Sur l'échelle danser" est un texte tissé de plusieurs voix. Voix de la poète ou du narrateur déambulant, où affleurent les difficultés, les peines, la solitude mais aussi beaucoup de volonté, de tendresse, d'humanité. Voix aussi entendues à la radio, échos du monde, des souffrances, des violences, des inégalités qui le traversent et dont chaque jour nous sommes les témoins. Et voix de la littérature enfin, d'auteurs et d'autrices, qui viennent se mêler au texte, s'y fondre, tantôt renforçant tantôt contrebalançant les autres voix. Si ces citations s'intègrent si bien, si justement au texte, c'est que Claude Favre mène depuis de nombreuses années un travail tout à fait particulier de mémorisation de textes qui est venu nourrir l'écriture de ce livre.
Nombre de pages
64
Date de parution
02/11/2021
Poids
300g
Largeur
13mm
Plus d'informations
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EAN
9782957694211
Titre
Sur l'échelle danser
Auteur
Favre Claude
Editeur
SERIE DISCRETE
Largeur
13
Poids
300
Date de parution
20211102
Nombre de pages
64,00 €
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Résumé : "Ceux qui vont par les étranges terres / les étranges aventures quérant" parle des "Présents-absents", réfugiés, Palestiniens, proscrits jetés au bagne ou dans les camps, ou ceux qui deviennent chair à canon, femmes violées, des esclaves ou des sdf... tous ceux, à travers l'histoire que l'on oublie, ne voit pas, n'entend pas, que l'on tue, massacre. De courts paragraphes saisissants, pour restituer les gestes du bourreau, le regard de celui "qui va par les étranges terres". Le titre, emprunté à Chrétien de Troyes qui nommait ainsi les chevaliers qui s'engageaient dans la quête du Graal, fait de tous ces "laisser pour compte" les chevaliers d'une épopée moderne, leur redonnant noblesse et grandeur.
Avec ces notes d'écriture, de lectures, dans cette réflexion sur l'acte d'écrire, sur le lien entre le travail du poète et les emprunts de lectrice, "Par curieuse expérience des questions" interroge les enjeux de la langue et leurs points de jonction, de friction, avec le corps, la vie. Claude Favre écrit avec précision ce que les mots peuvent faire au monde et dans le monde. Comment témoigner de ce dehors dans l'intimité du langage. Mêlé de sa langue et de celle des autres, le texte avance par ajouts, note après note, s'interrogeant sur son propre devenir, sur son pouvoir de réalisation et ses limites.
Le texte s'ouvre par "le monde" , "ses dimensions" et l' "absence" . Il y a un deuil, une rupture, un vide laissé dans le paysage. Et tout est là, dans cette première page, le sujet du livre, l'absence, le deuil, comment cela prend place dans le paysage, comment celui-ci est redessiné par cette absence même, comment le dire, le décrire, tel que l'autrice le voit maintenant après cette disparition, à partir de cette disparition, et malgré elle. Mais le sujet central serait surtout la langue, le "comment dire" , comment décrire, à la fois le très absent (la personne disparue) et le très présent (le paysage dans toute sa matérialité), et ce qui circule d'une présence désormais effacée entre les parois très matérielles d'une montagne, l'eau d'un ruisseau et la terre d'un chemin.
Né d'un travail quotidien d'écriture suivant un processus de remémoration et de trace, "Ce presque là" questionne au fil des pages le réel, sa présence, et l'écart à l'oeuvre dans toute tentative d'expression. Xavier Evstigneeff convoque avec précision les signes, la ponctuation, les silences ; et la phrase, malgré un effacement progressif de certains de ses aspects reconnaissables, n'est jamais tout à fait absente. Les répétitions, les reprises de motifs, très présentes au début, elles aussi s'effacent à mesure de l'avancée du texte, et la lecture trouve son propre rythme, au-delà de l'exercice originel.