Issu de deux colloques qui se sont tenus successivement à Sorbonne Université (juin 2017) et l'Université de Clermont-Auvergne (octobre zor8), le présent volume rassemble vingt-trois articles consacrés à l'étude de renonciation dans les textes rhétoriques et philosophiques de l'Antiquité. Il propose une lecture des textes anciens informée par la conception bakhtinienne du langage. Contre la représentation de la parole comme actualisation isolée d'un système linguistique unique et abstrait Bakhtine postule, d'une part une pluralité de systèmes linguistiques concrets, de "langues, auxquelles le locuteur a affaire quand il parle, d'autre part la primauté de l'interaction par rapport à l'énoncé. En somme, toute parole réagit à des prises de paroles antérieures et anticipe la réaction du destinataire au sein d'une situation d'énonciation donnée - ou construite par l'auteur. Pour le lecteur des textes anciens, qui a appris à les comprendre dans les grammaires et les lexiques, la tentation est grande de ne les voir que comme l'émanation d'un système linguistique figé : le présent volume propose au contraire de les voir comme une parole vivante, née au sein d'une interaction et prenant sens par rapport à elle. Les études rassemblées abordent la question de l'énonciation sous deux aspects : les unes analysent la représentation de différentes situations d'énonciation par les auteurs Anciens et montrent son importance pour l'interprétation ; les autres s'intéressent à sa théorisation antique. Si les termes linguistiques d'énonciation et d'interaction n'ont pas d'équivalents stricts chez les Anciens, les auteurs de Imités ont cherché à définir les effets - et parfois les dangers - suscités parla présence de plusieurs voix au sein d'un texte écrit. Le volume est organisé en trois parties, selon un double critère générique et chronologique : la première est consacrée à la pratique et à la théorie rhétorique ; la seconde porte sur le dialogue platonicien ; la troisième est centrée sur l'époque impériale, ail le dialogue entre philosophie et rhétorique est si intense que la frontière générique s'estompe.
Nombre de pages
441
Date de parution
18/10/2022
Poids
850g
Largeur
171mm
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EAN
9782356135209
Titre
Dialogue, dialogisme et polyphonie. Questions d'énonciations dans les textes rhétoriques et philosop
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S'adressant à tous les candidats aux concours, en particulier Agrégation et CAPES, Clefs concours offre une synthèse par sujet. Conçu comme un repère par rapport aux monographies et aux cours et comme un outil de révision, chaque ouvrage est articulé autour de fiches thématiques permettant de faire le point sur les acquis de la recherche. Synthèse des travaux les plus récents, Clefs concours permet de s'orienter dans la bibliographie et de mettre en perspective l'évolution des savoirs. Tous les titres de Clefs concours Lettres sont organisés autour d'une structure commune : des repères (un rappel du contexte historique et littéraire), les grandes "problématiques", indispensables à la compréhension des enjeux de l'oeuvre, la "boîte à outils" consacrée aux questions de langue, de stylistique et de grammaire, des outils méthodologiques (chronologie, glossaire, bibliographie), un système de circulation entre les fiches et les références bibliographiques.
L'histoire du fait guerrier dans le monde grec suit encore souvent une chronologie et un modèle précis : aux hoplites citoyens de la polis classique succédèrent au IVe siècle les peltastes mercenaires puis les phalangites professionnels. Les armées de métier de Philippe II, d'Alexandre et des rois révolutionnèrent l'art militaire. Pour finir, la victoire de la République romaine dévoila l'obsolescence des armes et des tactiques hellénistiques dès le IIe siècle. Dans cette histoire, les grandes batailles rangées forment autant de jalons saillants ou annonciateurs des temps nouveaux. Cette étude révèle les difficultés posées par ce paradigme et propose une approche bien différente. L'histoire du fait guerrier hellénistique n'est pas celle de l'avènement des armées professionnelles. Celle des conquêtes romaines ne se limite pas à l'opposition caricaturale entre la phalange des Macédoniens et la légion. L'histoire-bataille empêche de saisir la diversité des expériences combattantes : si les batailles rangées ou les assauts contre les villes marquèrent durablement de nombreuses vies guerrières, elles étaient bien moins fréquentes que les combats de la guerre "ordinaire", celle des innombrables accrochages, embuscades et raids qui rythmèrent, sur terre ou sur mer, les campagnes des humbles et des puissants. Enfin, il n'y eut jamais une seule manière de faire la guerre dans l'espace égéen. Au début du IVe siècle, les Grecs du Sud ne combattaient pas comme les Grecs du Nord ; aux IIIe et IIe siècles, les pratiques ne furent pas uniformisées, et encore moins figées. Ce travail met en évidence les multiples modèles grecs de la guerre qui émergèrent et se transformèrent entre le début du IVe et la fin du Ier siècle a.C. dans l'espace égéen. Il plonge au plus près des combattants, au "ras du sol", dans les batailles et les embuscades, sur les remparts ou les navires, pour permettre d'entrevoir, par les textes et les images, les violences et les terreurs vécues par les hommes.
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Deuxième ville du Bordelais au temps de son âge d'or au XIIIe siècle, Saint-Emilion conserve de cette période un patrimoine exceptionnel, tant sur terre... que sous terre. A partir de ses origines mythiques liées à un ermite breton venu s'installer en ce lieu au milieu du VIIIe siècle, la petite cité se développe d'abord autour d'un monastère et prospère ensuite grâce à ses bourgeois. Ces derniers élisent une jurade qui veille de près à l'économie de la ville, déjà basée sur le commerce du vin ! Des faubourgs populeux et de multiples couvents se développent bien au-delà des murailles qui nous sont parvenues. La guerre de Cent ans met un coup d'arrêt brutal à cette dynamique... Saint-Emilion a fait l'objet durant près de 10 ans de recherches universitaires qui ont permis de mieux connaître son histoire et mieux comprendre son architecture. Ce livre, richement illustré, s'attache aujourd'hui à partager auprès du grand public les résultats de ces travaux".
A la fin de l'âge du Fer, le nord-ouest de la Gaule est subdivisé en plusieurs cités indépendantes. Entre Manche et Atlantique, huit d'entre elles ont fait l'objet d'une attention particulière dans le cadre de cette enquête archéologique, qui vise à comprendre leur organisation et le rôle joué par les différents sites d'habitats. Contrairement à ce qui a longtemps été admis par les chercheurs, cette synthèse, issue d'une thèse de doctorat, met en exergue la pleine intégration de ces régions occidentales dans les processus sociaux qui marquent la fin de l'âge du Fer en Europe celtique et qui conduisent au développement de l'urbanisme et à la formation des territoires entre le IIIe et le Ier siècles a. C. La démarche consiste en une analyse des formes et des fonctions des agglomérations, mais également en un examen des espaces à caractère religieux (sanctuaires), des sites fortifiés et des établissements aristocratiques. Ce dépouillement exhaustif permet aujourd'hui de raisonner sur les liens économiques, voire administratifs, existant entre ces divers types de sites, tout en réfléchissant à la structuration sociale des cités et à l'évolution de leurs organisations jusqu'au Haut-Empire romain.