Un nombre impressionnant de soldats français, dont énormément de réservistes, sont faits prisonniers par l'armée allemande lors de l'été 40. Alors qu'il est lui-même fait prisonnier à Ledringhem, près de Dunkerque, César Fauxbras se met à consigner tous les propos de ses compagnons de fortune. La prison se fait lieu de libération de la parole, jusqu'alors bâillonnée par le "devoir" de réserve et la peur des représailles. Les opinions sondées sont celles d'hommes habituellement muets, s'exprimant ici sans détours, bien loin du panache militaire et des opinions officielles évoquant notamment la vaillance des soldats de l'armée française. Le ton est enlevé, gouailleur. Il sert une autre vision de l'Histoire. Les soldats cherchent à comprendre la situation, à expliquer les raisons de la défaite et de leur détention. Deux causes sont invoquées: la faiblesse de l'armée française face à l'efficacité de l'armée allemande ou bien le défaut de motivation des trouffions. C'est cette vie de trouffion qui est ici rapportée, les inquiétudes des uns, les regrets des autres notamment le tiercé du dimanche ou l'éventuel raccourcissement du Tour de France causé par cette guerre... Les plaisanteries qui fusent sont des merveilles de français argotique. Des projets d'évasion franchement loufoques se profilent. Le texte montre au final les limites du patriotisme et de la désertion. Grand roman de la débâcle, écrit par les mobilisés eux-mêmes, qui se pensent victimes d'une vaste "couillonnade"...
Date de parution
10/02/2011
Poids
172g
Largeur
116mm
Plus d'informations
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EAN
9782844853776
Titre
LA DEBACLE
Auteur
FAUXBRAS CESAR
Editeur
ALLIA
Largeur
116
Poids
172
Date de parution
20110210
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Résumé : Une gifle ? Un cri ? Ce récit exceptionnel est plus que le journal de bord d'un simple matelot. C'est un coup de gueule, âpre et cru, contre la version officielle de la guerre 14-18. Un réquisitoire basé sur des faits vécus, tel ce sacrifice inutile de trois cents hommes après le torpillage d'un cuirassé, maquillé en fait d'armes héroïque par la propagande " patriotique ". Ouvrant au public son carnet de bord intime, César Fauxbras, gabier de la flotte française de Méditerranée, exhale rageusement le point de vue des matelots, livrés aux brimades d'une hiérarchie navale bornée, inhumaine et incompétente. Forcément partiale, sans concession, parfois outrancière, la révolte des " Jean Le Gouin ", annonce les mutineries de la Mer Noire... qui éclateront deux ans plus tard. Pour le lecteur d'aujourd'hui, voilà un extraordinaire document sur un sujet peu connu : la vie quotidienne en 1917 à bord des bateaux en guerre. Illustré par de surprenantes photographies du fonds Roger-Viollet, datant de l'immédiat avant-guerre, ce livre vous plonge dans l'univers féroce des " gros-culs ", ces monstrueux cuirassés où l'homme ne comptait plus.
Voici un document d'une rare précision sur la Seconde Guerre mondiale. César Fauxbras rapporte tous les menus faits de la vie quotidienne, de l'augmentation du prix du tabac ou du timbre au dernier prix Goncourt. Il parle de lui ("17 nov. [1939]. Je vais m'inscrire au chômage.") comme de l'état du monde ("26 nov. [1939]. Enfin, c'est la guerre et son cortège de misères."). Ce sont cinq années de la vie d'un homme, à la lumière des nouvelles relatées par la presse. Pour exemple: "Grande nouvelle: le gouvernement fait payer les riches! La guerre a décidément du bon." Fauxbras commente l'actualité, sans jamais se départir de l'humour: "Discours de M. Chamberlain à l Empire britannique:"Nous sommes entrés en guerre pour assurer la paix."Très bien Gribouille!" On retrouve aussi l'anthropologue, qui note scrupuleusement ce qu'il peut lire ou entendre, à la radio ou dans les cafés. Désarçonnant, il pimente aussi ses propos d'anecdotes ou de petites histoires: "Une histoire: un Allemand demande à un gosse qui lui a donné sa patinette. C'est ton père? Non. Ta mère? Non. Ton oncle? Non. Qui alors? Personne. L'aurais-tu volée? Non, puisqu'elle est rouge, si je l'avais volée elle serait peinte en gris." C est une histoire au jour le jour, où se mêlent opinions toujours instructives de l'auteur, dialogues rapportés et citations dûment commentées des journaux de l époque.
Plongeant le lecteur en plein coeur de la crise de l'entre-deux guerres, ce journal d'un chômeur réussit à toucher, comme nul autre roman, la vérité brûlante, sanglante, et surtout humiliante d'une époque rimant avec misère. César Fauxbras livre ici un témoignage bouleversant. Le sordide hôtel pour chômeurs où il nous entraîne existe sûrement dans un coin perdu du XIIIe arrondissement de Paris; là, le licencié ès lettres Jojo, l'ex-médecin marron Chouard, le ménage Voulaz, la fille Jeannette qui se donne par camaraderie, tous passés maîtres dans l'art du système D et des combines en tout genre, forment un de ces mille îlots perdus dans l'enfer de la grande ville. De galères en situations dramatiques, Thévenin, le narrateur, fait montre d'une ultra-lucidité comme d'une incroyable capacité à déceler l'hypocrisie et débusquer le ridicule; ne serait-ce que dans la trivialité du quotidien ou dans les méandres d'une administration absurde et inhumaine. Malgré les petits boulots flirtant avec l'illégalité, la lutte des acolytes pour survivre semble vaine. La radiation du chômage les menace tous. La langue de Fauxbras se fait alors drue et corrosive, argotique, brute comme le sujet, son regard sur la société est cinglant. Il donne naissance, par le biais de ce récit intime, à un texte engagé, celui d'un révolté qui laisse transpirer son non-conformisme et un humour noir digne des grands auteurs du genre. Car face à la solitude et au désespoir, seul l'humour pourra les sauver. À moins qu un pont au-dessus de la Seine ne fasse définitivement l'affaire. Un roman majuscule.
Dans Le Mariage du Ciel et de l'Enfer, recueil de poésies en prose publié en 1790, William Blake exprime sa méfiance vis-à-vis de la conception religieuse manichéenne de la vie. En Enfer, la sagesse des démons triomphe sur celle des anges. L'Ame et le Corps ne sont pas deux entités distinctes. Le poète proclame au contraire l'unité humaine, et un nouvel ordre moral dans lequel le vice et la vertu ne feraient qu'un. Mêlant prose et poésie, humour et cynisme, il en vient à écrire une véritable apologie du Mal, à l'encontre des opinions de son époque qui encensait la Raison. Moderne tant par ses idées que par son style hybride, William Blake se détache ici des conceptions religieuses pour proclamer une vision novatrice de la vie, pleine de lucidité.
Des plaines, des villes, des nuits, des îles... Demande à la brûlure est une errance peuplée de visions, de routes et de fantômes. Comme un carnet de voyage dans un monde flottant, les poèmes deviennent parfois des aphorismes, des fragments. "Le corps, amené à mourir / Un piège pour le désir" : comment lui échapper ? Comment se protéger de cette absence dont le souffle irradie la mémoire ? En se détachant du présent, au risque de se perdre en soi-même. En contemplant à travers de fragiles souvenirs le mouvement incessant du monde, les paysages dessinés par la mer et la fumée, un "soleil s'écroulant dans ma bouche". Et en rêvant le jour pour traverser les nuits, quand la puissance des images invoque et conjure des ombres voluptueuses. "L'obscurité s'accouple au vent / Pour me tenir ici".
Je me demande si je l'aime et je suis forcé de répondre : Non, je lui reproche de m'avoir châtré, c'est vraiment peu de chose, mais enfin... Et puis elle m'a mis au monde et je fais profession de haïr le monde. " Dans une langue à la beauté froide, Albert Caraco évoque la mort de sa mère. Vivant à l'écart de ses contemporains, celui dont la "vie entière est une école de la mort" préfère aux illusions de l'amour et de la procréation une "sainte indifférence". Quelques éclairs percent pourtant à travers ce texte aussi cruel que lucide. Les souvenirs heureux qui subsistent, le portrait pudique de la mère, le récit déchirant de son agonie. Dans cette méditation sur l'anéantissement, Caraco livre sa vision obsédante des mères et des fils, des femmes et des hommes, et de leur impossible rencontre.