Revue de la Bibliothèque nationale de France N° 36/2010 : Emmanuel Le Roy Ladurie, historien du clim
Fauchois Yann ; Le Roy Ladurie Emmanuel ; Daux Val
BNF
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EAN :9782717724516
Les textes présentés dans ce dossier prolongent les contributions données par nos auteursà une journée d?étude organisée en hommage à Emmanuel Le Roy Ladurie le 11 juin 2009 à laBNF, et qui comportait une section consacrée à l?histoire climatique. Administrateur général de laBibliothèque nationale d?octobre 1987 à janvier 1994, membre de l?Institut, titulaire de la chaired?Histoire de la civilisation moderne au Collège de France de 1973 à 1999, Emmanuel Le Roy Ladurie s?est intéressé très tôt à l?histoire du climat sur laquelle il a commencé à publier dès 1957. En 1967, il publie l?Histoire du climat depuis l?an mil, ouvrage novateur et fondateur mais mieux reçu à l?étranger que chez les historiens français, comme l?expose ici même Emmanuel Garnier qui revient sur la place tenue par les historiens dans les débats actuels sur la question du réchauffement.Loin d?avoir renoncé, Emmanuel Le Roy Ladurie a poursuivi ses recherches, les approfondissantsans cesse, les nuançant toujours. Est ainsi parue une volumineuse Histoire humaine et comparéedu climat en trois volumes entre 2004 et 2009. Aussi Anouchka Vasak analyse-t-elle dans cedossier l?évolution de la pensée « ladurienne » sur l?histoire du climat. Elle souligne notamment levirage anthropologique, dont rend compte le titre de la dernière trilogie, pris par ce promoteur de« l?histoire immobile », pour reprendre le titre de sa leçon inaugurale au Collège de France, célèbre pour avoir élargi le territoire de l?historien à « l?histoire sans les hommes 1 », même si au final l?activité humaine n?était jamais loin des pensées de Le Roy Ladurie toujours attentif à évaluerles menaces ayant pesé sur le développement de l?humanité. Dans le texte inédit qu?il présente ici, Emmanuel Le Roy Ladurie nous donne sa vision la plus récente de l?évolution dans la longue durée du climat européen. La variabilité climatique, temporelle et spatiale, y est mise en avant. Toujours sensible aux oscillations et fluctuations, il souligne l?importance des effets des chocs sur la société. L?exemple du XVIIe siècle montre bien qu?une fraîcheur globale n?exclut pas les moments de moindre fraîcheur et même de belles séquences chaudes: les sécheresses de ce « petit âge glaciaire » ont durablement marqué les esprits. Si le nombre de périodes de sécheresse est en augmentation au XXe siècle, leur durée a en revanche tendance à diminuer, et elles se situent plutôt l?été ou l?automne qu?au printemps. Dans une année froide, rappelle encore Le Roy Ladurie, ce qui compte, particulièrement dans des économies encore agricoles, ce sont, plus encore que la fraîcheur d?un été, les excès des précipitations. De même, le recul des glaciers dans la seconde moitié du XIXe siècle est certes dû à des étés chauds, mais aussi à des hivers moins neigeux. Et les hivers froids de notre période de réchauffement ne sont pas une espèce en voie d?extinction. Les changements climatiques ne se traduisent pas tant par une évolution régulière que par l?augmentation de la fréquence des accidents. Les mécanismes des fluctuations naturelles du climat sont encore mal connus d?où l?importance de la mise en perspective historique, d?autant qu?il est possible, comme l?ont montré les travaux d?E Garnier2, de reconstruire les événements extrêmes qu?a connus le passé. On voit bien, à lire Le Roy Ladurie, qu?il a existé jadis des pics thermiques qui n?ont rien à envier aux nôtres. L?historien dispose, pour ses reconstructions, de données instrumentales, souvent récentes (par ex. les températures réellement mesurées), et de données indirectes, plutôt de natureanthropique (par ex les dates de vendanges). Son rôle est de les contextualiser de manière àpermettre aux « scientifiques » de calibrer et modéliser les relations qui existent entre elles. Cerôle est d?autant plus nécessaire que l?on sait que nos perceptions du climat sont aussi subjectivesque sélectives: la disparition des saisons est un discours récurrent qui existait déjà sous l?AncienRégime, le jamais vu de mémoire d?homme pouvant renvoyer à moins de deux ans 3! Les dates de vendanges comptent parmi les principaux outils de l?historien du climat. Précises et annuelles, elles sont un bon indicateur sur la chaleur ou la fraîcheur des printemps et des étés. Elles présentent aussi l?avantage unique de séries régulières sur la longue durée puisqu?on les connaît pour certaines régions, en Bourgogne par exemple, depuis le XIVe siècle. Partant de la relation qui existe entre température et développement de la vigne, la date des vendanges correspond à l?époque de maturité du raisin qui est fortement liée aux températures, la physicienne Valérie Daux a élaboré une méthodologie permettant de les utiliser scientifiquement pour reconstituer les températures d?avril à août et permettre ainsi une reconstruction des climats du passé. Elle présente ici la construction de ce modèle statistiquement satisfaisant et transposable qui, à cépage égal, intègre aussi de nombreux paramètres locaux et des facteurs humains. Elle réussit avec succès, de manière inédite, à marier la rigueur des sciences dites dures avec la contextualisation géographique, historique et technique. Aussi cette avancée est-elle une bonne illustration de la fécondité que peut produire l?interdisciplinarité pour laquelle Emmanuel Le Roy Ladurie a milité depuis tant d?années. Travail de Romain certes, mais auquel se sont attelés avec persévérance et talent ses disciples, comme ils le montrent dans le dossier que présente notre revue.
Le mouvement des Lumières est né au XVIIIe siècle ; pourtant, il appartient aussi à notre temps car il est au fondement de notre identité moderne. Le point de départ des Lumières consiste à exiger que les êtres humains soient débarrassés des tutelles extérieures, celle de la religion, celle des traditions, et qu'ils acquièrent leur autonomie : un peuple souverain, un individu libre de jouir du bonheur sur terre, une connaissance du monde qui ne laisse plus de place aux explications surnaturelles.Dans l'exposition de la Bibliothèque nationale de France qu'accompagne le présent ouvrage figurent plus de deux cent cinquante pièces du XVIIIe siècle : tableaux, dessins, manuscrits, livres, objets. On trouvera ici cent soixante images des pièces les plus représentatives : tableaux de Watteau, Chardin, Boucher, Greuze, Fragonard, Magnasco, Guardi, Reynolds, dessins de Hogarth, Gainsborough, Crespi, Longhi, Tiepolo, Piranèse, manuscrits de Montesquieu, Rousseau, Beaumarchais, éditions originales des oeuvres de Vico, Mendelssohn, Richardson, Voltaire, Diderot...Le volume s'ouvre par des introductions dues aux commissaires de l'exposition, Tzvetan Todorov et Yann Fauchois, et comprend ensuite deux grandes sections, composées de contributions d'éminents historiens, philologues et philosophes. La première, "Les Lumières et le temps présent", interroge la signification de cette pensée à l'aube du XXIe siècle. La seconde, "Les Lumières et le monde", montre comment ce mouvement d'idées spécifiquement européen a pu trouver des préfigurations et des résonances dans les traditions d'autres cultures : en pays d'Islam, en Inde, en Chine, en Afrique noire et en Amérique du Nord.Les Lumières accordent une place éminente à la volonté des hommes mais en même temps elles lui imposent des limites : la meilleure justification de nos actions est qu'elles servent le bien-être humain ; tous les hommes, appartenant à la même espèce, possèdent des droits inaliénables. Cet héritage-là mérite d'être chéri et préservé avec soin.
Chronologie politique, culturelle et religieuse de Clovis à 2000. Le Journal de la France et des Français est une chronologie rédigée, analytique et largement commentée, mettant en relation, à l'intérieur d'une même période, des événements relevant de plusieurs disciplines à la fois. Il se veut un usuel, un ouvrage que l'on consulte par une sorte d'automatisme parce qu'on sait qu'on va trouver la réponse à ce qu'on cherche, selon le même réflexe que pour la consultation d'un dictionnaire. Dans le cadre de la chronologie au sens strict (jour, mois, année) viennent s'insérer les noms des rois (en colonne dans la marge pour une lecture rapide), les dates de règne, les données analytiques (textes d'ouverture d'une période), les données factuelles (exposé des événements), les données synchroniques, des biographies. Le volume 1 est consacré à la Chronologie ; l'Index occupe le volume 2. (Les deux volumes sont vendus ensemble.)
Et voilà le travail ! raconte une aventure personnelle et collective dont le fil rouge, durant près d'un demi-siècle, a été de mettre en valeur le travail, les métiers, les savoir-faire. Ce récit qui démarre en Seine-Saint-Denis nous fait voyager sur l'ensemble du territoire national. Il relate des rencontres, des événements, des anecdotes où l'humain prend une grande place. Il est, en même temps, l'occasion de mettre l'accent sur une filière que le monde entier nous envie : la visite d'entreprise. L'auteur précise les raisons d'une telle réussite et livre une analyse de l'évolution et des enjeux de ce tourisme de savoir-faire.
Damien Deroubaix développe depuis le début des années 2000 un art sombre et puissant, porté par un regard à vif sur la société actuelle et ses maux. S'il est l'un des rares artistes parmi ceux de sa génération qui soit tout à la fois peintre, sculpteur et graveur, la gravure occupe cependant une place singulière dans sa pratique, ce dont témoigne son oeuvre imprimé conservé à la Bibliothèque nationale de France. Questionnant le rôle de l'artiste et se construisant sur les échanges féconds entre le passé et le présent, l'art et le monde, c'est une création engagée et nourrie du dialogue avec les grands maîtres - Dürer, Goya, Gauguin, Picasso... - qui se révèle ici, au travers d'une sélection de quelque soixante-dix gravures, peintures et sculptures.
Résumé : A travers des oeuvres exceptionnelles de Toulouse-Lautrec, Chéret, Mucha ou encore Steinlen et des objets issus de cette époque, L'art est dans la rue révèle les multiples facettes de l'affiche, de la publicité à la propagande politique, accédant bientôt au rang d'oeuvre d'art. Cet ouvrage explore l'essor spectaculaire de l'affiche illustrée à Paris durant la seconde moitié du XIXe siècle. Paris devient alors une gigantesque galerie à ciel ouvert, captant l'attention des passants et investissant tous les espaces urbains : murs, kiosques, colonnes Morris, jusqu'aux corps humains transformés en hommes-sandwichs. La rue devient à la fois un lieu d'expression politique, de revendication sociale et de consommation de masse. L'affiche, véritable art populaire, s'impose comme le reflet d'une époque effervescente, entre progrès techniques et bouleversements sociaux, où la ville elle-même devient le support d'une forme nouvelle de communication visuelle.
Conçu à l'origine pour l'art lyrique, haut lieu de la danse, le Palais Garnier a su nourrir les imaginations avant que le Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux ne forge définitivement le mythe d'un palais féerique, mystérieux et inquiétant. Symbole de la Capitale, habité de spectacles depuis 150 ans, sa légende n'est pas près de s'achever. La Bibliothèque nationale de France et l'Opéra de Paris présentent au Palais Garnier, à l'occasion de ses 150 ans, une exposition qui explore les différents ressorts de la fascination exercée par ce lieu, afin de permettre de comprendre comment il est devenu un monument iconique, aimé de tous. Voulu pour une élite, par Napoléon III, soucieux d'assoir son pouvoir à travers son usage, à l'instar de Louis XIV avec les fastes de Versailles, il devient le palais national emblématique de la République - qui, de manière continue jusqu'au dernier quart du xxe siècle, le met à contribution dans le cadre de sa politique de rayonnement international. Reconnu par le grand public, comme étant surtout le palais de la danse, il est conçu à l'origine plutôt pour l'art lyrique - avant que l'art chorégraphique ne s'y affirme et que les médias n'en popularisent une image peuplée de silhouettes en tutu -, et sa réalité est celle d'un théâtre proposant de manière harmonieuse des spectacles de danse et d'opéra. Palais des légendes, enfin, il a pu nourrir les imaginations par les charmes de son architecture avant même que Gaston Leroux n'en fasse le sujet de son Fantôme de l'Opéra, forgeant définitivement le mythe d'un palais à la fois féerique, mystérieux et inquiétant. Enfin, que l'on évoque la présence rare mais remarquée de Maria Callas, les spectacles somptueux de l'ère Liebermann, la première mondiale du Saint François d'Assise de Messiaen, véritable tournant dans la musique contemporaine, ou la politique artistique ambitieuse des directeurs successifs et l'invitation d'artistes de renom portant un regard neuf sur ce théâtre du xixe siècle, la légende du Palais Garnier se continue de s'écrire.
Les Nabis, parmi lesquels Pierre Bonnard, Edouard Vuillard, Maurice Denis et Félix Vallotton, sont connus pour avoir révolutionné l'estampe en une décennie, à la fin du XIXe siècle. Un véritable âge d'or de l'estampe originale que la Bibliothèque nationale de France a choisi de mettre en valeur dans une exposition dédiée, s'appuyant sur ses collections exceptionnelles. Les Nabis forment une communauté d'artistes liés par une amitié très forte qui vont cheminer ensemble à la fin du XIXe siècle, avant de prendre des directions artistiques différentes. Sur une décennie, ils vont écrire une des plus belles pages de l'histoire de l'estampe originale en créant de nombreuses planches autonomes ou rassemblées en albums, sous l'impulsion d'éditeurs et de marchands novateurs, tel Ambroise Vollard. Leurs cadrages audacieux, associés à un usage inédit de la couleur, sont mis au service de la modernité des sujets abordés, que ce soit dans les scènes d'intérieur, les paysages ou les tableaux parisiens. Ils conçoivent l'estampe comme un élément de décoration accessible au plus grand nombre : leur production s'inscrit ainsi dans un désir d'intégrer l'art à la vie quotidienne en abolissant la frontière entre beaux-arts et arts décoratifs. Explorant les ressources de la lithographie en couleurs, à l'exception de Félix Vallotton et d'Aristide Maillol qui s'emparent de la gravure sur bois de fil, ils créent aussi bien des estampes artistiques que des affiches, des illustrations pour des revues (La Revue Blanche) ou des livres de bibliophilie (Parallèlement de Verlaine, illustré par Pierre Bonnard et Sagesse de Verlaine, illustré par Maurice Denis), des programmes de spectacle, des partitions de musique et des objets d'art décoratif (paravents, papiers peints, éventails...). C'est cette foisonnante variété de supports et de techniques que viennent illustrer près de deux cents oeuvres principalement issues des collections de la Bibliothèque nationale de France, auxquelles s'ajoutent des prêts extérieurs d'exception (Musée d'Orsay, Bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art, Musée Maurice Denis de Saint-Germain-en-Laye, Musée Van Gogh d'Amsterdam).
Après le premier tome de ses mémoires, Sois sage, c'est la guerre 1939-1945, Alain Corbin poursuit l'exploration de sa jeunesse dans cet ouvrage qui revient sur ses années passées dans un pensionnat catholique, l'Immaculée Conception de Flers-de-l'Orne, en Normandie, entre 1945 et 1952. Avec humour et précision, il évoque ses professeurs, les conditions de vie difficiles et l'omniprésence de la religion. Ces souvenirs, intégrés dans un contexte de règles, de moeurs et de pratiques, résonnent comme un écho du XIXe siècle. La distance par rapport à l'époque actuelle nous aide à comprendre la désaffection pour certains genres littéraires et suscite en nous une tendresse, voire une nostalgie, pour un temps révolu. Ce récit authentique, est une invitation à redécouvrir une époque où le principe d'autorité et les traditions façonnaient la jeunesse, tout en éclairant notre compréhension du monde d'aujourd'hui. Alain Corbin est professeur émérite à l'Université Paris-I Panthéon-Sorbonne. Spécialiste de l'histoire des sens et du sensible, il est l'auteur de nombreux ouvrages chez Fayard, dont La Douceur de l'ombre, Les Filles de rêve, La Fraîcheur de l'herbe, La Rafale et le Zéphyr et Histoire de la joie.
Dernière visite chez le roi Arthur Il est des publications dont on parle rarement ou jamais, des livres "ordinaires" , rapidement tombés dans l'oubli. Michel Pastoureau s'intéresse à l'un de ces livres discrets mais non des moindres puisqu'il s'agit de son premier ouvrage, paru en 1976 : La Vie quotidienne au temps des chevaliers de la Table Ronde. Il étaitconsacré à la société chevaleresque des XIIe et XIIIe siècles. Raconter aujourd'hui l'histoire de cet ouvrage de jeunesse est pour l'auteur l'occasion d'évoquer un certain nombre de souvenirs, de rendre une dernière visite au roi Arthur, et surtout de faire oeuvre historiographique.
Selon le philosophe allemand Ernst Cassirer (1874-1945), être historien, c'est d'abord apprendre à lire. A lire une langue, à déchiffrer un monde, à cartographier un univers mental : celui de nos ancêtres. Donc, contrairement aux idées reçues, l'histoire n'est pas qu'une affaire de dates, elle est aussi affaire de mots. Johann Chapoutot en a sélectionné 100 pour sensibiliser le grand public à une discipline au coeur du débat d'idées contemporain, et qui s'est construite comme une science, avec son épistémologie (l'historiographie), mais une science bien littéraire, dont l'objet n'est rien de moins que le temps ! Voici le petit livre d'un historien chevronné qui, en amoureux du gai savoir, vous fera entrer dans l'histoire...
Résumé : " Ce serait une honte dont vous ne pourriez vous laver que de ne pas finir Josèphe..." Dans tout l'Occident chrétien, Flavius Josèphe fut, jusqu'à une époque récente, l'historien de l'Antiquité le plus lu. Sans ses écrits, de larges pans de l'histoire de la Judée entre - 100 et la fin du ter siècle de l'ère chrétienne nous resteraient inconnus. Toutes les histoires du peuple juif au temps de Jésus lui sont grandement redevables. Né Yosef ben Mattitiahu ha Cohen dans une grande famille de Jérusalem en l'an 37, il est mort à Rome, protégé des empereurs successifs de la dynastie flavienne, vers l'an 100. Entre-temps, il avait vécu, en tant qu'acteur puis témoin oculaire, la terrible tragédie de son peuple, celle qui opposa les Judéens à la puissance romaine et vit disparaître dans les flammes Jérusalem et son célèbre Temple. Réchappé par ruse d'un grand massacre, cet aristocrate juif, qui avait pris les armes contre Rome, fut libéré de ses chaînes pour avoir prédit l'empire à Vespasien et reçut la citoyenneté romaine, comme le révèle son nom. C'est dans le camp romain qu'il assista à la prise de sa ville natale. Dés le lendemain de la guerre, il fut chargé d'en écrire le récit pour la gloire des vainqueurs mais il le fit sans dissimuler son propre chagrin. A ce premier ouvrage, La Guerre des Juifs contre les Romains (vers 75), s'ajoutèrent deux décennies plus tard les vingt livres des Antiquités judaïques qui relatent l'histoire biblique suivie de celle des années précédant la révolte juive, une Autobiographie et Contre Apion. C'est l'ensemble de cette oeuvre grandiose et sans équivalent qui est présenté dans ce volume.