres publiés précédemment ; il s'agit d'un nouveau livre, maintenant dans sa forme « définitive ». Il commence par l'enfance en revisitant la Franche-Comté de Gustave Courbet ; il se poursuit par la quête de mes origines italiennes à partir de l??uvre de Cesare Pavese ; il épouse ensuite la terre de la femme aimée, l'Iran des poètes persans. Une seconde partie expose l'expérience singulière de la lecture qui a guidé l'écriture de ces trois récits et qui imitent, pour chacun d'eux, un topos littéraire : le retour au pays, le voyage en Italie et le voyage en Orient. Il s'achève enfin par un dernier récit, le premier paradoxalement écrit, demeuré inédit ; en lui, était déjà contenus, de manière fragmentaire, en germe, le pays que je cherchais, tout en annonçant autre chose, une époque différente de l'écriture. L'ensemble constitue un cycle qui raconterait une même histoire et qui peut se lire comme une espèce de roman. À déchiffrer. L'imparfait indique que la réponse est au bout du voyage.
Nombre de pages
336
Date de parution
05/05/2023
Poids
420g
Largeur
143mm
Plus d'informations
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EAN
9782868536969
Titre
Je cherchais un pays
Auteur
Ferrini Jean-Pierre
Editeur
TEMPS IL FAIT
Largeur
143
Poids
420
Date de parution
20230505
Nombre de pages
336,00 €
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Comme j'ai compris dans les collines de San Martino que là quête de mes origines italiennes était illusoire, j'ai compris que la lettre "v" que j'ai extraite du nom de Pavese pour entrer dans son paese ne signifiait pas vita, mais via; que ce n'était ni à Luino, le pays de mon père, ni dans la biographie que j'avais une chance de trouver la route qui mène au pays de Pavese, cette route, libératrice, que Pavese suit dans Le Métier de vivre à la date du 25 avril 1945. Les papillons, les fleurs un jour de printemps, les péta-les des pommiers et des poiriers volent dans l'air. "Faire sa route et rencontrer des merveilles, voici le grand thème - spécialement le tien."
Quand je regarde Un enterrement à Ornans, je ne vois pas ce tableau seulement comme un visiteur peut le regarder au musée d'Orsay, je le regarde aussi depuis la Roche d'Haute-Pierre, comme depuis les coulisses de cette scène ordinaire (un enterrement) que Courbet éleva au rang de peinture d'histoire. Je reconnais presque quelques-uns des acteurs, le sacristain qui porte la croix, une des vieilles avec son bonnet blanc ; ma grand-mère avec son profil sévère pose aussi parmi le groupe de femmes. Si le regard plonge depuis le sommet de la Roche d'Haute-Pierre au fond des gorges de Nouailles où la Loue prend sa source, il plonge encore au fond du trou, de la fosse autour de laquelle, au centre d'Un enterrement, chacun s'approche inexorablement en portant ou simulant le deuil, distrait par une pensée ou par un des deux enfants de choeur. L'un semble attirer les regards parce qu'il a commis une maladresse. L'autre, c'est lui plutôt qui retient mon attention, regarde ailleurs. C'est l'Enfant, le récitant à l'avant-scène qui rêve toute la Comédie que nous jouons, cette procession, de la naissance à la mort." Jean-Pierre Ferrini.
Le principe du livre est simple. Le narrateur décide de visiter le "mausolée" de sept des plus importants poètes de l'âge d'or de la littérature persane : Ferdowsi (Xe siècle), Omar Khayyam (XIe siècle), Nizami et Attar (XIIe siècle), Roumi et Saadi (XIIIe siècle) et Hafez (XIVe siècle). Il lit par conséquent autant qu'il voyage ; la lecture et le voyage, en alternant, rythment, créent la dynamique du livre qui propose une découverte de l'Iran d'un point de vue littéraire. Le voyage vers le mausolée de ces sept poètes (qui sont des lieux de pèlerinage) fait résonner le passé dans le présent et éclaire l'actualité paradoxale de l'Iran d'aujourd'hui, le hiatus qui sépare l'antique sagesse de la Perse d'hier de la modernité que les écrivains, les artistes, les cinéastes ont inventée au XXe siècle, de Sadegh Hedayat à Abbas Kiarostami en passant par Forough Farrokhzad. De plus, en voyageant avec le narrateur, on découvre que le territoire qu'il explore de Gandja (en Azerbaïdjan) à Samarcande correspond à une réalité géographique, une géopoétique plus qu'une géopolitique, qui n'existe plus, un territoire qui composait autrefois "l'empire des signes", la lingua franca qu'était le persan de Ferdowsi, d'Omar Khayyam, de Nizami, d'Attar, de Roumi, de Saadi et de Hafez. Ce que l'auteur appelle le grand poème de l'Iran.
À partir des Quatre saisons de Nicolas Poussin, en passant par le Chef-d??uvre inconnu de Balzac, ce livre interroge notre rapport au musée, en l'occurrence le musée du Louvre, qui devient le lieu d'un apprentissage, un apprentissage d'écrire, et d'une inquiétude d'être au monde. Durant douze mois, un peu comme un journal de pensées, les paysages de Poussin tracent un itinéraire, un voyage dans le temps et les âges qui rythment les différentes phases de notre vie. L'enquête, plus le livre progresse, se transforme en quête, celle peut-être d'un paysage perdu qui trouverait sa résolution dans la formule des Bergers d'Arcadie : Et in Arcadia ego...
De la même manière qu?autrefois il nous avait rapporté les noces d?écume des escargots ou l?étreinte tentaculaire de la seiche, Jean-Pierre Otte s?attache cette fois aux singularités des amours humaines. D?une écriture allègre, il démêle le manège de la sylphide solaire et la stratégie de l?allumeuse, s?émeut d?un fétichiste en arrêt devant le tabernacle d?un porte-jarretelles et d?une culotte de dentelles, salue le retour en grâce de l?obsédé tripoteur et de l?onaniste radieux, et se montre partisan de l?adultère domestique, tout en nous invitant au passage à partager des galanteries étranges et des dégustations intimes. Et il y a aussi des yeux dans l?ombre et quelques claquements de fouet sur une croupe bellement rebondie... Un jeu dangereux, compensé par des traits d?humour, la liberté sans morale d?un regard amusé, et un réel bonheur dans l?expression.