Le temps des investis. Essai sur la nouvelle question sociale
Feher Michel
LA DECOUVERTE
17,00 €
Epuisé
EAN :9782707197429
Michel Feher se donne pour tâche d'identifier les nouveaux contours de la question sociale et de trouver les leviers d'action stratégiques nécessaires pour les luttes sociales à venir. Notamment appréhender les défis qui peuvent être lancés à des entreprises soumises aux exigences de leurs actionnaires mais aussi repérer les initiatives susceptibles d'infléchir une politique gouvernementale tout entière soumise aux souhaits des marchés obligataires.L'emprise de la finance modifie aujourd'hui les attentes et les pratiques de l'ensemble des acteurs sociaux. C'est vrai des entreprises, qui veillent davantage au cours de leurs actions qu'à leur chiffre d'affaires, mais aussi des gouvernements, qui jugent plus urgent d'apaiser les inquiétudes de leurs créanciers que de répondre aux demandes de leurs électeurs. Même les particuliers gagent moins leur sécurité matérielle sur les revenus de leur travail que sur l'appréciation de toutes leurs ressources ? leur patrimoine, mais aussi leurs compétences, relations, comportements.Selon Michel Feher, en déplaçant les enjeux de la question sociale, ces nouvelles priorités obligent la gauche à se réinventer. Car la " titrisation " des rapports humains sur les marchés financiers diffère de la marchandisation du travail sur le marché de l'emploi. Plus que sur l'extraction du profit, elle focalise les luttes sur les conditions d'allocation du crédit. L'exploitation que les employeurs continuent de faire subir à leurs employés renvoie désormais au pouvoir de sélection que les investisseurs exercent sur les " investis ".Les résistances à l'hégémonie des institutions financières devront trouver les moyens de peser sur les évaluations de la gouvernance entrepreneuriale et des politiques publiques en spéculant contre les critères qui président actuellement aux choix des financeurs. Si l'objectif poursuivi consiste à favoriser une autre circulation du capital, les militants qui les mettent en ?uvre y puiseront également les éléments d'un imaginaire politique renouvelé.Table des matières : RemerciementsIntroductionLes pérégrinations de la morosité politiqueEnlisement technocratique et ingratitude populaire : le spleen libéral d'après guerreDeuil du laisser-faire et entrepreneuriat pour tous : les remèdes néolibéraux à la mélancolieQuête de confiance et gestion de portefeuille : la financiarisation des économies développéesDistribution des revenus et valorisation du capital : l'ébauche d'une nouvelle question sociale1. Les partis pris de la gouvernance entrepreneurialeEmployeurs et investisseursExtraction du profit et allocation du créditNégociations et spéculationsCalculer les coûts et évaluer les risquesSalaire et responsabilité sociale des entreprisesEmployés et parties prenantesCartels patronaux et agences de notation2. Les obligés de la politique gouvernementaleFiscalité et endettementÉlections périodiques et évaluations continuesSanctuarisation de l'espace et occupation du tempsMandats et obligationsDéfection des débiteurs et dédoublement des créanciers3. L'appréciation des parcours individuelsAbolition des privilèges et motivation des dés?uvrésProjection de l'insécurité et triage des accréditésTravailleurs précaires et partenaires affranchisSubordination compensée et interdépendance sponsoriséeSalariés et investis.
Nombre de pages
192
Date de parution
05/10/2017
Poids
237g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782707197429
Titre
Le temps des investis. Essai sur la nouvelle question sociale
Auteur
Feher Michel
Editeur
LA DECOUVERTE
Largeur
135
Poids
237
Date de parution
20171005
Nombre de pages
192,00 €
Disponibilité
Epuisé
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La gauche a un problème d'adresse. Il ne s'agit pas tant de regretter qu'elle se montre malhabile que de constater qu'elle se trompe souvent de destinataires. Plus qu'à susciter la confiance de ses partisans d'aujourd'hui, elle s'ingénie alternativement à obtenir la reconnaissance de leurs adversaires et à invoquer les mânes de leurs ancêtres. Pour s'arracher à la mélancolie, elle gagnerait à mieux s'occuper des siens. Ce sont ces trois textes qu'AOC a voulu réunir en un volume pour en faire l'un de ses "Imprimés" .
Les antisémites seront nos amis les plus fiables ", écrivait Theodor Herzl en 1895. Si le fondateur du mouvement sioniste espérait que leur désir de se débarrasser des juifs les inciterait à seconder son projet, il faisait aussi le pari qu'une fois installés en Palestine, les citoyens du nouvel État gagneraient l'estime de leurs contempteurs en devenant les " sentinelles " de la civilisation européenne. La prophétie de Herzl semble s'être réalisée : aujourd'hui, en effet, les gouvernements occidentaux font bloc derrière Israël et tiennent les juifs qui leur en savent gré pour des Blancs exemplaires. Est-ce à dire, comme le pensait Winston Churchill, que le sionisme serait " bon pour les juifs " ? Rien n'est moins sûr. Outre-Atlantique, une nouvelle génération de militants d'extrême droite nous font déjà l'" amitié " d'être aussi antisémites que racistes, misogynes ou transphobes. Or, connaissant le poids des États-Unis au sein de l'internationale réactionnaire, il y a fort à parier que leurs émules seront bientôt parmi nous. Aussi, plutôt que de miser sur la conduite de l'armée israélienne pour convaincre la nouvelle fachosphère que nous sommes dans le même camp, ne serait-il pas temps de redevenir les juifs diasporiques qui peuplaient naguère les cauchemars de ses prédécesseurs ...
Le RN est rarement crédité d'un vote d'adhésion. Jugeant l'hypothèse trop décourageante, ses détracteurs préfèrent évoquer le désaveu qui frappe ses rivaux, la toxicité de l'espace médiatique ou le délitement des solidarités ouvrières. Producteurs et parasites entreprend au contraire d'examiner la popularité de l'extrême droite à la lumière des satisfactions que sa vision du monde procure à ses électeurs. Le parti lepéniste divise la société française en deux classes moralement antinomiques : les producteurs qui n'aspirent qu'à vivre du produit de leurs efforts et les parasites réfractaires à la " valeur travail " mais rompus à l'accaparement des richesses créées par autrui. Les premiers contribuent à la prospérité nationale par leur labeur, leurs investissements et leurs impôts, tandis que les seconds sont tantôt des spéculateurs impliqués dans la circulation transnationale du capital, financier ou culturel, et tantôt des bénéficiaires illégitimes de la redistribution des revenus. Ancrée dans la critique des privilèges et des rentes, l'assimilation de la question sociale à un antagonisme entre producteurs et parasites n'a pas toujours été la chasse gardée de l'extrême droite. Sa longue histoire révèle toutefois que le désir d'épuration auquel elle donne naissance passe toujours par une racialisation des catégories réputées parasitaires. Pour résister au RN, il est donc aussi nécessaire de dénoncer son imaginaire que de reconnaître l'attrait qu'il exerce.
Féminisme pour les 99%, c’est un ouvrage qui permet d’ouvrir les thèses du féminisme au plus grand nombre et qui invite à s’écarter de ce féminisme libéral ciblant uniquement les classes les plus favorisées de la société. Pour les autrices, un ennemi incarne aujourd’hui toutes les oppressions que subissent le plus grand nombre : le capitalisme. Et pour s’opposer à ce système capitaliste, elles proposent de créer un féminisme pour les 99% qui doit nécessairement s’allier aux luttes écologiques, antiracistes, syndicalistes, lgbtqia+ pour triompher. Un manifeste condensé mais très riche à partager !
L'énergie se prête bien à l'analyse géopolitique, conçue comme l'étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n'est possible dans le monde sans recours à l'énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l'analyse géographique, de l'international au local. Cet ouvrage s'intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique. Les alternatives aux hydrocarbures s'élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l'ère de l'économie numérique et des territoires "virtuels", la matérialité des énergies nous ramène à l'essentiel, c'est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d'un "grand jeu" sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.
La politique étrangère française est depuis longtemps sous le feu des projecteurs, tour à tour présentée comme le vestige d'une gloire passée, la marque d'une présence maintenue dans un monde qui n'a plus de limites, ou le signe d'une arrogance blessée par une succession d'échecs. Le débat reste vif, rehaussé par la présidentialisation, chaque locataire de l'Elysée voulant faire de sa propre diplomatie le gage de son succès et de son prestige... Et pourtant, cette politique reste peu étudiée, regardée avec une série d'a priori jamais évalués : l'effectivité de la grandeur gaullienne et sa perception à l'extérieur, la fonction de l'arsenal nucléaire en un temps post-bipolaire énigmatique, la revendication de prés carrés ou de zones d'influence, un souverainisme rhétorique malmené par la mondialisation, un essor notable de la politique d'affichage et de communication... Existe-t-il d'ailleurs un principe qui organise l'ensemble de ces traits, et le logiciel qui lui est associé correspond-il au contexte international actuel ? Pour comprendre comment la France s'insère dans un monde dont elle est de plus en plus tributaire, les auteurs répondent à trois grandes questions, axes majeurs de l'ouvrage. Comment cette politique s'inscrit-elle dans l'histoire ? Ses instruments sont-ils adaptés, ou répondent-ils à d'autres considérations, économiques, politiques, administratives et idéologiques ? Peut-on en mesurer les résultats et la pertinence, eu égard aux grands enjeux contemporains ? Ces analyses éclairantes esquissent, en creux, la possibilité d'une autre politique.
Première cause de handicap acquis chez l'adulte, l'accident vasculaire cérébral, ou AVC, peut brutalement faire disparaître ou empêcher, de façon temporaire ou non, un grand nombre de capacités de la vie quotidienne, dans des domaines physiques ou intellectuels très divers : la marche, la déglutition, la planification, la lecture, la préhension, etc. Parce qu'il touche à des savoir-faire acquis, l'AVC peut apparaître comme une atteinte biologique du social qui en efface les effets en réinitialisant les expériences, les compétences et les dispositions, autrement dit comme un accident égalisateur qui annule les différences sociales entre individus. Pourtant, à âge égal et à gravité équivalente des lésions cérébrales, les séquelles ne seront pas les mêmes si le patient est un homme ou une femme, un ouvrier ou un cadre supérieur, si la récupération de ses capacités a une grande ou une moindre valeur aux yeux des acteurs de la rééducation, si l'AVC a laissé intact chez lui un rapport aisé ou difficile aux modalités scolaires d'apprentissage. Pour mettre en évidence et expliquer ces phénomènes, Muriel Darmon a mené une enquête approfondie dans un service de neurologie d'un hôpital universitaire et auprès des différents corps de spécialistes - kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, neuropsychologues, etc. - de deux centres de rééducation. En suivant le parcours post-AVC des patients au sein de ces unités et des étonnants " plateaux techniques " conçus pour favoriser leurs réapprentissages, ce livre montre que, par-delà ce qui semble perdu, le social perdure chez les individus et résiste à l'atteinte biologique.